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Saar menace de riposter si le Royaume-Uni impose des sanctions aux implantations de Cisjordanie

Le ministre des Affaires étrangères affirme que Jérusalem "agira" et que Londres regrettera ses actions après que son homologue britannique a répété vouloir prendre des "mesures globales"

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar s’exprime lors d’une cérémonie au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 1er juillet 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar s’exprime lors d’une cérémonie au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 1er juillet 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a averti mardi qu’Israël disposait « d’outils » avec lesquels le pays pourrait « agir contre » le Royaume-Uni si Londres devait imposer des sanctions à Jérusalem au sujet de son projet d’implantations E1, alors que la querelle diplomatique autour de ce plan ne cesse de prendre de l’ampleur.

Ce projet prévoit la construction d’environ 3 000 logements sur un territoire stratégiquement déterminant de la Cisjordanie – territoire que Londres considère comme essentiel à l’établissement d’un futur État palestinien. Le lancement par Israël, le mois dernier, d’appels d’offres pour la construction de 1 200 logements a suscité des condamnations et entraîné des promesses de sanctions de la part du Royaume-Uni.

« Si la Grande-Bretagne agit contre Israël, Israël agira contre la Grande-Bretagne », a affirmé Saar dans un extrait d’une interview en hébreu qui a été diffusée dans un podcast de Ynet, peu après que le ministre britannique des Affaires étrangères a réaffirmé que Londres prévoyait de dévoiler, dans les semaines à venir, un ensemble « complet » de mesures visant les implantations israéliennes en Cisjordanie en réponse au projet E1.

Interrogé sur son degré d’inquiétude face à la perspective de sanctions, Saar a souligné qu’Israël riposterait et il a accusé les autorités britanniques de prendre des mesures motivées par des considérations politiques.

« Il y a là-bas un gouvernement qui agit systématiquement contre Israël. Il a déjà porté préjudice à nos exportations dans le domaine de la Défense et il a imposé des sanctions à des ministres. Ce qui le guide, c’est sa politique intérieure, et à la fin du mois se tiendra le congrès du Parti travailliste », a-t-il commenté.

Alors qu’il lui était demandé comment Israël réagirait, Saar a refusé d’en dire davantage, se contentant de déclarer : « Nous disposons d’outils. Je le dis clairement et sans équivoque. S’ils agissent, je pense qu’ils commettront une grave erreur. Cela produira l’effet inverse de celui qu’ils espèrent ».

« Pourquoi y faire allusion ? Ce que j’ai dit suffit. Nous nous préparons. S’ils commettent une erreur, il y aura une riposte », a-t-il répondu au journaliste qui insistait sur le sujet.

Plus tôt, le chef de la diplomatie britannique s’était engagé à procéder à un réajustement majeur de la politique vis-à-vis d’Israël dans les semaines à venir.

Le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, avait expliqué aux députés que le projet d’implantations E1 constituait « le franchissement d’une ligne rouge » dans la mesure où il traverserait des terres que les Palestiniens revendiquent pour leur État, « risquant de rendre un État palestinien non viable ».

« Ce gouvernement ne tolérera pas la destruction de la solution à deux États », avait-il souligné. « Nous agirons et je présenterai un ensemble complet de mesures dans les semaines à venir ».

Il s’était toutefois abstenu d’annoncer un embargo commercial total sur les produits provenant des implantations israéliennes – mesure sur laquelle, selon des récents articles qui sont parus dans la presse britannique, des travaux sont en cours en réponse au projet d’aménagement de la zone E1.

La Grande-Bretagne et d’autres pays européens ont critiqué les projets d’Israël, et le Premier ministre Andy Burnham a annoncé, avant son entrée en fonction, qu’il « étudiait des mesures visant à interdire le commerce des produits provenant des colonies illégales ».

Le Times a rapporté lundi que l’administration du président américain Donald Trump suivait « de près » tout projet visant à instaurer une interdiction commerciale.

Cette photo, prise depuis la zone E1 au nord-est de Jérusalem, montre des véhicules circulant sur une autoroute près de l’implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 4 février 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Miliband a également condamné le « terrorisme effroyable commis par les colons » en Cisjordanie, après des semaines d’attaques de plus en plus fréquentes de la part d’extrémistes juifs à l’encontre de villages palestiniens.

Certaines de ces violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations ont entraîné des condamnations rares du Premier ministre Benjamin Netanyahu et des critiques inhabituellement virulentes de l’ambassadeur américain, ainsi que des critiques plus habituelles émanant des capitales européennes.

« Nous avons besoin d’une réorientation complète de notre politique », a déclaré Miliband dans la journée de mardi.

Miliband, fils de réfugiés juifs en Grande-Bretagne, s’est exprimé au Parlement en tant que ministre des Affaires étrangères pour la première fois depuis sa nomination à ce poste, à la mi-juillet, par Burnham.

Il a fait savoir que le Royaume-Uni « réexaminait effectivement l’ensemble de ses relations économiques avec les territoires occupés » et que « nous ne voulons pas que des entreprises britanniques financent, construisent ou fassent la promotion de nouvelles colonies ».

Une source bien informée a confié au Times of Israel, la semaine dernière, que Saar avait averti Miliband qu’Israël répondrait aux sanctions britanniques par des mesures punitives de son cru.

Ces sanctions pourraient inclure l’expulsion des responsables britanniques du Centre international de soutien à Gaza, ainsi que des mesures plus extrêmes, a précisé la source.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assiste à la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle implantation de Doran, dans la région du mont Hébron en Cisjordanie, le 16 juin 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

L’extension prévue de la zone E1 relierait les régions de Jérusalem et de Maale Adumim, réduisant ainsi à néant la perspective d’une souveraineté palestinienne contiguë entre les centres urbains de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah — longtemps considérés comme le fondement d’un futur État palestinien.

Le projet avait été gelé pendant des années face à la vive opposition de la communauté internationale – y compris celle des anciennes administrations américaines – qui craignaient que la construction d’un nouveau quartier sur cette étendue de terrain en grande partie inoccupée n’empêche la création d’un État palestinien.

Les partisans de l’extension affirment vouloir empêcher la création d’un État palestinien. Le mois dernier, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels comprenant 1 234 logements dans la zone E1, après avoir donné son feu vert à la construction d’environ 3 400 logements en août dernier.

Miliband a qualifié ce projet « d’inacceptable et destructeur » dans une déclaration écrite le mois dernier, et il a indiqué que son cabinet travaillait à l’élaboration d’un « ensemble complet de mesures » en réponse, comprenant des sanctions à l’encontre de « ceux qui participent à l’extension illégale des colonies ».

Saar a riposté à Miliband, qualifiant sa déclaration de « condescendante », et il a accusé le gouvernement britannique de contribuer « à une vague massive de haine antisémite et d’attaques contre la communauté juive britannique » et de porter atteinte aux relations entre le Royaume-Uni et Israël.

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