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Des combattants de la milice dirigée par Ghassan Dehini, aperçus sur une image tirée d’une vidéo, opérant dans la région de Rafah, à Gaza, en février 2026. (Crédit : Capture d’écran/Counter-Terrorism Apparatus/Facebook)
Des combattants de la milice dirigée par Ghassan Dehini, aperçus sur une image tirée d’une vidéo, opérant dans la région de Rafah, à Gaza, en février 2026. (Crédit : Capture d’écran/Counter-Terrorism Apparatus/Facebook)

Soutenus et armés par Israël, des clans anti-Hamas tiennent un discours musclé sans parvenir à infléchir la situation

Ces milices se vantent d’avoir remporté des victoires dans la restructuration de l’enclave, mais selon des experts, leur impact est quasi nul, et les Israéliens devraient se demander s’il est judicieux de tenter, comme cela semble être le cas, de remplacer le Hamas par des bandes armées

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Fin mai, une milice anti-Hamas de Gaza a publié sur Facebook une vidéo montrant l’un de ses membres aux commandes d’un drone de plusieurs mètres de long. Il s’agirait de la première preuve publique connue de l’utilisation d’un drone de type militaire par l’une des milices de Gaza.

« L’Armée du Peuple, dirigée par Ashraf al-Mansi, annonce la mise en service réussie de plusieurs drones », indiquait le communiqué.

« Le général de division Ghassan Dehini a déjà annoncé la réussite de plusieurs opérations menées à l’aide de ces drones », se félicitait l’annonce, faisant référence au chef d’une autre milice, considéré comme le chef officieux de l’ensemble du réseau de groupes armés.

Depuis un an, Israël fournit à des groupes tels que l’Armée du Peuple des armes, un appui aérien, des renseignements, de la nourriture et des cigarettes, et évacue par avion des membres de milices blessés pour qu’ils soient soignés en Israël. Il leur a également fourni des armes légères, principalement des fusils, mais la vidéo montre que les milices pourraient désormais recevoir des armes plus sophistiquées.

Un an après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu pour la première fois qu’Israël armait des milices à Gaza, de nombreux aspects du soutien apporté par Jérusalem à la multitude de petits groupes armés opérant au mépris du groupe terroriste palestinien du Hamas, y compris des gangs criminels, restent vagues et opaques, notamment la stratégie, s’il y en a une, qu’Israël poursuit.

« Gaza est devenue la capitale des fantasmes israéliens. Et cela inclut les opérations de ces milices », a déclaré Michael Milshtein, expert des affaires palestiniennes et critique de longue date de l’idée de soutenir les groupes armés.

Un membre de la milice dirigée par Ashraf al-Mansi, dans le nord de Gaza, pilotant un drone lourd, en mai 2026. (Crédit : Page Facebook d’Ashraf al-Mansi)

Au cours de l’année qui a suivi l’annonce de Netanyahu, le gouvernement israélien a largement évité d’aborder publiquement la question et l’armée israélienne a refusé à maintes reprises de répondre aux questions concernant les activités de ces milices.

Dans le même temps, les milices elles-mêmes ont de plus en plus médiatisé leurs activités sur les réseaux sociaux, offrant ainsi un aperçu limité de leurs alliés israéliens à Gaza.

Les images et les déclarations diffusées par ces groupes laissent entrevoir des forces comptant tout au plus quelques centaines d’hommes armés. Leurs opérations sont sporadiques mais continues, mêlant affrontements avec le Hamas et initiatives visant à renforcer leur popularité auprès des habitants de Gaza, comme la distribution de nourriture à l’approche des fêtes musulmanes.

Ces milices ne semblent pas avoir constitué un défi majeur pour le maintien du pouvoir du Hamas dans les zones peuplées de Gaza, et leurs objectifs opérationnels généraux demeurent flous.

Le service de presse de Tsahal a refusé de répondre aux questions du Times of Israel concernant ces milices, notamment pour savoir si Israël leur avait fourni des drones, comme beaucoup le soupçonnent. Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant les liens entre ces milices et Israël. Le ministère de la Défense a renvoyé les questions à l’armée.

