Guedj : Mélenchon « se rabougrit » avec une sémantique « qui a souvent été antisémite »

'Jamais l’extrême-droite, jamais un dirigeant, quel qu'il soit, dans le débat politique, a considéré que mes prises de position pouvaient s'interpréter parce que j'était Juif,' a noté l'élu PS

Le député socialiste français Jérôme Guedj s'adressant à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, lors d'une session sur le budget de la sécurité sociale française pour 2023, à Paris, le 21 novembre 2022. (Crédit : Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)

Le chef du mouvement de gauche radicale La France Insoumise (LFI), largement accusé de flirter avec l’antisémitisme, Jean-Luc Mélenchon « s’enferme, il se rabougrit, il se rétrécit » en utilisant notamment une « sémantique aux relents nauséabonds et qui a souvent été antisémite », a accusé dimanche le député du parti socialiste (PS) Jérôme Guedj.

« Les mots [qu’il] utilise », « ce sont des mots stigmatisants qui renvoient à une sémantique […] aux relents nauséabonds et qui a souvent été antisémite », a affirmé sur Radio J le député de l’Essonne, qui fut longtemps proche de Mélenchon quand celui-ci était socialiste.

« Pour moi il n’y a plus d’ambiguïté, il y a délibérément l’idée […] d’expliquer que mes prises de positions trahissent la gauche du judaïsme », selon Guedj.

« C’est la première fois dans le débat politique qu’on m’essentialise. Jamais l’extrême-droite, […] jamais un dirigeant, quel qu’il soit, dans le débat politique, a considéré que mes prises de position pouvaient s’interpréter parce que j’était Juif », ajoute l’élu socialiste.

Pour autant Guedj considère qu’il « n’y a pas de gauches irréconciliables, notamment parmi les électeurs » mais il a « maintenant la certitude qu’il y a des responsables politiques et notamment à LFI qui sont irrécupérables ».

Il considère en outre que « conflictualiser, cliver dans le débat politique » comme le fait LFI « c’est ne pas jouer le rôle d’une gauche de rassemblement et [c’est] d’être dans l’incapacité du coup d’exercer le pouvoir ».

Guedj a rompu avec la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et LFI après l’assaut barbare et sadique du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre, quand le mouvement de gauche radicale a refusé de désigner le Hamas comme « terroriste », le député les qualifiant alors « d’idiots utiles » du groupe terroriste palestinien.

Depuis l’automne, LFI lui en veut. Le parti d’extrême-gauche l’accuse notamment d’avoir été à l’origine de la double annulation d’une conférence sur le Proche-Orient que leur leader devait donner à Lille en avril.

Ce dernier l’a même qualifié de « lâche de cette variété humaine que l’on connaît tous, les délateurs, ceux qui aiment aller susurrer à l’oreille du maître ».

« C’est intéressant de le voir s’agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions », avait ajouté Mélenchon, une phrase interprétée par Guedj comme une nouvelle allusion à ses origines juives.

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