Un musée britannique annule une exposition sur la vie juive à Bournemouth

Le Russell-Cotes est accusé d'avoir 'choisi d'éteindre la culture juive face aux menaces' ; la BBC continuerait d'employer un journaliste qui a appelé à 'brûler les Juifs comme Hitler l'a fait'

Illustration : Des bâtiments le long de la plage de Bournemouth, dans le sud de l'Angleterre, le 25 mai 2020. (Crédit : Glyn Kirk/AFP)

Un musée britannique a récemment reporté une exposition sur la vie juive dans une ville balnéaire en raison de « risques potentiels à un moment délicat », selon la presse britannique.

Le Telegraph a rapporté vendredi que le musée Russell-Cotes de Bournemouth s’apprêtait à inaugurer une exposition sur la vie juive dans la ville entre 1880 et 2020.

Contacté par le journal, le musée a déclaré que, bien que l’exposition ne s’ouvrirait pas en novembre, l’institution s’efforçait de la reprogrammer.

« La Russell-Cotes Art Gallery and Museum est un patrimoine important qui abrite des œuvres d’art d’une grande valeur culturelle », a déclaré le musée.

« Lors de la planification de toutes les expositions, nous évaluons soigneusement les risques potentiels. Nous sommes conscients que la période actuelle est délicate et, en raison des exigences liées à cet événement, le musée a décidé de reporter l’exposition et travaille avec les organisateurs pour la reprogrammer à une date ultérieure. »

L’organisation britannique Campaign Against Anti-Semitism a réagi à cette décision.

« Le musée choisit d’éteindre la culture juive face aux menaces d’une foule antisémite », a déclaré l’organisation.

« Lorsque les institutions britanniques cèdent aux menaces d’une foule en colère au sujet du droit des communautés respectueuses de la loi de partager leurs histoires et de célébrer leur contribution positive à la vie britannique, qu’est-il advenu des valeurs britanniques ? », a-t-elle demandé.

Quelques jours plus tôt, la police britannique avait arrêté un homme pour une attaque perpétrée à Bournemouth la semaine précédente, au cours de laquelle un adolescent juif avait été blessé à la tête par un tir de carabine à air comprimé devant une synagogue. Le même jour, une croix gammée avait été découverte, peinte à la bombe sur une maison appartenant à une famille juive dans le même quartier. La police a déclaré enquêter sur ces deux incidents comme des crimes antisémites.

En août, le Community Security Trust (CST), une organisation à but non lucratif qui assure la protection des Juifs britanniques, a déclaré que les actes antisémites enregistrés au Royaume-Uni avaient atteint des niveaux records au cours du premier semestre 2025.

Illustration : Des personnes participant à une « Marche contre l’antisémitisme », à Londres, le 26 novembre 2023. (Crédit : Andy Solomon/Shutterstock)

Ce chiffre représente une baisse de 25 % par rapport au triste record historique de 2 019 actes commis au cours de la même période en 2024, mais il s’agit du deuxième total le plus élevé jamais enregistré pour une période de six mois, avec plus de 200 actes commis chaque mois.

La BBC continue d’employer un journaliste qui a déclaré que les Juifs devraient être brûlés « façon Hitler »

Selon un autre article publié samedi par le Telegraph, la BBC a continué à faire appel à un journaliste de Gaza sur sa chaîne arabe plusieurs mois après avoir découvert qu’il avait publié une série de messages antisémites sur les réseaux sociaux, dont un appel à « brûler les Juifs comme Hitler l’a fait ».

Selon un article publié en avril dans le Telegraph, Samer Elzaenen, 33 ans, publiait des contenus antisémites et anti-Israël sur les réseaux sociaux dès 2011, et a continué à le faire même après avoir commencé à travailler comme correspondant pour BBC Arabic, à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Samer Elzaenen, un « journaliste » de Gaza, régulièrement invité sur la BBC Arabic. (Crédit : Facebook)

En 2011, Elzaenen avait écrit sur Facebook : « Mon message aux Juifs sionistes : nous allons reprendre notre terre, nous aimons la mort pour Allah, tout comme vous aimez la vie. Nous vous brûlerons comme l’a fait Hitler, mais cette fois-ci, il ne restera aucun d’entre vous. »

Puis, plus d’une décennie plus tard, en 2022, il avait écrit : « Quand les choses tournent mal pour nous, tirez sur les Juifs, ça règle tout. »

Selon le Telegraph, Elzaenen a salué plus d’une trentaine d’attentats terroristes contre des civils israéliens, notamment un attentat à la voiture bélier perpétré en février 2023 qui avait coûté la vie à deux jeunes garçons et à un jeune homme de 20 ans à Jérusalem.

Le lendemain de l’assaut barbare et sanglant du 7 octobre, au cours duquel quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas avaient pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tuant plus de 1 200 personnes, principalement des civils, et enlevant 251 otages, Elzaenen avait salué les « combattants de la résistance » du groupe terroriste palestinien qui avaient mené cette attaque sans précédent.

Après la publication du premier article du Telegraph, la BBC a déclaré au journal qu’Elzaenen ne travaillait pas pour la chaîne et que celle-ci utilisait « divers témoins provenant de la bande de Gaza », ses journalistes n’étant pas autorisés à s’y rendre pendant la guerre.

« Il ne s’agit pas de membres du personnel de la BBC ni de membres de l’équipe de reportage de la BBC », avait déclaré le porte-parole.

« Nous n’étions pas au courant des activités de ces personnes sur les réseaux sociaux avant de les entendre à l’antenne. Nous affirmons clairement que l’antisémitisme n’a pas sa place dans nos services. »

Plusieurs mois plus tard, la chaîne BBC Arabic continue de faire appel à Elzaenen comme commentateur régulier pour parler des affaires palestiniennes et de la guerre à Gaza, malgré les révélations concernant ses publications antisémites.

Interrogée à propos du nouvel article, la BBC a admis au Telegraph qu’Elzaenen « n’aurait pas dû être utilisé comme expert ».

Au cours des dix-huit derniers mois, la BBC a fait l’objet d’une attention accrue en raison de ce que beaucoup considèrent comme un parti pris anti-Israël dans sa couverture de la guerre à Gaza.

En février, le service d’information a été contraint de présenter ses excuses après qu’il a été révélé qu’un nouveau documentaire intitulé « Gaza : How To Survive A Warzone » était narré par le fils de l’ancien vice-ministre de l’Agriculture du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le président de la BBC, Samir Shah, avait alors qualifié ce documentaire de « coup de poignard dans le cœur » de l’impartialité de la chaîne et il avait promis que des « mesures appropriées » seraient prises.

Illustration : Des manifestants brandissant des pancartes et des drapeaux d’Israël, appelant la BBC (British Broadcasting Corporation) à qualifier le Hamas de « terroriste », devant le siège de la chaîne, à Londres, le 16 octobre 2023. (Crédit : Daniel Leal/AFP)

La BBC a plus généralement été critiquée pour son refus de qualifier le Hamas de « terroriste », alors que sa branche armée est interdite au Royaume-Uni et que de nombreux documents attestent qu’il a systématiquement pris pour cible des civils le 7 octobre 2023.

Un porte-parole du service d’information a précédemment déclaré qu’il évitait d’utiliser le terme « terroriste » pour qualifier un groupe, sauf s’il citait les propos d’autres personnes, car il s’agit d’un terme chargé de sens qui irait à l’encontre des efforts de la chaîne pour fournir une information objective.

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