Milshtein, directeur du Forum d’études palestiniennes au Centre Moshe Dayan de l’université de Tel Aviv, a déclaré au Times of Israel que fournir des drones à ces groupes constituait une grave erreur susceptible de se retourner contre Israël.

« Ces milices finiront par se tourner elles-mêmes vers le terrorisme, ou bien le Hamas mettra la main sur ces drones et les utilisera contre nous », a-t-il prédit.

De nombreux groupes, peu de civils

Des combattants de la milice anti-Hamas dirigée par Ghassan Dehini opérant dans la région de Rafah, à Gaza, en mai 2026. (Crédit : Capture d’écran/Facebook, page officielle de la milice « Counter-Terrorism Apparatus »)

Selon Milshtein, qui étudie de près la situation à Gaza et reste en contact avec ses habitants, ces milices n’ont eu que peu d’impact sur la situation dans la bande de Gaza, si ce n’est de nuire aux intérêts d’Israël.

Michael Barak, chercheur senior à l’Institut international de lutte contre le terrorisme de l’université Reichman, a reconnu que les milices n’avaient eu qu’un impact limité à Gaza au cours de l’année écoulée.

Il a toutefois fait valoir que ces groupes apportaient une valeur ajoutée à Tsahal en tant que force alliée prête à collaborer avec l’armée israélienne contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« C’est une bonne chose pour nous, tant qu’il existe une population gazaouie disposée à coopérer avec Israël, à déminer certaines zones ou à neutraliser des membres du Hamas », a-t-il déclaré au Times of Israel.

Des Gazaouis déplacés près de leurs tentes, à Gaza-City, le 1ᵉʳ juin 2026. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

Selon des messages publiés sur les réseaux sociaux, cinq milices armées distinctes seraient actives à Gaza. Créés entre avril et septembre 2025, ces groupes sont basés dans des zones sous le contrôle de l’armée israélienne, même s’ils mènent parfois des opérations, notamment des raids armés, dans des zones contrôlées par le Hamas.

Certains de ces groupes ont déjà déclaré qu’ils cherchaient à créer des enclaves où les civils pourraient vivre sous leur protection, à l’abri du Hamas.

Dans les faits, la quasi-totalité des quelque 2 millions de Gazaouis vit toutefois dans les 40 % de l’enclave où le Hamas continue d’exercer son pouvoir.

L’an dernier, un haut responsable de la milice al-Shabab avait indiqué au Times of Israel qu’environ 5 000 civils vivaient sous sa protection dans une zone située à l’est de Rafah.

Comme Tsahal interdit aux civils de Gaza de franchir la « Ligne jaune » qui délimite de facto la zone contrôlée par le Hamas, les Gazaouis n’ont aucun moyen d’atteindre les zones contrôlées par les milices, même s’ils le souhaitaient.

« Aujourd’hui, la population palestinienne ne veut plus du Hamas », a déclaré Hussam al-Astal, qui dirige une milice opérant à l’est de Khan Younès.

« Les gens sont épuisés par tout cela ; ils ne veulent plus du Hamas ; ils veulent vivre. Des milliers d’entre eux nous disent qu’ils attendent que Tsahal les autorise à se rendre dans les zones situées au-delà de la Ligne jaune, car ils souhaitent s’y rendre. »

Cependant, Milshtein a indiqué que les Gazaouis avec lesquels il s’était entretenu avaient exprimé de l’hostilité à l’égard des membres des milices.

Illustration : Des terroristes armés du Hamas et du Jihad islamique palestinien saluant les fidèles rassemblés pour la prière de l’Aïd al-Fitr à Gaza-City , le 20 mars 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Des Gazaouis vivant dans les zones de l’enclave sous le contrôle du Hamas ont également déclaré au Times of Israel ne pas soutenir ces milices, bien qu’il soit impossible de savoir si leurs propos sont faussés par la répression exercée par le Hamas à l’encontre de toute dissidence publique.

Saif Odeh, un habitant de Gaza-City, avait indiqué au Times of Israel en mai que ces groupes n’aideraient pas les autorités israéliennes à instaurer un climat de confiance avec les Gazaouis.

