Huckabee réaffirme que les résidents d’implantation violents sont des “terroristes”
L'ambassadeur insiste : Benjamin Netanyahu et Jared Kushner ne se sont pas opposés lors de la réunion consacrée à Gaza et Israël “n'a jamais fait marche arrière” sur le plan Trump pour l’enclave
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L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a réitéré mardi ses propos qualifiant les résidents d’implantation extrémistes de Cisjordanie de « terroristes », tout en démentant les informations qui ont fait état d’un désaccord entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la Maison Blanche concernant la prochaine phase du plan soutenu par les États-Unis pour Gaza.
Huckabee avait utilisé ce terme la semaine dernière sur le réseau social X pour désigner les résidents d’implantation qui assiégeaient plusieurs habitations dans le village de Qusra, en Cisjordanie. Pendant plus d’une semaine, ces extrémistes ont encerclé ces habitations dans le but manifeste de pousser leurs occupants – parmi lesquels figure un citoyen américain – à fuir. Bien qu’ils aient été ostensiblement dispersés par l’armée, les résidents d’implantation sont revenus à plusieurs reprises sur les lieux.
« J’ai été critiqué par des gens qui m’ont dit : ‘Mais ce n’est pas du terrorisme’ », a déclaré Huckabee lors d’une interview accordée à la chaîne N12.
« Mais selon la définition américaine du terrorisme, lorsque des actes sont commis qui poussent les gens à modifier leur comportement et les font craindre pour leur vie, lorsque des actes sont perpétrés contre des personnes dans ce but précis – qu’il s’agisse d’une nation, d’un individu en particulier ou d’une famille -, et que cela les empêche de vivre leur vie en toute sérénité, c’est du terrorisme. »
Huckabee a souligné que les auteurs de ces actes constituent « une très petite minorité » en Israël et il a affirmé que beaucoup d’entre eux vivent en dehors de la Cisjordanie, ajoutant : « Ce ne sont pas des résidents d’implantation, ce sont des fauteurs de troubles. »
« Ils sont là pour semer le trouble, et le préjudice qu’ils causent à Israël, le préjudice qu’ils causent au peuple juif… Je ne comprends pas pourquoi ils pensent accomplir quoi que ce soit d’autre que de nuire précisément à ceux pour qui ils prétendent se battre », a-t-il poursuivi.
Évoquant le siège de Qusra, l’ambassadeur a déclaré estimer que les autorités israéliennes avaient déjà « pris des mesures » pour régler cet incident, indépendamment de l’implication de l’ambassade des États-Unis. Il a toutefois précisé : « Nous n’intervenons pas directement si aucun citoyen américain n’est concerné. »
« Mais dès qu’un citoyen américain est concerné, notre intervention est pratiquement automatique et sera significative, car c’est notre travail », a-t-il ajouté.
Alors qu’il lui était demandé, sur la chaîne N12, s’il était déçu que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’ait pas encore condamné ces faits – et alors que les États-Unis auraient, selon certaines informations, fait pression sur lui pour qu’il le fasse publiquement – Huckabee a répondu : « Ce que nous attendons, c’est une réaction responsable. »
Le siège de Qusra s’est produit dans un contexte de recrudescence des violences commises par les résidents d’implantation, avec des attaques quasi quotidiennes contre les Palestiniens et leurs biens. Les arrestations et les poursuites judiciaires des auteurs de ces violences demeurent rares.
Dans une autre interview accordée à la Treizième chaîne, Huckabee a déclaré que le Bureau du coordinateur américain pour la sécurité (USSC) à Jérusalem œuvrait en Cisjordanie pour apaiser les tensions. Créé en 2005, l’USSC se concentre sur la réforme et sur le renforcement des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), ainsi que sur la coordination accrue de ces forces avec Israël. Cette équipe internationale comprend des représentants du Royaume-Uni, du Canada, des Pays-Bas, de l’Italie, de la Turquie, de la Pologne et de la Bulgarie, mais elle est dirigée par les États-Unis.
« Nous souhaitons que tous ceux qui participent à des activités terroristes subissent de graves conséquences », a déclaré Huckabee.
L’ambassadeur dément tout accrochage entre le Netanyahu et Kushner
Huckabee a démenti les informations faisant état d’un accrochage entre le Premier ministre et l’émissaire américain Jared Kushner au sujet de la prochaine phase du plan Trump pour Gaza. Il a également souligné que Washington n’attendait pas d’Israël qu’il procède à un retrait de Gaza tant que le groupe terroriste palestinien du Hamas resterait armé.
