Manifestation contre le gouvernement et pour la restitution du corps de Ran Gvili
'Les accords doivent être respectés', dit la mère du dernier otage lors d'un rassemblement, exhortant Israël à ne pas passer à la phase 2 de l'accord de Gaza tant que le corps de son fils n'aura pas été rendu
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à travers le pays pour protester contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, et réclamer la restitution du corps du dernier otage, le sous-officier de l’unité d’élite de police Yassam, Ran Gvili.
Sur la Place Habima, à Tel Aviv, les banderoles, affiches et drapeaux brandis par la foule, forte de plusieurs centaines de personnes, concernaient diverses questions : les tentatives du gouvernement d’affaiblir la Cour suprême, la vague de criminalité qui sévit dans la société arabe israélienne, ou encore le sort de Haymanut Kasau, une enfant israélienne d’origine éthiopienne portée disparue depuis près de deux ans.
Au cours de la manifestation à Tel Aviv, plusieurs contre-manifestants de droite se sont affrontés à la foule, l’un d’entre eux poussant un homme d’un certain âge à terre, selon des témoins cités par le quotidien Haaretz.
Selon le journal, la police a arrêté une personne alors que les manifestants bloquaient une route.
À Jérusalem, les manifestants se sont rassemblés près de la résidence du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, pour une manifestation aux motivations et aux causes similaires à celles de Tel Aviv.
Yanal Jabarin, militant au sein de l’organisation à but non lucratif The Abraham Initiatives, qui œuvre pour la coexistence, a évoqué devant la foule rassemblée à Jérusalem la vague de criminalité qui sévit depuis plusieurs années dans les communautés arabes d’Israël : « La criminalité dans la société arabe est le résultat d’années de négligence, de discrimination et de politiques délibérées menées par des gouvernements qui ont choisi de fermer les yeux. »
« Notre combat concerne l’ensemble du pays », a-t-il déclaré, selon Haaretz.
« Lorsque des citoyens vivent dans la peur, sans sécurité personnelle, sans application de la loi et sans justice, c’est toute la démocratie qui est en danger. »
À Haïfa, Israel Waismel-Manor, professeur à l’université de cette ville, a déclaré lors de la manifestation : « Netanyahu ne sait semer que deux choses : la haine et la peur. »
« Ce pays n’a pas été construit sur ces deux éléments, mais sur un rêve », a-t-il ajouté.
Parallèlement, à Meitar, dans le sud d’Israël, la ville natale de Ran, une foule s’est rassemblée pour écouter les anciens otages et leurs proches, tandis que la famille Gvili poursuit ses efforts pour récupérer le corps de leur fils, plus de trois mois après le début d’un accord de cessez-le-feu exigeant que le groupe terroriste palestinien du Hamas relâche tous les otages – vivants et morts.
Parmi les orateurs présents à ce rassemblement figuraient la mère de Ran, Talik, l’ancien otage Eitan Horn et Dani Miran, le père de l’ex-otage Omri Miran.
Lors du rassemblement, Miran a appelé le président américain Donald Trump à ne pas passer à la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza sans le retour du corps de Ran : « Je n’accepte pas de passer à la deuxième phase sans le retour de Ran. »
« Je propose que nous organisions une grande manifestation devant l’ambassade américaine la semaine prochaine », a-t-il ajouté, affirmant que la lutte des familles d’otages ne prendrait pas fin tant que le corps de Ran ne serait pas rendu.
Talik Gvili, la mère de Ran, s’est également exprimée, s’adressant à Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient, en déclarant : « Les accords doivent être respectés. »
« Tous les efforts n’ont pas été faits pour ramener Rani à la maison. Nous craignons que le passage frontalier de Rafah soit rouvert, mais nous ne pouvons pas passer à la deuxième phase sans que Rani rentre à la maison », a-t-elle ajouté, faisant référence à la réouverture prévue la semaine prochaine du poste-frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte, malgré les objections d’Israël.
Avant le rassemblement, la famille Gvili a publié un communiqué exprimant son inquiétude quant au fait qu’Israël subisse des pressions pour qu’il avance dans le plan de cessez-le-feu, plutôt que pour que le Hamas rende le corps de Ran.
« Le président Trump lui-même a déclaré cette semaine à Davos que le Hamas savait où se trouvait notre fils. Nous nous demandons pourquoi la pression est exercée au mauvais endroit. La pression ne devrait pas être exercée sur le gouvernement israélien pour qu’il continue à respecter sa part de l’accord alors que le Hamas trompe le monde entier et refuse de restituer le dernier otage, conformément à l’accord qu’il a signé », a déclaré la famille.
La famille Gvili a appelé Netanyahu à dire aux envoyés américains que des efforts devaient être faits pour restituer leur fils s’ils voulaient faire avancer la paix régionale et la reconstruction de Gaza.