« Les milices de Gaza sont un sujet de désaccord pour toutes les factions, tant le Fatah que le Hamas », avait-il déclaré, faisant vraisemblablement référence au fait que ces groupes armés ne représentaient pas les intérêts nationaux palestiniens.

Astal avait déclaré au Times of Israel, fin septembre, que les milices espéraient faire partie d’une « nouvelle Gaza » reconstruite après l’ère du Hamas. Les projets de reconstruction de l’enclave prévus dans le cadre du plan de paix en vingt points du président américain Donald Trump, qui n’inclut pas les milices, sont actuellement au point mort en raison du refus du Hamas de désarmer.

Une grande partie de l’activité des milices sur les réseaux sociaux semble viser à faire passer le message que le Hamas est faible et que les Gazaouis soutiennent les groupes armés, qui agissent en leur nom.

Dans les jours précédant l’Aïd al-Adha, l’une des deux grandes fêtes musulmanes, plusieurs milices ont publié des vidéos montrant des membres distribuer des sucreries aux enfants et préparer des colis d’aide. Les vidéos montraient des enfants et des adultes faisant l’éloge des milices.

Sur des images diffusées par la milice de Mansi depuis ce qu’elle a décrit comme un « centre logistique » dédié à l’aide humanitaire, on pouvait voir des produits portant des étiquettes israéliennes, provenant d’entreprises israéliennes, notamment du Nescafé de la marque Elite et du lait maternisé Materna, ce qui laisse supposer que ces fournitures provenaient d’Israël.

Cependant, certains affirment également que ces groupes auraient été utilisés par Israël pour forcer les civils à quitter leurs foyers dans les zones sur le point d’être prises par l’armée israélienne, à laquelle Netanyahu a ordonné d’étendre son contrôle à 70 % de la bande de Gaza.

Des membres du gang Abu Shabab, à Gaza, dans une vidéo récente publiée par la milice gazaoui anti-Hamas. (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

Selon certaines informations, le clan al-Shabab, la plus ancienne et la plus importante des milices, aujourd’hui dirigée par Dehini, serait utilisé par Israël pour garantir le passage des civils de Gaza entrant depuis l’Égypte par le poste-frontière de Rafah, puis transitant par le territoire contrôlé par Tsahal pour rejoindre la partie de l’enclave contrôlée par le Hamas.

Milshtein a déclaré que les Gazaouis qu’il avait interrogés après ce trajet lui avaient rapporté avoir subi des mauvais traitements de la part de membres de la milice, notamment du harcèlement sexuel, des vols et des passages à tabac.

Une campagne d’influence menée par le Hamas, présentant ces milices comme inefficaces et vouées à s’effondrer tôt ou tard, a encore davantage terni leur image auprès de la population de Gaza, a déclaré Barak.

« Le Hamas dispose de chaînes Telegram sur lesquelles il affirme avoir infiltré les milices avec des agents et met en avant des membres de milices qui auraient changé d’avis et les auraient quittées », a-t-il expliqué au Times of Israel.

Des membres d’une milice anti-Hamas de Gaza aux côtés d’enfants, en mai 2026. (Crédit : Facebook/page officielle de la milice « Counter-Terrorism Apparatus »)

Aucun des chefs de ces milices n’était auparavant une figure connue ou largement respectée au sein de la société palestinienne. Yasser Abu Shabab, qui dirigeait la milice éponyme avant d’être tué lors d’un conflit interne, avait auparavant été accusé d’activités criminelles, notamment de contrebande et de pillage, et aurait entretenu des liens avec le groupe terroriste sunnite État islamique (EI).

« Il est tout à fait clair que nous avons puisé dans les couches les plus défavorisées de la société palestinienne », a affirmé Milshtein.

« Des criminels, des personnages douteux, impliqués dans des actes terroristes contre Israël, dans l’espoir qu’ils puissent devenir une alternative au Hamas. »

Des milices du nord au sud

Astal, dont la milice opère à l’est de Khan Younès, a déclaré au Times of Israel que chaque groupe disposait de son propre territoire, mais qu’ils collaboraient et communiquaient régulièrement entre eux.

