Un Juif de France tué lors de l’attaque terroriste de Bondi Beach à Sydney
Dan Elkayam, ingénieur de 27 ans, vivait en Australie depuis un an ; il a perdu la vie en essayant de protéger une fillette
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Un Français a été tué dans l’attaque contre des juifs perpétrée à Sydney, en Australie, a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
« C’est avec une immense tristesse que nous avons appris que notre compatriote Dan Elkayam compterait parmi les victimes de l’attaque terroriste abjecte qui a frappé les familles juives rassemblées sur la plage de Bondi à Sydney, au premier jour de Hanouka », a posté le ministre sur X.
« Cet acte ignoble est une nouvelle manifestation tragique d’un déferlement révoltant de haine antisémite auquel nous devons faire échec », a-t-il ajouté.
« Je pense à sa famille et à ses proches et leur exprime la pleine solidarité de la Nation », a ajouté Emmanuel Macron sur X.
Deux individus ont ouvert le feu dimanche sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanoukka sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, tuant au moins quinze personnes et en blessant 40 autres, selon les autorités australiennes, qui ont confirmé le caractère antisémite de l’attaque.
Le jeune homme, originaire du Bourget (Seine-Saint-Denis), fait partie des 15 personnes tuées par deux hommes qui ont ouvert le feu dimanche sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur la célèbre plage de Bondi à Sydney.
Au moins 42 autres ont été blessées, selon un dernier bilan des autorités australiennes.
Dan Elkayam, un jeune Français qui participait aux célébrations de Hanouka sur la plage de Bondi, a été identifié comme l’une des victimes assassinées lors de la fusillade antisémite. ????
Pensée très forte à sa famille et à ses proches.
Que sa mémoire soit une bénédiction. ????️ pic.twitter.com/2tBpJerjYD
— Jérémy Benhaïm (@JeremBenhaim) December 14, 2025
Le maire du Bourget, Jean-Baptiste Borsali, a salué la mémoire de Dan Elkayam dans un message sur Facebook.
« En ces heures douloureuses, au nom de la Ville du Bourget et en mon nom personnel, j’adresse mes pensées les plus sincères à sa famille et à tous ses proches. La perte d’un enfant, loin des siens, dans des circonstances aussi tragiques, nous bouleverse profondément », a-t-il écrit.
« Ses parents, qui vivent toujours dans une résidence au Bourget, étaient des commerçants de la ville bien connus, qui ont tenu un magasin d’ameublement », a-t-il détaillé à l’AFP, soulignant que la mort du jeune homme « a créé l’émoi au sein de la ville parce que ce sont des gens très sociables, très gentils et bien connus de la population ».
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, s’est entretenu avec les parents dimanche.
Voyages et football
Selon le compte Instagram de l’Alliance Israélite universelle, Elkayam avait fréquenté l’école du groupe scolaire située à Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Après des études à Montreuil et Créteil, en banlieue parisienne, il a travaillé à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) avant de partir s’installer en Australie, à Sydney, où il travaillait comme analyste informatique depuis décembre 2024.
Sur les réseaux sociaux, il pose souvent en maillot de football, lui le passionné de foot qui avait pratiqué plusieurs années au sein du club du Bourget et fait aussi du futsal, selon M. Borsali.
Il faisait d’ailleurs partie des jeunes sportifs français amateurs de confession juive sélectionnés pour participer, à l’été 2026 en Israël, au tournoi international des Maccabiades (ou Maccabiah Games), qui réunissent tous les quatre ans des sportifs issus de la communauté juive, a indiqué au journal Le Parisien l’entraîneur de cette équipe, Pascal Elbaz.
Ce dernier a décrit le jeune homme comme « quelqu’un de discret » mais « rayonnant, extrêmement gentil » qui, sur le terrain, « donnait énormément de confiance à ses coéquipiers ».
Au nom de sa famille « dévastée », son frère Jérémie l’a décrit lundi matin sur franceinfo comme « une personne en or ». « On est quatre frères et sur les quatre, pour moi, c’était le plus gentil de tous », a dit Jérémie Elkayam, qui n’aurait « jamais pu croire que quelque chose comme ça puisse arriver » en Australie.
Il a décrit son jeune frère comme « quelqu’un qui profitait de la vie, pas du tout matérialiste, et qui aimait voyager ».
Selon ses réseaux sociaux, il avait voyagé ces trois dernières années au Mexique, en Indonésie, en Thaïlande et en Australie.
« Hier (dimanche) soir, en allumant la première bougie de Hanouka, j’ai prié pour Dan et sa famille », a confié en Seine-Saint-Denis le grand rabbin Moché Lewin, qui évoque une communauté « saisie d’effroi ». Il prévoit que « dimanche, au Raincy (la synagogue du grand rabbin Lewin, NDLR), l’office rappellera sa mémoire et celle de toutes les victimes ».
La famille de Dan Elkayam est à présent en contact avec le Quai d’Orsay pour organiser le rapatriement de sa dépouille, a précisé son frère sur franceinfo.
Après cette attaque à Sydney, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé de « renforcer la présence » des forces de l’ordre autour des lieux de culte juifs en France, dans un télégramme adressé aux préfets, aux responsables de la police et de la gendarmerie dont l’AFP a eu connaissance.
« La prégnance de la menace terroriste qui continue de peser sur notre pays », a écrit le ministre, « ainsi que la persistance des tensions au plan international exigent le maintien d’une extrême vigilance, notamment vis-à-vis des manifestations et des lieux à caractère religieux ».
M. Nuñez avait déjà appelé le 12 décembre à « maintenir une vigilance maximale » et de « renforcer les dispositifs de sécurisation des offices » et des rassemblements dans le cadre des fêtes religieuses chrétiennes de fin d’année et juives de Hanoukka.
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