Un ex-policier souffrant de TSPT s’immole devant le domicile d’un responsable de la Défense
Blessé en service, la victime avait demandé à être reconnu totalement handicapé par le service de réhabilitation du ministère ; cet incident est une "sonnette d'alarme", selon le Forum des soldats blessés

Vendredi matin, un ex-policier souffrant de stress post-traumatique s’est immolé par le feu devant le domicile d’un haut responsable du service de réhabilitation du ministère de la Défense, à Neve Ilan, près de Jérusalem, ont annoncé le ministère de la Défense et les services d’urgence.
Âgé d’une quarantaine d’années, l’homme se trouvait dans un état grave, ave de sérieuses brûlures sur le corps, lorsque les pompiers sont arrivés sur place. Alors que ces derniers éteignaient les flammes dans la cour, les premiers secours prenaient en charge la victime, selon les services d’incendie et de secours.
L’homme a été conduit à l’hôpital Hadassah, dans le quartier d’Ein Kerem à Jérusalem, où il a été pris en charge en soins intensifs. Selon le porte-parole de Hadassah, il a été mis sous sédatif et sous respirateur.
L’homme, divorcé et père de trois enfants, avait été reconnu handicapé par le service de réadaptation du ministère de la Défense pour un trouble de stress post-traumatique qualifié de léger à modéré et d’un handicap physique, a expliqué la radio militaire.
Ces deux dernières années, il aurait tenté d’obtenir que le ministère le reconnaisse totalement invalide, afin de bénéficier d’un logement.
Selon le site d’information Ynet, il était en effet sans abri et dormait devant le domicile du responsable de la défense depuis des mois. Tous les efforts faits pour lui trouver de l’aide et un logement auraient échoué.
Selon le ministère de la Défense, c’est en 2013 que l’homme a été reconnu handicapé par le service de réhabilitation du ministère. Cette année-là, il aurait été victime d’une blessure à la tête invalidante, infligée par un homme mentalement instable qui lui avait jeté une pierre lors d’une patrouille, a ajouté la radio militaire.
Le Forum des blessés de guerre, qui représente les soldats victimes de blessures physiques et mentales en service, l’immolation par le feu de ce policier est une « sonnette d’alerte pour nous tous ».
« Un camarade de plus fait face à un système qui ne répond pas et qui dysfonctionne », a indiqué le Forum. « Cet événement est une sonnette d’alerte pour nous tous : la guerre a beau s’être terminée sur le champ de bataille, pour nombre de nos combattants, hommes et femmes, elle n’est pas finie dans leur tête. »
Le Forum a pressé le gouvernement d’en assumer « l’entière responsabilité, en agissant, pas avec des procédures ».
La question est d’autant plus urgente que la guerre actuelle à Gaza a amené des dizaines de milliers de soldats à prendre part à des combats prolongés. Selon des informations de l’armée de juillet 2025, près de 9 000 demandes de reconnaissance de « souffrance psychologique » ont été reçues par les services de santé militaires depuis le début de la guerre.
Le cas de cet ex-policier est le dernier en date à appeler l’attention sur le sort des soldats et des policiers blessés mentalement ou physiquement par leur service.
Il ne s’agit pas là de la première tentative d’immolation par le feu en signe de protestation contre le service de réhabilitation du ministère de la Défense, que les anciens combattants et leurs défenseurs tiennent pour négligent et d’accès difficile.
La question a fait grand bruit en Israël en avril 2021, lorsque le vétéran de Tsahal Itzik Saidyan s’est immolé par le feu devant un centre de réhabilitation à Petah Tikvah. Une fois rétabli, il a expliqué s’être immolé par le feu pour protester contre ce qu’il a aqualifié de négligence des autorités, après des années de lutte pour bénéficier de soins appropriés à son stress post-traumatique.
En 2023, un vétéran de Tsahal a tenté de mettre le feu aux bureaux de ce même service, à Tibériade, en versant un liquide inflammable près de l’entrée, suite au rejet de sa demande de reconnaissance d’ancien combattant blessé.
La même année, Bar Kalaf, ancien combattant de 33 ans, s’est immolé par le feu chez lui, à Netanya, suite au rejet par le ministère de sa demande de reconnaissance de stress post-traumatique.