« Les relations entre nous sont bonnes et nous sommes en contact permanent », a-t-il indiqué par téléphone depuis Gaza.

« Il y a une coordination sur tous les besoins, y compris en ce qui concerne les médias. »

Un examen des pages Facebook gérées par les milices et leurs commandants montre en effet que les groupes relaient fréquemment les déclarations et les activités les uns des autres.

Ashraf al-Mansi, qui dirige une milice anti-Hamas opérant dans le nord de Gaza, en mai 2026. (Crédit : Facebook/Ashraf al-Mansi)

Les milices n’ont jamais déclaré publiquement d’objectifs clairs à long-terme, bien qu’elles se concentrent toutes sur la lutte contre le Hamas et cherchent à mettre fin à son emprise sur Gaza.

Interrogé par le Times of Israel sur les objectifs des milices et l’avancement de la lutte contre le Hamas, Astal a largement éludé la question, se contentant de déclarer que le groupe terroriste s’était affaibli et qu’il était désormais composé de « petits groupes opérant sur le terrain ».

Le 21 mai, Mansi a publié sur Facebook : « Nous ne mangerons ni ne nous reposerons tant que Gaza n’aura pas été libérée, secteur par secteur », du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le 25 mai, sa milice, qui opère principalement dans le nord de Gaza, a publié sur Facebook une vidéo montrant plusieurs dizaines d’hommes armés et masqués rassemblés sur la plage de Sudania, au nord-ouest de Gaza, déclarant : « Il n’y a aucun membre du Hamas ici. »

La plage de Sudania se trouve du côté de la « Ligne jaune » contrôlée par le Hamas, bien que la vidéo semble avoir été tournée dans une zone proche de la ligne de contrôle israélienne.

D’autres vidéos montrent Mansi, dont on sait peu de choses, au volant d’une jeep aux côtés d’hommes armés, traversant des zones parsemées de bâtiments fortement détruits et des rues relativement désertes.

Dans une vidéo le montrant en train de parcourir une zone visiblement déserte, le commandant affirme qu’il « s’est engagé à poursuivre ses efforts pour consolider la sécurité et la stabilité, protéger les citoyens et renforcer l’État de droit ».

Une autre milice opérant dans le nord de la bande de Gaza est dirigée par Rami Khalas, membre d’une grande famille bien connue, affiliée au Fatah, rival du Hamas.

La milice d’Ashraf al-Mansi, dans le nord de la bande de Gaza, le 4 octobre 2025. (Crédit : Capture d’écran/Facebook ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Selon certaines informations, des membres du clan Khalas figuraient parmi les quelques dizaines de personnes exécutées par le Hamas à Gaza-City peu après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en octobre.

Le clan est devenu moins actif sur les réseaux sociaux ces derniers mois, bien que le 5 mai Khalas ait appelé les habitants de Gaza-City à se rendre aux points de distribution d’aide humanitaire gérés par la milice, ce qui laisse penser qu’elle est toujours opérationnelle.

Les chefs de certaines de ces milices sont également associés à l’Autorité palestinienne (AP), l’instance dominée par le Fatah chassée de Gaza par le Hamas lors d’un coup d’État sanglant en 2007.

Selon certaines informations, Shawqi Abu Nuseira, qui contrôle la milice des « Forces de la Patrie libre » dans le centre de la bande de Gaza, était officier au sein des forces de sécurité de l’AP avant que le Hamas ne prenne le contrôle.

Les messages publiés par le groupe sur les réseaux sociaux suggèrent qu’il opère entre la région de Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, et Khan Younès, au sud de l’enclave.

Astal a déclaré avoir servi dans les forces de sécurité de l’AP à Gaza, puis avoir été emprisonné et condamné à mort par le Hamas après la prise de pouvoir de ce dernier, en raison de son soutien à l’AP.

