Tensions GB-Israël : Herzog et Starmer ont une réunion « difficile » à Londres
Selon le président, reconnaître un État palestinien ne fera 'qu'encourager les extrémistes' ; le Premier ministre exhorte Israël à 'mettre fin à la famine provoquée par l'homme' à Gaza
Le président Isaac Herzog s’est entretenu mercredi à Londres avec le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d’une réunion qualifiée de tendue par les médias locaux, le chef de l’État israélien ayant vivement critiqué la décision du Royaume-Uni de reconnaître un État palestinien.
Les deux hommes n’ont fait aucune déclaration publique conjointe. Keir Starmer a été critiqué par de nombreux membres de son propre parti pour avoir décidé de rencontrer le dirigeant israélien, alors que la colère monte au Royaume-Uni face à la poursuite de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Un groupe de manifestants anti-Israël s’est rassemblé devant le 10 Downing Street, brandissant des drapeaux « palestiniens », pendant que les deux hommes se rencontraient.
Interrogé sur les raisons de cette rencontre, Starmer a répondu : « Je ne renoncerai pas à la diplomatie, c’est le b.a.-ba de la politique. »
Après sa rencontre avec Starmer, Herzog a déclaré lors d’un événement à Chatham House, à Londres que « des propos durs et forts ont été tenus, mais il est clair que nous pouvons discuter, car lorsque des alliés se réunissent, ils peuvent dialoguer. Nous sommes tous deux des démocraties. »
Bien qu’ils aient clairement exprimé leurs désaccords, les deux dirigeants ont souligné les relations de longue date entre leurs pays et leur statut d’alliés, d’après leurs bureaux respectifs.
Avant la réunion, un porte-parole du Premier ministre avait déclaré que Starmer comptait aborder la question controversée des frappes aériennes israéliennes contre les dirigeants du Hamas au Qatar la veille, ainsi que la situation humanitaire à Gaza.
Starmer avait indiqué mercredi aux députés qu’il ferait « clairement comprendre » que « nous condamnons l’action d’Israël » dans le bombardement de Doha.
La déclaration de Herzog à l’issue de la réunion n’a fait aucune mention d’une discussion sur la frappe au Qatar. Mais le président a déclaré au quotidien britannique The Daily Mail que le haut responsable du groupe terroriste palestinien, Khalil al-Hayya, avait été pris pour cible « parce qu’il s’opposait à tout accord pour Gaza. Il n’arrêtait pas de dire ‘oui, mais’ pendant les négociations ».
« Il est le numéro un du Hamas et a le sang de milliers d’Israéliens sur les mains », a ajouté Herzog.
Le bureau de Starmer a déclaré que le Premier ministre avait fait part à Herzog de sa « profonde inquiétude » concernant la situation à Gaza et qu’il avait imploré Israël de changer de stratégie.
Un porte-parole de Downing Street a déclaré que Starmer avait dit à Herzog qu’Israël « devait empêcher la famine provoquée par l’Homme [à Gaza] de s’aggraver davantage en laissant entrer l’aide humanitaire et en mettant fin à ses opérations offensives ».
Starmer a également déclaré à Herzog que le Royaume-Uni et Israël étaient des alliés de longue date et qu’il « poursuivrait son travail pour garantir une paix durable et un avenir meilleur aux peuples israélien et palestinien », a ajouté le porte-parole.
Dans son propre communiqué publié à l’issue de leur rencontre, Herzog a déclaré que « la Grande-Bretagne et Israël sont des amis, mais entre amis, il y a parfois des désaccords ».
Herzog a déclaré avoir « clairement indiqué que l’intention affichée par le Royaume-Uni de reconnaître un État palestinien à ce stade ne contribuerait en rien à ramener les otages chez eux, à aider les Palestiniens ou à mettre fin au conflit ».
« Au contraire, une telle décision ne ferait qu’encourager les extrémistes à travers le Moyen-Orient et au-delà », a-t-il affirmé.
En juillet, Starmer avait annoncé que le Royaume-Uni reconnaîtrait un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à la fin du mois, à moins que le gouvernement israélien ne prenne des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre et à la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Cette décision a été rapidement condamnée par Israël.
Herzog a déclaré avoir insisté auprès de Starmer sur le fait que « la libération immédiate et inconditionnelle des otages est à la fois une nécessité humanitaire et la seule première étape sur la voie de la paix ».
Le président a ajouté qu’il s’était fermement opposé à toute idée de sanctions contre la seule démocratie du Moyen- Orient, et [qu’il] avait mis en garde contre le dangereux écho de la campagne de propagande du Hamas sur la famine à Gaza, alors même que 48 otages sont toujours retenus en captivité dans des conditions brutales.
En juin, le Royaume-Uni a sanctionné les ministres ultranationalistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich et a gelé les négociations commerciales avec Israël. Le mois dernier, le gouvernement britannique a également annoncé l’interdiction pour les représentants du gouvernement israélien de participer à un important salon de l’armement à Londres.
Herzog a salué la décision du Royaume-Uni d’imposer de nouvelles « sanctions » à l’Iran pour ses violations répétées de l’accord nucléaire conclu en 2015 avec les puissances mondiales – connu sous l’acronyme JCPOA -, soulignant « l’importance d’empêcher le régime iranien de reconstruire sa capacité nucléaire ».
Avant sa rencontre avec Starmer, Herzog avait déclaré qu’il aborderait également le sujet de « la vague d’antisémitisme qui déferle sur le pays », mais il n’a pas mentionné cette question dans sa déclaration à l’issue de la réunion.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
comments