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Une élue d’extrême-droite qualifie le terroriste Amiram Ben-Uliel de « tzaddik »

Selon Limor Son Har-Melech, qui clame l'innocence du tueur israélien d'une famille palestinienne en 2015, incarcéré à perpétuité, "il souffre pour tout le peuple d'Israël"

Des militants d'extrême-droite demandant la libération d'Amiram Ben-Uliel, condamné pour l'incendie criminel de 2015 qui a tué trois membres de la famille palestinienne Dawabsha, à l'entrée de Jérusalem, le 1er septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des militants d'extrême-droite demandant la libération d'Amiram Ben-Uliel, condamné pour l'incendie criminel de 2015 qui a tué trois membres de la famille palestinienne Dawabsha, à l'entrée de Jérusalem, le 1er septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une députée de la coalition ultra-nationaliste a défendu mercredi l’utilisation du terme « saint homme vertueux » pour décrire un extrémiste juif condamné après avoir tué trois membres d’une famille palestinienne dans un incendie criminel en 2015 dont un bébé de 18 mois, qualifiant son emprisonnement de « crime » après avoir pris la parole lors d’un récent événement visant à collecter des fonds pour sa libération.

La députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit) a répété ses propos après la diffusion mardi d’une vidéo dans laquelle elle prend la défense d’Amiram Ben-Uliel, qui a été reconnu coupable en 2020 de trois chefs d’accusation de meurtre, de deux chefs d’accusation de tentative de meurtre, d’incendie criminel et de conspiration en vue de commettre un crime à motivation raciale, dans le cadre d’un « acte terroriste ».

Il purge trois peines de prison à perpétuité plus 20 ans pour l’attentat meurtrier à la bombe dans le village de Duma, en Cisjordanie, au cours duquel Riham et Saad Dawabsha ont été tués avec leur fils de 18 mois, Ali Saad. Seul le fils du couple, Ahmed, alors âgé de 5 ans, a survécu à l’attaque terroriste, avec des brûlures étendues.

« Je ne soutiens pas un meurtrier. Je sais qu’il est innocent », a déclaré Son Har-Melech dans la vidéo, avant de raconter une visite qu’elle a rendue à Ben-Uliel et de le saluer comme « un homme juste, un vrai tzaddik », en utilisant le terme en hébreu pour « homme vertueux ».

Lors de la rencontre avec Ben-Uliel, « j’ai amené un autre homme avec moi pour qu’il soit dans la même pièce que lui, et je me tenais derrière et me cachais », a-t-elle précisé ajoutant qu’aucune gardienne n’est présente lorsqu’un condamné pour meurtre quitte sa cellule.

« C’est tellement beau pour moi, cette sainteté, ce respect [des règles religieuses]. Cela vous dit qui est cet homme et en dit peut-être un peu plus sur ce saint homme qui, je pense, souffre pour tout le peuple d’Israël », a-t-elle déclaré. Derrière elle, des pancartes déclaraient : « Amiram mérite la justice » et « Amiram est innocent ».

La députée d’Otzma Yehudit Limor Son Har-Melech prenant la parole lors d’une collecte de fonds en faveur d’Amiram Ben-Uliel, un extrémiste juif reconnu coupable d’avoir tué trois membres de la famille palestinienne Dawabshe lors d’un attentat à la bombe en 2015, le 19 septembre 2023. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur).

La collecte de fonds à laquelle Har-Melech a pris la parole a été organisée par un groupe militant pour la libération de Ben-Uliel, qui aurait récolté 418 000 shekels lors de l’événement. Les partisans de Ben-Uliel se sont largement concentrés sur le fait que ses aveux ont été obtenus en utilisant ce que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet appelle des « mesures spéciales » – décriées comme de la torture par lui et par les groupes de défense des droits de l’Homme.

Har-Melech a ensuite été critiquée pour ses remarques dans la vidéo par un certain nombre de députés de l’opposition, ainsi que par le ministre ultra-orthodoxe Moshe Arbel (Shas), qui s’est dit « profondément attristé » par ses commentaires et a cité l’édit des Dix Commandements contre le meurtre.

Malgré ces condamnations, Har-Melech a continué à faire l’éloge de Ben-Uliel lors d’une interview mercredi, déclarant qu’un homme juif qui évite le contact visuel avec une femme est « un homme saint et juste ».

« Je n’ai pas parlé de l’acte pour lequel il a été condamné. Je ne m’excuserai pas pour ce que j’ai dit. C’est un crime qu’il soit assis [en prison] comme ça », a-t-elle déclaré à la station de radio Kol Berama.

« Je ne soutiens pas le meurtre », a-t-elle poursuivi. « Je soutiens Amiram parce que je crois qu’il est innocent. Je n’aurais pas soutenu un meurtrier. »

« Chaque juif de l’État d’Israël devrait perdre le sommeil en sachant qu’un Juif est en prison uniquement à cause d’une affaire basée sur la torture », a déclaré Har-Melech, dont l’ancien porte-parole est soupçonné du meurtre d’un Palestinien lors d’un affrontement entre résidents d’implantations et Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie le mois dernier.

Amiram Ben-Uliel, condamné pour l’incendie criminel de Douma en juillet 2015, au cours duquel trois membres de la famille Dawabsha ont été tués, assistant à une audience sur son appel, à la Cour suprême de Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, Har-Melech a fait partie des 14 députés de la coalition – plus de la moitié d’entre eux appartenant au parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud – qui ont demandé au chef du Shin Bet, Ronen Bar, d’assouplir les conditions d’incarcération de Ben-Uliel, affirmant qu’il était détenu « dans les conditions d’incarcération les plus difficiles de l’État d’Israël ».

Les députés de la coalition ont insisté pour que Ben-Uliel soit transféré de l’isolement à une aile de la prison réservée aux condamnés religieux, considérée comme offrant de meilleures conditions.

Ils ont demandé que cette mesure reste en vigueur « au moins » pendant les prochaines fêtes du Nouvel an juif, qui ont commencé vendredi au coucher du soleil et se poursuivent jusqu’à la première semaine d’octobre.

Les responsables de la prison ont approuvé le transfert de Ben-Uliel dans « l’aile de la Torah » pour Rosh HaShana au cours du week-end, avant de le remettre à l’isolement.

La Douzième chaîne a rapporté que le chef du Shin Bet avait déclaré que Ben-Uliel ne pouvait pas être transféré dans une autre unité de façon permanente « au vu de l’influence qu’il devrait avoir sur les autres ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à ce rapport.

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