Il avait déclaré au Times of Israel que la milice, composée de plusieurs dizaines d’hommes armés, était basée dans le village de Qizan al-Najjar, au sud de Khan Younès, une zone actuellement située près de la « Ligne jaune » et probablement sous le contrôle de l’armée israélienne.

Le groupe le plus structuré, al-Shabab, dirigé par Shabab avant sa mort en décembre lors d’une querelle clanique, selon Israël, est désormais dirigé par son adjoint, Dehini.

Ghassan Dehini (à droite), qui dirige une milice dans la région de Rafah, dans la bande de Gaza, aux côtés de membres armés de sa milice, en mai 2026. (Crédit : Facebook/Ghassan Dehini)

Cette milice, connue sous les noms de « Counter-Terrorism Apparatus » (Appareil antiterroriste) ou « Forces populaires », serait également la plus importante de ces formations. Selon certaines sources, elle compterait entre plusieurs dizaines et quelques centaines d’hommes armés. Dans des vidéos, on voit souvent Dehini aux côtés de dizaines de combattants armés portant parfois des uniformes ornés du drapeau palestinien.

Elle opère à l’est de Rafah, à proximité du poste-frontière du même nom.

Le 26 mai, Dehini a publié une vidéo sur sa page Facebook montrant plusieurs dizaines d’hommes armés patrouillant à bord de jeeps, avec une barrière frontalière visible en arrière-plan. Quelques semaines plus tôt, Dehini avait publié des images le montrant, ainsi que plusieurs membres de la milice en civil, indiquant que l’endroit était le point de passage de Rafah. Cette publication confirmait des informations israéliennes antérieures selon lesquelles le clan de Dehini participait aux dispositifs de sécurité du côté gazaoui du point de passage.

Sur le terrain, les milices sont parfois impliquées dans des affrontements avec des membres du Hamas. Les confrontations rendues publiques jusqu’à présent ont eu lieu dans des zones situées du côté de la ligne contrôlée par le groupe terroriste et, selon les milices, ont pour la plupart été déclenchées par le Hamas.

Hossam al-Astal (au centre) est photographié entouré de membres armés de son groupe, « Strike Force Against Terror », sur une photo non datée prise dans la bande de Gaza. (Crédit : Hossam al-Astal via Facebook)

Le 20 avril, Astal a déclaré au Times of Israel que, alors que des membres de son clan distribuaient de la nourriture aux habitants de Khan Younès, des terroristes du Hamas les avaient attaqués et tué l’un d’eux.

Il a également décrit un fait similaire survenu le 6 mai, affirmant que des terroristes du Hamas avaient attaqué le clan alors qu’il venait en aide à des civils, sur la place Musa, à Khan Younès. Dans une vidéo tournée après les faits, Astal affirme que les membres de son clan sont sains et saufs et qu’ils ont abattu deux terroristes du Hamas, avant de s’emparer de leurs armes.

De leur côté, des médias affiliés au Hamas avaient affirmé que cet incident était une embuscade planifiée par le Hamas contre le clan, au cours de laquelle « trois agents israéliens » auraient été tués – faisant vraisemblablement référence à des membres du clan coopérant avec Israël.

Certaines de ces milices s’articulent en effet autour de puissantes familles élargies qui continuent d’exercer leur autorité à l’échelle locale dans certaines parties de Gaza. Le Hamas, qui coordonne ses actions avec de nombreux clans de l’enclave, y compris ceux liés à certaines milices collaborant avec Israël, a tenté d’utiliser ces liens pour faire pression sur les membres de ces milices afin qu’elles se dissolvent, a expliqué Barak.

Parmi ces clans, a-t-il noté, figure celui d’Astal.

Questions de collaboration

Astal a indiqué que les milices opéraient en coordination avec Tsahal, mais a refusé d’en dire davantage.

Lors d’une visite de presse organisée par l’armée l’an dernier, des officiers de combat de Tsahal opérant dans la région de Rafah n’avaient pas pu s’exprimer sur les milices anti-Hamas présentes dans leur zone, affirmant n’avoir que connaissance de leur présence et de leur emplacement.

La coordination entre les milices et Israël serait assurée par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

Tsahal et le Shin Bet ont refusé de commenter cette affaire.