« D’où les gens tirent-ils cela ? J’étais dans la pièce. J’ai pris part à toutes les discussions. Les choses ne se sont tout simplement pas passées ainsi », a-t-il indiqué à propos des tensions rapportées lors de la réunion de lundi.
« Il y a eu un accord, et c’était un bon accord : nous voulons tous que ce [plan] avance, mais nous reconnaissons également que le président a clairement indiqué que le Hamas doit se désarmer, se démilitariser et nous reconnaissons aussi qu’il n’a aucun avenir dans la gouvernance de Gaza. »
Alors que l’administration Trump aurait publiquement désapprouvé les frappes israéliennes à Gaza, Huckabee a déclaré qu’Israël « n’avait jamais renoncé » à son soutien au plan global en vingt points élaboré par le président américain Donald Trump l’an dernier pour l’avenir de la bande de Gaza après la guerre, et que les deux parties s’accordaient sur le « droit d’Israël à se défendre ».
« Israël a toujours soutenu – et les États-Unis ont toujours respecté – le droit à l’auto-défense d’Israël. Et si les Israéliens font face à une menace imminente, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils restent les bras croisés et qu’ils en subissent les conséquences. Personne ne leur demande cela », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les retraits israéliens prévus par ce plan, Huckabee a répondu : « Il a été clairement établi qu’on n’attend pas d’Israël qu’il modifie ses frontières tant que le Hamas dispose encore d’armes, de RPG et de grenades. C’est là tout l’intérêt du désarmement. »
Des propos qui ont été tenus alors qu’Israël s’oppose au plan du Conseil de Paix visant à désarmer le Hamas. Ce plan prévoit un retrait progressif de l’armée israélienne de la bande de Gaza à mesure que le groupe terroriste remettra ses armes. Netanyahu s’est prononcé contre le cadre proposé par le Conseil de Paix, insistant sur le fait qu’Israël ne procédera à aucun retrait tant que le Hamas n’aura pas été complètement désarmé.
Alors que Huckabee a minimisé les divergences sur cette question, des sources proches du dossier ont reconnu auprès du Times of Israel que le différend n’avait pas été résolu lors de la réunion de lundi à Jérusalem.
Une source directement au courant des négociations a déclaré au Times of Israel qu’à la suite de la rencontre entre Kushner et Netanyahu, le Conseil de Paix envisageait un nouveau cadre prévoyant le désarmement complet du Hamas et le retrait total d’Israël, mais a précisé que rien n’avait encore été finalisé.
Huckabee défend la rencontre entre Kushner et le Hamas
Lors de l’interview accordée à la Treizième chaîne, Huckabee a été invité à répondre aux critiques formulées en Israël concernant la récente rencontre de Kushner avec de hauts responsables du Hamas au Caire.
Il a répondu que Kushner « ne les avait pas rencontrés parce qu’il pensait avoir affaire à des intermédiaires honnêtes, mais parce qu’il devait transmettre très clairement le message des États-Unis : vous devez vous désarmer, vous démilitariser, et vous n’avez aucun avenir ».
La chaîne publique Kan, qui s’est également entretenue avec Huckabee, l’a interrogé sur la montée du sentiment anti-Israël aux États-Unis, ces dernières années, parmi les membres des partis démocrate et républicain, et lui a demandé si cela résultait des actions d’Israël lui-même.
« Ils ne peuvent pas faire taire les voix de ceux qui sont antisémites et qui haïssent Israël », a déclaré l’ambassadeur.
« Et cela tient en grande partie aux milliards de dollars dépensés par des entités soutenues par les Frères musulmans, qui financent tous ces programmes d’études sur le Moyen-Orient sur les campus américains », a-t-il poursuivi, avant d’imputer également à la Russie et à la Chine la responsabilité de la désinformation en ligne.
Interrogé sur les mesures à prendre, Huckabee a encouragé les gens à se rendre en Israël et a appelé ce pays à adopter une stratégie de diplomatie publique plus offensive.
Mais il a ajouté : « Les Israéliens doivent veiller à ne pas donner d’arguments à ces détracteurs. »
L’ambassadeur a de nouveau évoqué les agissements des résidents d’implantation violents, qui, selon lui, « jettent de l’essence sur le feu ».
« Pourquoi vouloir aider vos ennemis à vous haïr davantage ? », a demandé Huckabee.
la Communauté du Times of Israël !







