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Désarmement de Gaza : le Conseil de Paix étudie une nouvelle voie

Face aux objections israéliennes, l'organe contrôlé par les États-Unis pourrait renoncer à l'abandon progressif des armes par le Hamas au profit d'un plan de désarmement global

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, l’envoyé du Conseil de paix pour Gaza, Nickolay Mladenov ; Caroline Glick, conseillère en politique étrangère, est assise deuxième à partir de la gauche, à Jérusalem, le 13 mai 2026. (Crédit : Maayan Toaf/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, l’envoyé du Conseil de paix pour Gaza, Nickolay Mladenov ; Caroline Glick, conseillère en politique étrangère, est assise deuxième à partir de la gauche, à Jérusalem, le 13 mai 2026. (Crédit : Maayan Toaf/GPO)

Le Conseil de Paix envisage d’abandonner son projet de désarmement progressif du Hamas en raison des objections israéliennes à la solution qui a été proposée par cet organe placé sous contrôle américain, a déclaré lundi au Times of Israel une source proche des négociations.

Au lieu de demander au Hamas de déposer progressivement les armes en échange des retraits de l’armée israélienne, le Conseil de paix envisage de demander au groupe terroriste palestinien de remettre l’ensemble des armes qu’il détient à Gaza, après quoi Israël se repliera vers la frontière.

Cette nouvelle solution pourrait certes permettre de rallier Israël au projet d’ensemble, au risque de perdre le soutien du Hamas, après des mois d’efforts déployés par le Conseil de Paix pour convaincre le groupe terroriste d’accepter le plan de désarmement progressif.

Cette feuille de route initiale en vue du désarmement, approuvée par le Hamas le 30 juillet dernier, prévoyait de diviser les 47 % de la bande de Gaza toujours sous contrôle du groupe terroriste en cinq secteurs, avec une démilitarisation progressive en phases, a rappelé la source.

Selon ce projet, une fois la remise des armes et la destruction des tunnels vérifiées, secteur par secteur, par le Conseil de Paix, l’armée aurait été tenue de se retirer de ces secteurs démilitarisés pour se redéployer plus près de la frontière entre Gaza et Israël, reculant de facto de la Ligne Jaune vers une Ligne Rouge, telle que délimitée dans la carte de septembre 2025 publiée à l’appui du plan en vingt points du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza.

Netanyahu s’est opposé à ce plan, insistant pour qu’Israël ne se retire que lorsque le Hamas aura été totalement désarmé.

Carte du projet de retrait de l’armée israélienne dans le cadre d’un accord visant à mettre fin à la guerre à Gaza, publiée le 29 septembre 2025. (Crédit : Maison Blanche)

Selon un responsable israélien, cette différence d’approche n’a pu être réglée lors de la réunion de lundi, à Jérusalem, entre Netanyahu et le haut conseiller de Trump, Jared Kushner.

Bien que la source proche des négociations ait souligné que le Conseil de Paix n’avait pas abandonné son projet de désarmement progressif, elle a assuré qu’une approche globale était à l’étude, qui consisterait à désarmer en une fois l’intégralité de la zone sous contrôle du Hamas, et non secteur par secteur.

Une fois le désarmement global vérifié par le Conseil de Paix, Israël serait tenu de retirer ses militaires, non pas jusqu’à la Ligne Rouge, mais jusqu’au périmètre de Gaza, a précisé la source.

Un changement aussi drastique de la feuille de route du désarmement requiert l’approbation du Hamas, ce qui prendra du temps.

L’envoyé spécial du Conseil de Paix, Nickolay Mladenov, et le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner (respectivement 2ᵉ et 3ᵉ à partir de la gauche), rencontrant le président Isaac Herzog (4ᵉ à partir de la gauche), en présence d’autres conseillers, à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Shalev Shalom)

Des diplomates arabes de pays médiateurs ont déclaré au Times of Israel que c’était là le risque encouru en tentant de faire adopter le plan de désarmement avant les élections législatives du 27 octobre prochain – étant donné qu’il est peu probable que Netanyahu fasse des concessions substantielles à l’approche de ce scrutin.

La source a confirmé la déclaration faite lundi par un responsable du Conseil de Paix, selon laquelle Netanyahu et Kushner sont convenus lors de leur entretien « qu’il n’y aura pas de redéploiement de Tsahal depuis Gaza tant que le Hamas n’aura pas totalement désarmé et que toute Gaza n’aura pas été démilitarisée ».

Selon la source, le passage le plus important, dans cette phrase est « depuis Gaza », signe selon elle que les parties sont convenues que l’armée israélienne ne sera pas tenue de quitter physiquement la bande de Gaza.

Cela n’a jamais été le différend principal, puisque le premier projet de désarmement du Conseil de Paix exigeait seulement que Tsahal se rapproche de la frontière entre Israël et Gaza à mesure de la vérification de la démilitarisation de chacun des secteurs – à aucun moment il n’a été question pour Tsahal d’en sortir complètement.

Dans la mesure où Netanyahu n’a pas accepté le principe de tels retraits, le responsable du Conseil de Paix s’est contenté de réitérer un point qui ne faisait pas difficulté. Il l’a fait de manière à faire comprendre que le Conseil de Paix avait officiellement fait sienne la position de Jérusalem sur la question, tout en cherchant à obtenir l’approbation de Netanyahu.

Quant à la confusion concernant la Ligne Jaune, la source a temporisé les déclarations israéliennes selon lesquelles Tsahal aurait déplacé la démarcation de l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025 vers la côte. Israël se vante en effet d’avoir étendu son contrôle sur Gaza de 53 % à 60 %, voire 70 % du territoire, sans pour autant redéployer ses soldats vers cette nouvelle Ligne Jaune.

Par conséquent, les soldats israéliens vont continuer d’occuper des positions à l’est de la démarcation initiale du cessez-le-feu, a conclu la source avant d’ajouter que les Palestiniens ne seront pas pris pour cibles s’ils pénètrent dans des zones situées au-delà des nouvelles barrières de la Ligne Jaune qu’Israël a déplacées vers la côte gazaouïe ces tout derniers mois.

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