Des informations parues le 14 mai dans des médias affiliés au Hamas suggéraient que les milices aidaient l’armée israélienne à gérer les civils alors que celle-ci étendait sa zone de contrôle à l’intérieur de Gaza, prenant le contrôle de zones où des civils palestiniens vivaient sous le régime du Hamas.

Récemment, une activité inhabituelle a été observée : l’implication des milices dans l’évacuation de civils, apparemment sur instruction de Tsahal.

Des soldats israéliens à un poste militaire surplombant la « Ligne jaune », dans le centre de la bande de Gaza, le 26 mai 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Selon ces informations, des milices coopérant avec Israël auraient contraint des habitants à évacuer des zones situées près de Deir al-Balah, à proximité de la Ligne jaune, pour des raisons qui demeurent floues.

Le même jour, une vidéo publiée par la milice d’Abu Nuseira le montrait en train de s’adresser à des hommes armés, accompagnée d’un texte qui attribuait les souffrances des civils au refus du Hamas de céder l’enclave aux autorités de transition, comme le prévoit le plan Trump.

« Nous ne voulons pas les expulser, nous sommes avec eux », déclare Abu Nuseira aux hommes armés dans la vidéo, en référence aux civils de Gaza.

« C’est un message que nous transmettons de la part des Israéliens, selon lequel les gens doivent évacuer la zone. »

L’un des hommes armés répond que les habitants l’ont bien compris, tandis que les autres scandent : « Mort au Hamas. »

Israël n’a pas officiellement commenté ces évacuations, et Tsahal a refusé d’aborder la question dans ses réponses au Times of Israel.

Milshtein a critiqué la stratégie consistant à s’emparer de nouveaux territoires, soulignant qu’elle poussait les civils à s’entasser dans la zone contrôlée par le Hamas, qui ne cesse de rétrécir, plutôt que d’amener davantage de Gazaouis vers le territoire en expansion où l’armée israélienne et les milices font la loi.

Selon Milshtein, Israël mène depuis le début de l’année 2024 une stratégie de collaboration avec des milices anti-Hamas à Gaza, mais cette initiative a été marquée par des échecs répétés.

Des terroristes armés du Hamas et du Jihad islamique palestinien saluant les fidèles rassemblés pour la prière de l’Aïd al-Fitr, à Gaza-City, le 20 mars 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Les premières tentatives auraient consisté à établir des contacts avec le clan Durmush afin d’évaluer s’il pouvait constituer une alternative au Hamas à la tête de la bande de Gaza. Plusieurs membres haut placés de ce clan ont ensuite été exécutés ; cet événement n’a été rendu public que plusieurs mois plus tard par les médias arabes.

En mars 2024, le journal saoudien Asharq Al-Awsat a rapporté que les efforts visant à rallier les clans de Gaza en tant que force de gouvernance alternative avaient largement échoué. Selon cet article, de nombreux clans auraient rejeté les propositions qui leur confiaient la responsabilité d’assurer la sécurité de zones géographiques spécifiques de l’enclave, craignant que cela ne les mette en conflit avec les forces du Hamas toujours actives.

En juin 2024, Netanyahu semblait avoir révélé l’existence de ce projet, déclarant à la Quatorzième chaîne qu’Israël avait tenté, plusieurs mois auparavant, de conférer du pouvoir à des clans destinés à remplacer le régime du Hamas, mais que le groupe terroriste avait tué les membres des clans impliqués.

Milshtein a déclaré que le manque de transparence entourant ce projet avait empêché d’établir un bilan officiel de l’utilisation des milices à Gaza et avait entravé tout débat public constructif sur cette stratégie.

« Personne ne s’arrête pour se demander où mènent toutes ces absurdités », a-t-il souligné.

« Est-ce que cela aide ? Est-ce que cela nuit ? Faut-il modifier ou abandonner cette stratégie ? Depuis deux ans, aucun bilan n’a été établi, ni par le Shin Bet, ni par Tsahal. Il n’y a pas de bilan, et quand il n’y a pas de bilan, les erreurs se répètent encore et encore. »

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