Un ex-policier souffrant de TSPT succombe à son immolation par le feu

Vital Mishayev, 46 ans, s’était immolé par le feu devant le domicile d’un haut responsable du service de réhabilitation du ministère de la Défense le 31 octobre

Vital Mishayev, ancien policier, diagnostiqué avec un TSPT, qui s'est immolé par le feu en octobre 2025 et a succombé à ses blessures en novembre 2025, sur une photo non datée. (Crédit : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Un ancien policier qui s’était immolé par le feu devant le domicile d’un haut fonctionnaire du département de réhabilitation du ministère de la Défense, le mois dernier, est décédé des suites de ses blessures, ont rapporté les médias israéliens mercredi.

Vital Mishayev, 46 ans, était divorcé et père de trois enfants. Il souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique (TSPT) et d’un handicap physique, suite à un coup à la tête reçu avec une pierre par un homme mentalement instable alors qu’il était en patrouille en 2013.

Selon la radio de l’armée, Vital avait été reconnu invalide par le département de réadaptation du ministère de la Défense en raison d’un TSPT léger à modéré associé à un handicap physique.

Au cours des deux dernières années, il aurait demandé au département de le reconnaître comme invalide à 100 %, ce qui lui aurait donné droit à un logement.

Ynet a rapporté qu’il était sans domicile fixe et dormait devant le domicile du responsable de la défense, à Neve Ilan, près de Jérusalem, depuis plusieurs mois. Les efforts pour lui trouver de l’aide et un logement avaient échoué.

Selon le ministère de la Défense, Vital avait été reconnu handicapé par le service de réadaptation du ministère en 2013.


Le Forum des blessés de guerre, qui représente les soldats victimes de blessures physiques et mentales en service, avait déclaré que l’immolation par le feu de Mishayev est une « sonnette d’alarme pour nous tous ».

« Un camarade de plus fait face à un système défaillant et qui ne répond pas. Cet événement est une sonnette d’alarme pour nous tous : la guerre peut être terminée sur le champ de bataille, mais pour de nombreux combattants, hommes et femmes, elle ne l’est pas dans leur tête. »

Le Forum a exhorté le gouvernement à assumer « l’entière responsabilité » en agissant, et non en se contentant de mettre en place des procédures.

Cette question est d’autant plus urgente que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza a amené des dizaines de milliers de soldats à prendre part à des combats prolongés. Selon des informations de l’armée de juillet 2025, près de 9 000 demandes de reconnaissance de « souffrance psychologique » ont été reçues par les services de santé militaires depuis le début de la guerre.

L’endroit où un ex-policier souffrant de stress post-traumatique s’est immolé par le feu, devant le domicile d’un haut responsable du département de réhabilitation du ministère de la Défense, dans la communauté de Neve Ilan, non loin de Jérusalem, le 31 octobre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Quelques jours avant l’immolation par le feu de Mishayev, un rapport de la Knesset a révélé qu’entre janvier 2024 et juillet 2025, 279 soldats de Tsahal avaient tenté de mettre fin à leurs jours. Plus des trois quarts des suicides enregistrés en Israël l’an dernier concernaient des combattants, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux années précédentes.

L’immolation de Mishayev était également l’une des nombreuses tentatives d’immolation par le feu en signe de protestation contre le service de réhabilitation du ministère de la Défense, que les anciens combattants et leurs défenseurs jugent négligent et difficile d’accès.

Cette question avait déjà fait grand bruit en Israël en avril 2021, lorsque le vétéran de Tsahal Itzik Saidyan s’était immolé par le feu devant un centre de réhabilitation à Petah Tikvah.

Une fois rétabli, il a expliqué qu’il s’était immolé par le feu pour protester contre ce qu’il considérait comme de la négligence de la part des autorités, après des années de lutte pour obtenir des soins adaptés à son stress post-traumatique.

Des soldates combattantes parlant du syndrome de stress post-traumatique lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, à la Knesset, à Jérusalem, le 10 novembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon Ynet, en 2021, Mishayev avait publié sur les réseaux sociaux une photo de lui assis à califourchon sur une moto, avec la légende « Moi aussi, je suis Itzik Saidyan ».


En 2023, un ancien combattant de Tsahal a tenté d’incendier les bureaux de ce même service à Tibériade, en versant un liquide inflammable près de l’entrée, après le rejet de sa demande de reconnaissance en tant qu’ancien combattant blessé.

La même année, Bar Kalaf, un ancien combattant de 33 ans, s’est immolé par le feu chez lui, à Netanya, après le rejet de sa demande de reconnaissance de stress post-traumatique par le ministère.

En 2012, Moshe Silman, un sans-abri, est décédé après s’être immolé par le feu lors d’un rassemblement marquant le premier anniversaire des manifestations pour la justice sociale de 2011. À l’époque, il avait été comparé à Mohamed Bouazizi, le commerçant tunisien dont l’immolation par le feu avait déclenché le Printemps arabe.

Stav Levaton a contribué à cet article.

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