Huckabee accuse Londres de « haine des Juifs » après avoir affirmé qu’Israël empêchait l’acheminement de médicaments vers Gaza
Le ministre britannique des Affaires étrangères affirme que des enfants meurent à Gaza en attendant de recevoir des soins, suscitant l'ire de Washington et de Jérusalem, qui réfutent ces accusations
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a vivement critiqué le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, samedi, et a accusé le gouvernement britannique d’avoir « perdu la tête » après la publication d’une vidéo par le député travailliste, dans laquelle il évoque des allégations selon lesquelles Israël empêcherait l’entrée de médicaments dans la bande de Gaza.
Le ministère des Affaires étrangères a également répondu à Miliband et a nié qu’Israël empêche les Palestiniens d’accéder aux soins médicaux.
Dans la vidéo publiée vendredi, Miliband explique avoir assisté à une réunion sur la situation « effroyable » des soins de santé dans la bande de Gaza, au cours de laquelle il aurait appris que « des médicaments étaient bloqués » et que « des enfants mouraient en attendant un traitement vital ».
En réponse à la vidéo de Miliband, Huckabee a déclaré : « Les Britanniques ont perdu la tête. »
« La haine des Juifs de leur gouvernement ne connaît ni limites ni faits », a écrit Huckabee sur le réseau social X, sans préciser que Miliband est juif.
Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères a affirmé qu’Israël n’empêchait pas l’entrée de médicaments à Gaza ni n’empêchait les Gazaouis de se faire soigner à l’étranger, et a insisté sur le fait que Miliband était « parfaitement au courant de tout cela ».
UK Foreign Secretary Ed Miliband:
I just came out of this meeting talking about Gaza to people who've been there and are there on the ground.
And frankly, it was horrific what is unfolding. You know, the stories that people were telling me of medicines being blocked, children… pic.twitter.com/UCq8ChMHD0
— Clash Report (@clashreport) September 5, 2026
« Si le ministre des Affaires étrangères s’intéressait aux faits plutôt qu’aux rumeurs, il saurait qu’il n’y a aucune restriction à l’entrée de médicaments dans la bande de Gaza, et qu’aucun médicament n’est bloqué », a écrit le ministère des Affaires étrangères sur X.
Il a ajouté que « 22 500 tonnes de matériel médical ont été acheminées à Gaza depuis le début du cessez-le-feu » en octobre 2025, et que, rien qu’au cours des deux dernières semaines, 200 Gazaouis ont quitté l’enclave pour recevoir des soins.
« Le Royaume-Uni est membre du Centre international de soutien à Gaza, qui facilite l’acheminement de l’aide médicale vers la bande de Gaza », a ajouté le ministère des Affaires étrangères, faisant référence au centre de coordination dirigé par les États-Unis et situé à Kiryat Gat, l’International Gaza Support Center (IGSC), anciennement connu sous le nom de Civil-Military Coordination Center (CMCC).
Miliband a été nommé ministre des Affaires étrangères à la mi-juillet par le Premier ministre Andy Burnham et a depuis appelé à une « réinitialisation complète » de la politique britannique à l’égard d’Israël. Miliband est le fils de réfugiés juifs.
Ce bras de fer intervient alors que les relations entre Israël et le Royaume-Uni se sont encore détériorées en raison du projet controversé d’implantation E1 à Jérusalem, qui entraverait la contiguïté territoriale entre les principaux centres de population palestiniens.
Israël envisagerait d’expulser les représentants britanniques de l’IGSC, dans un contexte de tensions croissantes entre Londres et Jérusalem au sujet du projet E1.
Mardi, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a averti qu’Israël « prendrait des mesures contre » le Royaume-Uni si celui-ci mettait à exécution les mesures dont il a menacé de prendre à l’encontre des implantations, affirmant que Jérusalem disposait « d’outils » à cet effet.
Les médias britanniques ont rapporté que le gouvernement Burnham envisageait d’interdire totalement le commerce des marchandises provenant des implantations de Cisjordanie dans le cadre de sa réponse au projet E1.
Le Royaume-Uni a déjà imposé des sanctions et interdit l’entrée sur son territoire aux ministres israéliens de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et des Finances, Bezalel Smotrich.
Le centre de Kiryat Gat est lui-même devenu un enjeu du conflit. Le mois dernier, le Royaume-Uni a déclaré que le retrait de ses représentants de l’IGSC, dirigé par les États-Unis, « compromettrait » les efforts visant à améliorer la situation à Gaza.
Londres a indiqué qu’elle maintenait une présence sur place à la demande des États-Unis et du Conseil de Paix soutenu par ces derniers, et qu’elle travaillait aux côtés d’Israël, de partenaires internationaux et d’agences des Nations unies pour soutenir la mise en œuvre du plan américain d’après-guerre pour Gaza. Une source proche du dossier a déclaré au Times of Israel qu’Israël envisageait d’expulser les responsables britanniques et qu’il examinait « d’autres mesures » à l’encontre de Londres.
Cette menace à l’encontre de la délégation britannique fait suite à une mesure similaire prise à l’encontre des Pays-Bas. Fin août, Saar a annoncé que les représentants néerlandais seraient expulsés du centre après ce qu’il a qualifié de série de « mesures anti-Israël » prises par La Haye.
L’extension prévue de la zone E1 relierait les régions de Jérusalem et de Maale Adumim, réduisant ainsi à néant la perspective d’une souveraineté palestinienne contiguë aux centres urbains de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah, longtemps considérés comme le fondement d’un futur État palestinien.
Le projet a été gelé pendant des années en raison de la vive opposition de la communauté internationale, y compris d’anciennes administrations américaines, qui craignaient que la construction d’un nouveau quartier d’implantation sur cette parcelle de terrain, en grande partie inoccupée, n’empêche la création d’un État palestinien.
Les partisans de l’extension des implantations dans la zone E1 affirment vouloir empêcher la création d’un État palestinien. Le mois dernier, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels comprenant 1 234 logements dans la zone E1, après avoir donné son feu vert à la construction d’environ 3 400 logements en août dernier.
Dans une déclaration écrite publiée le mois dernier, Miliband a qualifié ce plan « d’inacceptable et de destructeur » et a indiqué que son cabinet travaillait à l’élaboration d’un « ensemble complet de mesures » en réponse, comprenant notamment des sanctions à l’encontre de « ceux qui participent à l’expansion illégale des colonies ».
Saar a riposté à Miliband en qualifiant sa déclaration de « condescendante » et en accusant le gouvernement britannique de contribuer « à une vague massive de haine antisémite et d’attaques contre la communauté juive britannique » et de nuire aux relations entre le Royaume-Uni et Israël.