Zalman’s compte s’imposer sur le marché israélien des hot-dogs casher
La chaîne, qui a été fondée par un immigrant originaire de Chicago, espère qu’un contrat de 3,5 M de shekels, lui permettra d'ouvrir de nombreuses succursales dans les douze prochains mois
Pour Moshe Zalman Olive, la vente de la moitié de Zalman’s, la chaîne de hot-dogs casher à l’américaine qu’il a fondée en Israël, n’a rien d’une exit : c’est, au contraire, une occasion unique de continuer à construire son rêve.
« Attention, McDonald’s, nous voilà ! », s’exclame l’homme d’affaires lors d’un entretien téléphonique accordé au Times of Israel.
Olive, qui appartient au mouvement Habad, qui est originaire de la ville de Chicago et qui a définitivement posé ses valises en Israël en 2011, a lancé Zalman’s après avoir été déçu par la qualité des hot-dogs qui lui étaient offerts au sein de l’État juif.
La semaine dernière, Kamari Kimonaut, une société israélienne de gestion commerciale, a annoncé avoir acquis une participation de 50 % dans Zalman’s pour la somme de 3,5 millions de shekels, dans le cadre d’une transaction qui a valorisé l’entreprise à 7 millions de shekels.
Le fondateur de Kamari, Assaf Kamari, a fait savoir au site d’information Ynet qu’il prévoyait d’augmenter le nombre de succursales de Zalman’s, qui devraient passer de 12 aujourd’hui à pas moins de 40 au cours des douze prochains mois. Toutefois, Olive indique au Times of Israel qu’il espère poursuivre cette expansion bien au-delà de cet objectif.
« Il ne s’agit pas d’une sortie : il s’agit d’assumer des responsabilités supplémentaires dans le but de poursuivre notre croissance », explique Olive. « Nous n’avons aucune idée de l’importance que nous pourrons atteindre, mais nous irons aussi loin que possible tant que cela restera faisable et rentable ».
Le coup de foudre dès la première bouchée
Avant de s’installer en Israël il y a maintenant 15 ans, Olive était à la tête d’une entreprise de recyclage de métaux à Chicago, qu’il avait finalement vendue afin de pouvoir « faire toutes ces choses juives que je ne pouvais pas faire quand j’étais dans le monde des affaires », confie-t-il. Il s’était finalement installé dans le quartier de Nachlaot à Jérusalem, à proximité de la famille de sa fille, et il avait étudié la Torah dans une yeshiva voisine.
Mais les bons hot-dogs qu’Olive appréciait dans son pays d’origine lui manquaient – et il avait décidé d’en créer un lui-même. Son épouse avait posé trois règles strictes : le hot-dog devait être entièrement à base de bœuf, il devait porter la certification casher Mehadrin et il devait être pauvre en nitrates et en conservateurs.
Olive s’était associé à deux partenaires — des coreligionnaires de Loubavitch — et il avait collaboré avec Alan Talmor, le chef de Tel Aviv, dans la mise au point de la recette. Un fabricant de Jérusalem avait produit le prototype initial.
« Les Israéliens ne sont traditionnellement pas des amateurs de hot-dogs, les saucisses ici, dans le passé, étaient d’une qualité médiocre », note Olive. « Mais nous avons fait goûter le nôtre à une centaine d’Israéliens, et tout le monde a adoré ».
Quand le premier établissement Zalman’s a ouvert ses portes aux abords de la rue Ben Yehuda à Jérusalem, en 2019, il a connu « un succès immédiat », se souvient Olive. « Nous avons bénéficié d’une large couverture médiatique, et tout le monde parlait de ce nouvel Américain qui avait fait son apparition. Nous avons même réussi à nous développer pendant la pandémie de COVID, alors que nos restaurants étaient fermés, en proposant des services de livraison ».
Aujourd’hui, l’entreprise compte trois enseignes à Jérusalem, ainsi que des établissements au centre commercial Azrieli de Tel Aviv, à Raanana, à Bnei Brak, à Beit Shemesh et ailleurs. Elle a également ouvert récemment une succursale à Chicago, où elle est en concurrence avec Ken’s Diner et avec d’autres établissements locaux.
Mais cette croissance a entraîné de nouvelles exigences. Olive souligne qu’au fur et à mesure que le nombre de points de vente a augmenté, il est devenu évident qu’il avait besoin d’un soutien supplémentaire. Ses discussions avec Kamari — qui détient plusieurs autres entreprises, dont la chaîne de supérettes Saban Express — ont duré plusieurs mois avant qu’il ne se décide à conclure l’accord.
Viser le marché des hot-dogs dans son ensemble
Kamari a annoncé vouloir développer la chaîne dans le secteur haredi, où Zalman’s s’est déjà constitué une clientèle solide. Olive fait remarquer que la chaîne a également rencontré un vif succès auprès des anglophones, qui sont attirés en partie par son ambiance à l’américaine. Outre les hot-dogs, qui sont proposés dans différentes variétés et avec divers accompagnements, les corn-dogs de la chaîne sont particulièrement appréciés, précise-t-il.
Par ailleurs, les hot-dogs semblent faire leur grand retour sur le marché israélien de manière plus générale, selon Ynet. Le chef Moshik Roth – dont l’établissement a été honoré par une étoile Michelin – a lancé cette semaine à Tel Aviv une nouvelle chaîne de saucisses gastronomiques, Francko, et la chaîne de supérettes Yellow a récemment organisé une promotion sur les hot-dogs à 5 shekels, précise le site.
« Nous n’avons pas peur de la concurrence », déclare Olive.
« Nous estimons que nous proposons le meilleur produit possible, un produit qui est exclusivement composé de viande, sans aucun substitut. Nous offrons un service meilleur que n’importe qui d’autre, ainsi qu’une ambiance formidable. Si la concurrence s’intensifie, cela signifie simplement que la demande est plus forte. »