Première comparution du terroriste de Bondi Beach, accusé de 15 meurtres

Naveed Akram reste silencieux devant le juge par vidéoconférence pour la tuerie antisémite de Hanoukka ; son avocat affirme qu'il n'a pas encore discuté de la manière dont il plaidera

Naveed Akram, 24 ans, auteur d'une attaque terroriste meurtrière lors d'un événement de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran/Sky News)

Le terroriste de la tuerie antisémite de la plage de Bondi, à Sydney, en décembre, a comparu, lundi, via une liaison vidéo, devant un tribunal australien pour sa première audience publique depuis l’attaque qui a fait quinze morts.

Naveed Akram a été inculpé de terrorisme et de quinze meurtres, pour l’attaque la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies.

Le 14 décembre, Naveed Akram, 24 ans, et son père, Sajid Akram, 50 ans, ont ouvert le feu sur une foule rassemblée pour célébrer la fête juive de Hanoukka.

Akram a comparu pendant environ cinq minutes par liaison vidéo depuis sa prison, indiquent un communiqué du tribunal et les médias locaux.

L’audience portait principalement sur des questions techniques comme l’anonymisation de certaines victimes, ont précisé les médias.

Selon la presse locale, l’accusé, vêtu d’un pull vert, n’a répondu que par un « ouais » lorsque le juge lui a demandé s’il avait bien compris la teneur des discussions portant sur la prolongation des ordonnances d’embargo (mesure judiciaire interdisant aux médias ou au public de divulguer certaines informations dans une affaire).

Un croquis de l’artiste Rocco Fazzari de Naveed Akram, accusé d’avoir tiré sur Bondi, apparaissant par liaison vidéo au tribunal local de Downing Centre, à Sydney, le 16 février 2026. (Crédit : Rocco Fazzari/AFP)

La chronologie des preuves a également été passée en revue.

Akram doit comparaître de nouveau le 9 mars.

À l’extérieur du tribunal, son avocat, Me Ben Archbold, a déclaré que son client était détenu dans des « conditions très pénibles », a rapporté ABC.

Selon lui, il est encore trop tôt pour savoir si l’accusé plaidera coupable.

Cette photo provenant d’une pièce à conviction publiée par les tribunaux de Nouvelle-Galles du Sud dans le cadre de la fiche d’information de la police du 22 décembre 2025 montre une capture d’écran tirée d’une vidéo enregistrée fin octobre 2025, sur laquelle Naveed Akram aurait tiré avec un fusil de chasse dans une zone rurale, vraisemblablement en Nouvelle-Galles du Sud. (Crédit : Document fourni / Tribunaux de Nouvelle-Galles du Sud / AFP)

« Planifié »

Selon les autorités, l’attentat était inspiré par l’idéologie du groupe terroriste sunnite État islamique (EI). Le père et son fils n’ont pas reçu d’aide extérieure et ne faisaient pas partie d’une organisation terroriste.

Sajid Akram a été tué par la police lors de l’attaque.

Naveed Akram avait fait l’objet d’une enquête du service de renseignement australien en 2019, alors qu’il était adolescent et fréquentait des sympathisants de l’EI à Sydney.

Les victimes de la fusillade terroriste de Hanoukka à Sydney : rangée supérieure (de gauche à droite) – Reuven Morrison, le rabbin Yaakov Levitan, Dan Elkayam, Alex Kleytman, le rabbin Eli Schlanger ; rangée du milieu (de gauche à droite) – Edith Brutman, Peter Meagher, Tibor Weitzen, Marika Pogany, Matilda [nom de famille non divulgué] ; rangée du bas (de gauche à droite) – Tania Tretiak, Boris Tetleroyd, Adam Smyth, Sofia et Boris Gurman. (Montage : Times of Israel ; images : Autorisations/Réseaux sociaux, utilisées conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)
Parmi les victimes de cette tuerie antisémite, on compte un survivant de la Shoah âgé de 87 ans, un couple qui s’était opposé à l’un des terroristes, un ingénieur français et une fillette de 10 ans.

Selon la police, le père et son fils ont « minutieusement planifié » l’attaque des mois durant. Les enquêteurs ont diffusé des images sur lesquelles on les voit s’entraîner avec des armes à feu dans la campagne australienne.

Les deux terroristes avaient également enregistré en octobre une vidéo dans laquelle ils s’en prenaient aux « sionistes », assis devant un drapeau de l’EI, selon la police.

En réponse à cette tuerie qui a provoqué un choc dans le pays et suscité de la colère face à l’incapacité des autorités à protéger les Juifs du pays, le Parlement a durci en janvier sa législation sur les crimes motivés par la haine et sur les armes à feu.

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