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La Cour suprême rejette l’appel d’Amiram Ben Uliel, auteur de l’attentat de Duma

Même s'il ne fait "aucun doute qu'il a commis un crime choquant", les juges craignent que la décision ne constitue une validation des méthodes "spéciales" d'interrogatoire

Amiram Ben Uliel, condamné pour l'incendie criminel de Douma en juillet 2015, au cours duquel trois membres de la famille Dawabsha ont été tués, lors d'une audience pour son appel, à la Cour suprême à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Amiram Ben Uliel, condamné pour l'incendie criminel de Douma en juillet 2015, au cours duquel trois membres de la famille Dawabsha ont été tués, lors d'une audience pour son appel, à la Cour suprême à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’homme condamné pour avoir tué trois membres de la famille Dawabsha dans le village de Douma, en Cisjordanie, lors d’un incendie criminel en 2015, restera en prison après que la Cour suprême a rejeté son appel, jeudi.

Amiram Ben Uliel a été condamné à trois peines de prison à vie ainsi que 20 ans pour l’incendie criminel au cours duquel Riham et Saad Dawabsha ont été tués ainsi que leur fils de 18 mois, Ali Saad. Seul le fils aîné du couple, Ahmed, a survécu, malgré de terribles brûlures et de nombreuses cicatrices. Il avait 5 ans au moment des faits.

Dans un jugement très ferme, le tribunal a déclaré qu’il n’y avait « aucun doute » que Ben Uliel était l’auteur de l’attaque « choquante et profondément troublante » du domicile de la famille palestinienne.

« Aucun mot ne pourra refléter l’ampleur de l’horreur. Ces actions sont en contradiction et en conflit avec toutes les valeurs morales et la culture juive, qui enseigne la patience et la tolérance. La haine des membres d’autres religions, tout comme le racisme, ne font pas partie du judaïsme », peut-on lire dans le jugement.

« Ce meurtre justifie un profond examen de conscience dans la société israélienne », a ajouté le juge Yitzhak Amit.

La Cour a déclaré que la décision sur l’appel de Ben Uliel n’était pas facile à prendre en raison du fait que les aveux ont été extorqués lors d’un « interrogatoire musclé » ; Ben Uliel et son complice, alors adolescent, avaient déclaré avoir été soumis à la torture lors de leurs interrogatoires.

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. (Crédit : La Deuxième chaîne)

Avant de rendre leur décision, les juges ont examiné les enregistrements des interrogatoires.

Selon la cour, Ben Uliel a été arrêté et était resté silencieux pendant 17 jours, jusqu’à ce que des « mesures spéciales » n’aient été utilisées, après quoi il était passé aux aveux.

Le juge Yosef Elron a écrit qu’il craignait que le maintien de l’appel n’envoie un message positif au Shin Bet et à d’autres services de sécurité sur les méthodes utilisées lors des interrogatoires.

« J’admets que je reste quelque peu perplexe quant à l’avenir, étant donné le message envoyé aux organes d’enquête au vu de ce résultat », a écrit Elron.

Selon le tribunal, en septembre 2015, l’extrémiste de droite Ben Uliel et son complice adolescent avaient prévu d’attaquer des Palestiniens dans le village cisjordanien de Douma pour se venger d’un attentat terroriste au cours duquel un résident d’implantation avait été abattu plus tôt le même mois.

Les deux hommes avaient convenu de se rencontrer au préalable la nuit de l’attentat. Comme le jeune complice ne s’était pas présenté à temps au point de rendez-vous, Ben Uliel avait décidé de mener l’attaque seul.

Ahmed Dawabsha tenant un panneau du Real Madrid, à l’hôpital, le 16 mars 2016. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Profitant de l’obscurité, Ben Uliel avait lancé des explosifs artisanaux dans la maison de la famille Dawabsha, tuant les parents Saad, Riham et leur fils de 18 mois, Ali.

L’année dernière, la Cour suprême a confirmé les charges retenues contre le complice de Ben Uliel, qui n’a pas été nommé car il était mineur au moment de l’attentat.

L’attentat à la bombe incendiaire, considéré comme l’un des actes de terreur juive les plus brutaux de ces dernières années, a conduit à des promesses officielles de réprimer le terrorisme juif en Cisjordanie, bien que les critiques affirment que de nombreux terroristes juifs agissent encore en toute impunité.

Jacob Magid a contribué à la rédaction de cet article.

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