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Burnham s’apprête à interdire le commerce avec les implantations de Cisjordanie – médias

Des détracteurs redoutent un "boycott de facto" d’Israël ; 140 députés travaillistes soutiennent cette riposte au projet E1, jugée difficile à appliquer

Le Premier ministre britannique Andy Burnham rencontrant des chefs d’entreprise locaux et des invités lors d’une visite au Hub Café, à Ilkeston, dans le Derbyshire, en Angleterre, le 11 août 2026. (Crédit : Toby Shepheard/AP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham rencontrant des chefs d’entreprise locaux et des invités lors d’une visite au Hub Café, à Ilkeston, dans le Derbyshire, en Angleterre, le 11 août 2026. (Crédit : Toby Shepheard/AP)

Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’apprête à annoncer une interdiction totale du commerce de marchandises provenant des implantations israéliennes de Cisjordanie, ont rapporté mercredi plusieurs médias britanniques.

Cette perspective suscite déjà l’opposition de personnalités pro-Israël au sein du Parti travailliste.

Selon The Telegraph, cet embargo commercial total sur toutes les implantations pourrait être une réponse au projet de Jérusalem visant une extension majeure et controversée des implantations dans la zone sensible d’E1 en Cisjordanie, ce qui empêcherait la contiguïté territoriale entre les principaux centres de population palestiniens.

Le chef du Parti travailliste devrait annoncer de nouvelles sanctions « fermes » contre les implantations israéliennes, rapporte The Times, qui précise que Burnham pourrait également imposer des sanctions individuelles à des ministres d’extrême droite du gouvernement israélien et à certains habitants des implantations.

Le Royaume-Uni a déjà sanctionné le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et leur a interdit l’entrée sur son territoire.

Au début du mois, Londres avait averti Israël qu’elle jugeait le projet d’extension d’E1 « inacceptable et destructeur ». Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, avait alors indiqué que ses services préparaient un « ensemble complet de mesures » en réponse, notamment des sanctions contre « ceux qui participent à l’expansion illégale des implantations ».

Ces mesures sont envisagées alors que le projet israélien a suscité une série de condamnations de la part de gouvernements européens et du Moyen-Orient.

L’extension prévue dans la zone E1 relierait Jérusalem à Maale Adumim, compromettant de fait la perspective d’une contiguïté territoriale palestinienne entre Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah, considérée de longue date comme indispensable à la création d’un futur État palestinien.

Le projet était resté gelé pendant des années face à la vive opposition de la communauté internationale, notamment des précédentes administrations américaines, qui redoutaient que la construction d’un nouveau quartier d’implantation sur cette parcelle en grande partie inhabitée ne rende impossible la création d’un État palestinien.

Les partisans de l’extension de l’implantation E1 affirment vouloir empêcher la création d’un État palestinien. La semaine dernière, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept ensembles résidentiels totalisant 1 234 logements dans la zone E1, après avoir donné son feu vert à la construction d’environ 3 400 logements en août dernier.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors d’une conférence de presse annonçant son intention d’autoriser la construction de plus de 3 000 logements dans le cadre du projet d’implantation E1, entre Jérusalem et Maale Adumim, le 14 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Burnham, qui a pris ses fonctions au 10 Downing Street le 20 juillet, a adopté une ligne plus dure à l’égard d’Israël que son prédécesseur, Keir Starmer.

Dans une vidéo diffusée en début d’année dans le cadre de sa campagne pour la direction du parti, il a déclaré que la Grande-Bretagne devait « faire davantage pour faire pression sur le gouvernement israélien », notamment en envisageant de nouvelles restrictions sur les exportations d’armes et des mesures contre les implantations de Cisjordanie.

L’Irlande, la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas ont déjà imposé des restrictions au commerce avec les implantations. Mais une telle mesure pourrait provoquer des divisions au sein du Parti travailliste, selon le Telegraph, qui rapporte que certains ministres et fonctionnaires ont averti qu’elle serait difficile à appliquer.

Le Labour Friends of Israel met en garde contre un boycott de facto de tout Israël

Parmi les opposants à cette mesure figure le Labour Friends of Israel, groupe de défense pro-Israël au sein du Parti travailliste.

Dans une longue déclaration publiée le 20 août, le groupe, qui revendique son soutien à la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, souligne que de grandes entreprises israéliennes exercent leurs activités dans des zones qui seraient concernées par l’interdiction. C’est notamment le cas à Jérusalem-Est, qu’Israël considère comme faisant partie de sa capitale et de son territoire souverain.

Les troupes israéliennes montant la garde lors d’une opération menée au centre de formation professionnelle de l’UNRWA, situé entre le quartier de Kafr Aqab et le camp de réfugiés de Qalandiya, à Jérusalem-Est, le 25 août 2026. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

L’économie israélienne étant étroitement imbriquée avec celle des implantations, et les entreprises ayant tendance, par prudence, à aller au-delà des exigences imposées pour se conformer à ce type de boycott, l’interdiction pourrait, selon le groupe, revenir à instaurer un boycott de facto de l’ensemble d’Israël.

« Cela affecterait toutes les entreprises israéliennes opérant dans les blocs d’implantations, ainsi qu’à Jérusalem-Est et dans la Vieille Ville, où sont présentes de grandes entreprises israéliennes telles que la Banque Hapoalim et Teva, et où le secteur du tourisme est essentiel à l’emploi des travailleurs israéliens et palestiniens », indique le communiqué. « Il existe un risque que les acteurs financiers internationaux appliquent de manière excessive des sanctions visant nominalement les implantations, ce qui aurait des répercussions négatives sur les Israéliens vivant à l’intérieur des frontières de l’État. »

« Un boycott des implantations deviendrait ainsi un boycott de facto de l’ensemble d’Israël, ce qui serait à juste titre perçu par la communauté juive britannique comme un nouvel exemple d’un gouvernement qui réserve à Israël un traitement particulier, en le visant par des mesures punitives et une rhétorique virulente », poursuit le communiqué.

Un porte-parole du groupe a également déclaré au Telegraph que, si elle était imposée dès maintenant, à quelques semaines des élections israéliennes du 27 octobre, l’interdiction pourrait involontairement renforcer la « mentalité de siège » de la droite israélienne et nuire aux chances des partis d’opposition, qui, selon le Labour Friends of Israel, « entraîneraient un véritable changement de cap » s’ils remportaient les élections.

Quelque 140 députés travaillistes ont néanmoins signé une lettre soutenant cette mesure, selon le Telegraph, et la question devrait être débattue lors du congrès annuel du Parti travailliste en septembre.

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