Trump a ordonné la reprise des vols directs entre les États-Unis et le Liban, une première depuis 40 ans
Le président américain a déclaré à son homologue libanais qu’il espérait que d’autres pays autoriseraient aussi les voyages directs, même s’il semble très peu probable que les compagnies aériennes américaines souhaitent s’y rendre rapidement
Mardi, le président américain Donald Trump a annoncé qu’il avait donné instruction à son administration d’autoriser les compagnies aériennes américaines à opérer des vols directs vers le Liban, plus de quarante ans après la suspension de ces liaisons.
Trump a annoncé cette nouvelle sur son réseau, Truth Social, peu après avoir reçu le président libanais, Joseph Aoun, à la Maison Blanche.
Le président américain a déclaré qu’Aoun « avait accompli un travail remarquable pour transformer son pays » et a exprimé l’espoir que d’autres pays suivraient l’exemple de Washington en rétablissant les vols directs vers « cette magnifique contrée ».
Avant que les vols vers le Liban puissent reprendre, les autorités américaines devront toutefois procéder à un examen approfondi de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth et en certifier la conformité. Il n’est même pas certain que les compagnies aériennes américaines souhaitent desservir le Liban dans un avenir proche, car les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran perturbent le trafic aérien dans la région et l’influence du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah demeure incertaine dans certaines parties du pays.
Malgré l’annonce de Trump, le département d’État américain recommande toujours vivement de ne pas se rendre au Liban en raison des risques sécuritaires.
« Ne vous rendez pas au Liban pour quelque raison que ce soit en raison des risques de criminalité, de terrorisme, de troubles, d’enlèvements, de mines terrestres et de conflits armés », indique un avis du département d’État.
La Federal Aviation Administration (FAA) a déclaré « se réjouir de collaborer avec les compagnies aériennes et ses partenaires interinstitutionnels pour mettre en œuvre la directive du président et favoriser la reprise en toute sécurité des vols vers le Liban ».
Le département américain des Transports n’a pas encore réagi.
Aoun s’est rendu à la réunion de mardi afin d’obtenir le soutien des États-Unis aux Forces armées libanaises (FAL), chargées de procéder au désarmement du Hezbollah.
Il a également insisté pour que les États-Unis exhortent Israël à accélérer le retrait de ses troupes du sud du Liban.
L’annonce de Trump concernant la reprise des vols n’a fait mention d’aucune de ces deux questions.
Les vols directs entre les États-Unis et le Liban avaient été suspendus en 1985 par l’administration du président Ronald Reagan à la suite du détournement du vol TWA 847 par des terroristes islamistes libanais, qui avaient brutalement assassiné un plongeur de la marine américaine et retenu en otage des dizaines de ressortissants américains pendant plus de deux semaines.
Le Liban ne dispose actuellement que d’un seul aéroport international, situé au sud de Beyrouth, près de la banlieue sud de la capitale, la Dahiyeh, bastion du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui a subi d’importants bombardements israéliens au cours des guerres successives. Toutefois, le mois dernier, le pays a entamé la transformation d’une base aérienne située près de la frontière syrienne en un hub aérien.
L’aéroport de Beyrouth a continué de fonctionner pendant les différents conflits opposant Israël au Hezbollah depuis 2023, ne fermant que brièvement ses portes lors des périodes d’escalade majeures.
Le Liban a été contraint de solliciter des garanties internationales qu’Israël ne prendrait pas pour cible l’aéroport de Beyrouth, qu’il a précédemment accusé le Hezbollah d’utiliser pour transporter de l’argent et des armes.
Les autorités libanaises ont maintes fois rejeté les allégations israéliennes, bien que Beyrouth ait, selon certaines informations, mené une purge à grande échelle de la présence du Hezbollah à l’aéroport, allant suffisamment loin pour satisfaire même Israël et les États-Unis, d’après des responsables américains et libanais.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.