Les Arabes pleurent le “terroriste hipster” tué dans un échange de tirs
Pour Israël, Basel al-Aaraj était un terroriste endurci, mais sa réputation était celle d’un militant éduqué qui s’était fait beaucoup d’ennemis
Plusieurs dizaines d’Arabes israéliens se sont rassemblés lundi soir à la colonie allemande de Haïfa, un lieu appelé « place des prisonniers » en arabe, pour protester contre la mort du terroriste présumé Basel al-Aaraj à Ramallah.
Ils ont observé une minute de silence en mémoire du « martyr éduqué », comme Aaraj est appelé sur les réseaux sociaux.
L’évènement était inhabituel car la plupart des participants n’étaient pas des islamistes, partisans d’une ligne dure, mais plutôt de jeunes Arabes israéliens sans éducation religieuse ni affiliation à un mouvement quelconque. En grande partie, cela donnait une idée de qui était Aaraj.
Aaraj a été tué pendant un échange de tirs avec l’unité de contreterrorisme près de la Grande Mosquée d’al-Bireh, près de Ramallah, où il se cachait dans un vide sanitaire.
Les forces de sécurité israélienne affirment qu’Aaraj dirigeait une cellule armée qui menait des attaques à main armée. D’autres membres de la cellule ont été arrêtés.
Mais avec ses beaux vêtements, ses lunettes stylées et sa passion des réseaux sociaux, il ressemblait et agissait souvent plus comme un hipster de Tel Aviv que comme une figure endurcie des protestations palestiniennes.
Venant de Bethléem, Aaraj, 31 ans, était connu depuis des années pour son militantisme, contre Israël, contre l’Autorité palestinienne, contre les implantations de Cisjordanie et contre la barrière de sécurité.
Il était l’une des personnalités les plus connues des manifestations de Walaja, près de sa ville natale de Cisjordanie, et ne correspondait pas au profil classique du terroriste recherché.
Il n’était affilié à aucun groupe terroriste officiel. Il a étudié la pharmacie en Egypte avant de revenir en Cisjordanie, où il a commencé à travailler pour diverses associations de jeunesse contre l’Autorité palestinienne (AP) et contre les négociations avec Israël.
Pendant tout ce temps, il a entretenu son image sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans les manifestations contre l’AP.
Pendant un entretien accordé il y a un an et rediffusé lundi, Aaraj a attaqué le porte-parole officiel des forces de sécurité de l’AP, le général Adnan Damiri.
Il était assis dans le studio, et montrait une blessure su sa tête, qu’il affirmait avoir été causée par un policier palestinien.
Un porte-parole avait cependant démenti son accusation, affirmant qu’il s’était blessé lui-même sur les conseils de « quelqu’un » qui le finançait.
Les affrontements d’Aaraj contre l’AP avaient entraîné son arrestation il y a un an. En avril 2016, il avait disparu. Il avait ensuite été découvert qu’il était détenu par les forces de sécurité palestiniennes.
Pendant son procès, il avait affirmé avoir été torturé. Il avait été libéré après une grève de la faim dans sa prison palestinienne, et était apparu peu après sur la liste des individus recherchés par Israël, avant d’être tué lundi.
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