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Le parti arabe Raam va rompre ses liens avec le Conseil de la Choura

La décision de Mansour Abbas semble avoir pour objectif de renforcer la légitimité de sa faction auprès des partis sionistes ; Bezalel Smotrich qualifie l'élu de "loup déguisé en agneau"

Le chef du parti Raam, le député Mansour Abbas, présidant une réunion de faction de la Knesset, à Jérusalem, le 24 novembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le chef du parti Raam, le député Mansour Abbas, présidant une réunion de faction de la Knesset, à Jérusalem, le 24 novembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, a déclaré samedi que son parti allait se séparer du conseil religieux auquel il est lié et créer ses propres institutions.

Cette décision semble avoir pour but de marquer une distance entre le parti islamiste et les organisations musulmanes radicales – l’objectif est semble-t-il de consolider sa légitimité et sa crédibilité aux yeux des partis sionistes israéliens.

Au cours d’une interview accordée à l’émission « Meet the Press » de la chaîne N12, il a également insisté sur le fait que son parti n’appartenait pas aux Frères musulmans, quelques semaines après que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a laissé entendre qu’il avait l’intention de l’interdire.

« Tout d’abord, nous ne faisons pas partie des Frères musulmans. Si nous faisions partie des Frères musulmans, je ne serais pas à la Knesset, je ne serais même pas assis ici avec vous », a déclaré Abbas. En 2021, après avoir été dans un premier temps courtisé par Netanyahu pour rejoindre sa coalition de droite, Mansour Abbas avait préféré s’associer à ses rivaux, devenant ainsi le premier parti arabe depuis des décennies à faire partie d’une coalition au pouvoir, dirigée alors par Naftali Bennett et Yaïr Lapid.

« Deuxièmement, nous avons tiré les leçons de notre expérience [au sein de la coalition Bennett-Lapid]. Aujourd’hui, Raam s’oriente vers un parti entièrement civique, doté d’institutions distinctes », a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si cela signifiait que son parti allait se séparer du Conseil de la Choura, Abbas a répondu : « Bien sûr. C’est l’approche qui a été avancée ces dernières années au sein de Raam. Le mois prochain, nous tiendrons une conférence qui approuvera ces changements. »

Actuellement, le parti islamiste correspond à la branche politique du Mouvement islamique du Sud, un groupe inspiré par les Frères musulmans, une organisation islamiste mondiale interdite dans une dizaine de pays pour ses liens présumés avec le terrorisme.

Des membres du parti Raam lors de l’annonce des résultats des élections législatives, au siège de campagne, à Tamra, le 1ᵉʳ Novembre 2022. (Crédit : Flash90)

Abbas a toujours nié que son parti entretienne des liens avec les Frères musulmans.

Raam adopte une position de plus en plus conciliante envers Israël et se concentre davantage sur les questions socio-économiques que sa branche sœur, le Mouvement islamique du Nord, plus radicale et interdite.

Raam détient actuellement cinq sièges à la Knesset et les sondages indiquent qu’il devrait conserver ce nombre lors des prochaines élections législatives.

Smotrich répond en qualifiant Abbas de « loup déguisé en agneau »

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui dirige le parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit et dont l’opposition avait empêché Netanyahu de s’associer à Raam à l’époque, a répondu à l’interview de samedi sur le réseau social X en écrivant : « Mansour Abbas était et reste un loup déguisé en agneau. Un ennemi qui soutient le terrorisme, dirige un mouvement frère du Hamas et tente sans cesse de se déguiser et de tromper la population israélienne. »

« Depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre [2023], Abbas refuse de condamner le groupe terroriste palestinien ou de le qualifier d’organisation terroriste, et il devrait se retrouver derrière les barreaux, pas à la Knesset », a poursuivi Smotrich.

Abbas a reconnu et condamné à plusieurs reprises les attaques visant des civils lors de l’assaut barbare et sanglant mené par le Hamas qui a déclenché la guerre à Gaza. Par le passé, il a également appelé les groupes terroristes palestiniens, le Hamas compris, à déposer les armes, mais son parti est ensuite revenu sur ces déclarations. Bien qu’Abbas ait approuvé le plan américain pour Gaza, qui prévoit la démilitarisation de la bande de Gaza, il a refusé de déclarer que le Hamas devait être « détruit » lorsqu’on lui a posé la question.

« Après que sa précédente manœuvre trompeuse a été dévoilée, il tente à nouveau de se déguiser dans le cadre des plans de la gauche visant à revenir au pouvoir en s’alliant avec les partisans du terrorisme antisioniste », a écrit Smotrich.

Le ministre a enfin promis de « faire tout ce qui est en [son] pouvoir pour empêcher l’État d’Israël d’être vendu à ses ennemis par des politiciens irresponsables et avides de pouvoir ».

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