Des motions visant à dissoudre la 25e Knesset avant le vote du budget 2026

Le vote sur le projet de loi de finances, initialement prévu lundi, a été reporté en raison de la crise politique liée aux désaccords sur le texte exemptant les Haredim de l'armée

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid présidant une réunion de sa faction Yesh Atid , à la Knesset, le 26 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avant la première lecture du budget de l’État 2026 mercredi, des partis d’opposition, notamment Yesh Atid, dirigé par le chef de l’opposition Yaïr Lapid, et Kakhol Lavan, avec à sa tête le député Benny Gantz, ont présenté des projets de loi visant à dissoudre la 25ᵉ Knesset.

Un précédent projet de loi visant à dissoudre la Knesset avait échoué l’été dernier, lorsque les factions ultra-orthodoxes Shas et Degel Hatorah avaient conclu un compromis avec le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset de l’époque, Yuli Edelstein, concernant l’enrôlement des Haredim étudiant en yeshiva, compromis qui a depuis échoué.

Conformément aux règles parlementaires, les députés devaient attendre six mois avant de pouvoir soumettre un autre projet de loi visant à dissoudre la Knesset au vote, car le précédent avait été rejeté.

La coalition négocie actuellement avec les factions haredim sur la question de l’enrôlement.

Shas et Yahadout HaTorah menacent de ne pas soutenir le vote sur le budget 2026, prévu mercredi, s’ils n’obtiennent pas de concessions sur la version finale du projet de loi d’exemption, actuellement en cours de révision par le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Boaz Bismuth.

Le vote sur le projet de loi de finances, initialement prévu lundi, a été reporté en raison de la crise politique.

Bien qu’ils aient déclaré qu’ils ne soutiendraient pas le budget de l’État 2026 tant que la coalition n’aurait pas adopté son projet de loi controversé, le parti ultra-orthodoxe Shas et la faction Degel HaTorah du parti Yahadout HaTorah avaient tous deux indiqué lundi qu’ils prévoyaient de voter en faveur du budget lors de sa première lecture.

Selon la chaîne N12, après la première lecture du projet de loi budgétaire, les deux partis haredim refuseraient de soutenir les votes ultérieurs sur le budget jusqu’à ce que le processus législatif du projet de loi d’exemption soit terminé.

« La raison pour laquelle le budget n’est pas soumis au vote aujourd’hui est que les Haredim ont compris que la loi sur les exemptions militaires ne serait pas adoptée. Nous ne la laisserons pas passer », avait déclaré Lapid, dans une vidéo lundi.

Selon la chaîne N12, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, aurait déclaré au Premier ministre Benjamin Netanyahu, en début de semaine, que si le budget n’était pas adopté en première lecture lundi, la Knesset devrait être dissoute.

En réponse, Lapid a écrit sur le réseau social X : « Smotrich, pour rappel, le projet de loi que j’ai présenté pour dissoudre la Knesset sera soumis au vote de la plénière mercredi prochain. »

Interrogé par le Times of Israel, un porte-parole de Lapid a expliqué que ces projets de loi étaient « un moyen de faire pression » et que « s’il n’y avait pas de majorité, nous les retirerions bien sûr ».

Les projets de loi visant à dissoudre le Parlement sont régulièrement ajoutés à l’ordre du jour de la Knesset, puis retirés avant le vote, faute de soutien suffisant.

Dans un communiqué, le parti Kakhol Lavan de Benny Gantz a annoncé le retrait de tous ses projets de loi de la séance plénière de mercredi, en réponse à « la tentative de bloquer le vote du budget », placé à la fin du long ordre du jour de la séance.

Gantz a également appelé les autres chefs de partis d’opposition à retirer leurs propositions, son parti expliquant que leur objectif était de « ne pas laisser le temps aux représentants des partis ultra-orthodoxes et du Likud de négocier ».

Dimanche dernier, la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, avait informé les législateurs qu’une première lecture du budget devait avoir lieu cette semaine, car au moins deux mois doivent s’écouler entre la première et la deuxième lecture, cette dernière devant avoir lieu avant la fin du mois de mars.

Conformément à la loi israélienne, si le gouvernement n’adopte pas le budget avant la fin du mois de mars, la Knesset sera automatiquement dissoute, déclenchant ainsi des élections législatives anticipées trois mois plus tard. Les élections sont actuellement prévues pour la fin du mois d’octobre.

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