Mansour Abbas : Raam désormais ouvert aux candidats juifs

Le chef du parti arabe a insisté sur le fait qu'il n'y avait aucune possibilité que sa faction rejoigne une coalition avec les partis actuellement au gouvernement

Le chef du parti Raam, le député Mansour Abbas, présidant une réunion de faction de la Knesset, à Jérusalem, le 24 novembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Mansour Abbas, le chef de Raam, a annoncé lundi que son parti islamiste allait devenir un parti ouvert aux candidats juifs, ce qui constitue un changement majeur.

« Tous les citoyens de l’État d’Israël, qu’ils soient juifs ou arabes, peuvent rejoindre Raam et figurer parmi ses candidats à la Knesset », a déclaré Abbas lors d’une interview à la radio 103fm.

« Je souhaite élargir les rangs du parti au sein de la société juive. »

Quant à savoir s’il est déjà en pourparlers avec d’éventuels candidats juifs susceptibles de rejoindre Raam, Abbas a déclaré : « Il y a des membres juifs de la Knesset avec lesquels je partage les mêmes opinions et je serais honoré qu’ils rejoignent Raam. »

Raam est la branche politique du Mouvement islamique du Sud, un groupe inspiré par les Frères musulmans, une organisation islamiste mondiale interdite dans une dizaine de pays pour ses liens présumés avec le terrorisme. Jusqu’à présent, ses listes de candidats sont exclusivement composées d’Arabes musulmans.

Cependant, le parti a annoncé le mois dernier qu’il se séparerait du Conseil de la Choura, auquel il est lié, pour créer ses propres institutions.

Cette décision de transformer Raam en un parti civique ouvert aux candidats juifs semble viser à éloigner le parti des organisations musulmanes radicales, afin de renforcer sa légitimité auprès des partis sionistes israéliens, à l’approche des élections législatives qui doivent se tenir avant la fin du mois d’octobre.

Plusieurs dirigeants de l’opposition, dont Yaïr Golan, chef du parti de gauche Les Démocrates, et Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef militaire, ont exprimé leur volonté de former un gouvernement soutenu par les partis arabes, tandis que d’autres, dont Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, ont opposé leur veto à cette option.

Abbas a insisté sur le fait qu’il n’y avait aucune possibilité que Raam rejoigne une coalition avec les partis actuellement au gouvernement.

« Ces gens nous ont abandonnés au profit de partis extrémistes. Aujourd’hui, nous souffrons des politiques de HaTzionout HaDatit et d’Otzma Yehudit », a-t-il déclaré.

Dans la même interview, il a évoqué le fléau des crimes violents qui ravagent la société arabe, qu’il a qualifié de « pire crise » que la communauté ait connue, et a affirmé qu’Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale et chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, « sourit » chaque fois qu’un Arabe est assassiné.

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