Les États-Unis et le Royaume-Uni imposent chacun de nouvelles sanctions à l’Iran
Un Grec et son réseau maritime sont sanctionnés, tandis que Londres inscrit sur sa liste noire le fils d’un conseiller de Khamenei et plusieurs entreprises

L’administration Trump a imposé jeudi de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran, visant treize entités basées à Hong Kong, en Chine, aux Émirats arabes unis et aux îles Marshall, ainsi que huit navires, a annoncé le département américain du Trésor.
Ces mesures prennent pour cible le ressortissant grec Antonios Margaritis et son réseau d’entreprises et de navires, qui, selon le Trésor, seraient impliqués dans le transport de pétrole iranien en violation des sanctions.
Le Trésor a également pris des directives qui visent Ares Shipping Limited à Hong Kong, Comford Management aux îles Marshall et Hong Kong Huangshan Shipping Limited à Hong Kong.
Parmi les pétroliers visés figurent des navires battant pavillon panaméen, l’Adeline G et le Kongm, ainsi que le Lafit, qui bat pavillon de Sao Tomé-et-Principe.
De plus, le département d’État a annoncé avoir imposé des sanctions à deux opérateurs chinois de terminaux et de stockage liés au pétrole. Il a noté qu’ils avaient traité des importations de pétrole iranien à bord de navires précédemment visés par les sanctions américaines.
Les entreprises visées sont Qingdao Port Haiye Dongjiakou Oil Products Co, dont le siège se trouve dans la province du Shandong, et Yangshan Shengang International Petroleum Storage and Transportation Co, dont le quartier général est situé dans la province du Zhejiang.
Le régime iranien a interrompu les pourparlers avec Washington sur la limitation de son programme nucléaire, après les frappes menées en juin dernier par les États-Unis et Israël contre ses installations. Téhéran continue d’affirmer qu’il ne cherche pas à se doter de l’arme atomique.
Le chef de la diplomatie iranienne a indiqué, mercredi, que le moment n’était pas encore venu pour que des négociations « efficaces » puissent avoir lieu avec les États-Unis concernant le programme nucléaire de Téhéran. Il a ajouté que l’Iran ne mettrait pas fin à sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Jeudi, le Royaume-Uni a annoncé de nouvelles sanctions contre l’Iran, inscrivant sur une liste noire un magnat du pétrole iranien et quatre entreprises, affirmant qu’ils font partie d’un réseau qui soutient les activités de Téhéran à l’étranger, avec notamment des activités de « déstabilisation » en Ukraine et en Israël.
Les sanctions comprennent le gel des avoirs et une interdiction de voyage visant Mohammad Hossein Shamkhani, ainsi que le gel des avoirs d’entreprises liées aux secteurs maritime, pétrochimique et financier, a indiqué le ministère des Affaires étrangères britannique.
« La dépendance de l’Iran aux revenus générés par ses réseaux commerciaux et les organisations qui y sont liées lui permet de mener ses activités déstabilisatrices, notamment en soutenant des proxies et des partenaires dans toute la région et en facilitant les menaces sur le sol britannique », a dit le ministre britannique pour le Moyen-Orient, Hamish Falconer.
L’ambassade iranienne à Londres a condamné des « mesures unilatérales et illégales », et dénoncé « des accusations sans fondement » du Royaume-Uni.
Shamkhani, le fils d’un conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.
Les États-Unis, qui l’avaient déjà sanctionné le mois dernier, affirment qu’il contrôle un vaste réseau de porte-conteneurs et de pétroliers grâce à un système complexe d’intermédiaires vendant du pétrole iranien et russe, ainsi que d’autres marchandises, dans le monde entier.
Certaines des entreprises sanctionnées par la Grande-Bretagne dans la journée de jeudi auraient agi au nom ou sur les instructions de Shamkhani, qui est accusé d’aider les opérations de l’Iran à l’étranger. Shamkhani a également été sanctionné par l’Union européenne au mois de juillet.
Le mois dernier, des députés britanniques avaient averti que l’Iran représentait une menace croissante et multiforme pour le Royaume-Uni, estimant que le gouvernement n’était pas suffisamment préparé à y faire face.
Ils avaient évoqué des risques allant d’attaques physiques et d’assassinats potentiels visant des dissidents et des communautés juives à l’espionnage, aux cyberopérations offensives et aux efforts de Téhéran pour développer des armes nucléaires.
L’Iran a rejeté ces accusations, les qualifiant « d’allégations infondées, motivées par des considérations politiques et hostiles ».







