Rechercher

Israël envisagerait d’expulser les responsables britanniques du centre de coordination pour Gaza

Israël et le Royaume-Uni s'opposent actuellement à propos du projet d'extension des implantations dans la zone E1, que Londres entend sanctionner par une série de mesures

Photo d'illustration : Des membres du personnel au travail au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC), un centre de commandement situé dans la ville de Kiryat Gat, dans le sud d'Israël, le 19 novembre 2025. (Crédit: Ahikam Seri / AFP)
Photo d'illustration : Des membres du personnel au travail au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC), un centre de commandement situé dans la ville de Kiryat Gat, dans le sud d'Israël, le 19 novembre 2025. (Crédit: Ahikam Seri / AFP)

Israël envisage d’expulser des responsables britanniques du Centre de coordination pour l’après-guerre à Gaza qui est placé sous le contrôle des États-Unis, a rapporté jeudi le Financial Times, dans un contexte de tensions croissantes autour de l’extension du projet controversé israélien d’implantations dans la Zone E1 de Cisjordanie.

Une source a confirmé cette information au Times of Israel, ajoutant que « d’autres mesures » à l’encontre de Londres étaient également à l’étude.

Cette source, ainsi qu’un deuxième responsable israélien, ont toutefois démenti qu’Israël envisageait d’expulser des responsables italiens ou allemands de ce centre, contrairement à ce qu’affirmait l’article du Financial Times.

Cette décision est actuellement examinée dans un contexte de différend entre Israël et le Royaume-Uni concernant les projets présumés de Londres qui, semble-t-il, chercherait à imposer une interdiction totale du commerce des marchandises en provenance des implantations de Cisjordanie, ainsi que d’autres mesures punitives, en réponse à l’élargissement du projet d’implantation israélien controversé dans la Zone E1 de Cisjordanie – un plan qui entraverait toute possibilité de contiguïté territoriale entre les principaux centres de population palestiniens.

La source a indiqué que lors d’un récent entretien téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar et le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband, « Saar a clairement fait savoir au ministre des Affaires étrangères qu’Israël ne pouvait pas accepter que des mesures de sanction soient prises à son encontre sans réagir ».

Des mesures plus extrêmes que l’éventuelle expulsion de responsables britanniques du Centre international de soutien à Gaza sont également envisagées, a précisé la source, sans donner plus de détails.

Du personnel travaille au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) dirigé par les États-Unis, dans la ville de Kiryat Gat, dans le sud du pays, le 19 novembre 2025. (Crédit: Ahikam Seri / AFP)

Compte tenu de la période préélectorale sensible que traverse Israël, la source a indiqué que les mesures punitives pourraient être prises avant la tenue des élections, le 27 octobre, si le différend devait ne pas être résolu.

Deux personnes proches du dossier ont confié au Financial Times que si Israël souhaitait expulser les représentants internationaux du centre, le pays pourrait devoir obtenir l’autorisation du Conseil de paix qui est soutenu par les États-Unis. Toutefois, une troisième personne a affirmé au journal qu’Israël avait le droit de décider qui restait sur son territoire.

Le centre est situé à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël.

« Nous continuons à dialoguer avec nos homologues israéliens sur les moyens de maintenir et de renforcer la coordination multilatérale et d’accélérer les progrès concernant le Plan de paix global du président pour Gaza », a noté le Conseil de paix dans un communiqué qui a été adressé au FT.

Un responsable britannique a dit au journal, sous couvert d’anonymat, qu’il ne serait pas surpris s’il y avait une forme ou une autre de « représailles » suite au positionnement qui a été adopté par Londres sur le plan d’implantations.

Il n’y a pas eu de commentaire officiel de la part de l’Allemagne, a indiqué le reportage, tandis qu’un responsable italien aurait rejeté l’idée que ses représentants puissent être expulsés.

Mardi, Saar a annoncé que les représentants néerlandais seraient expulsés du centre après une série de « mesures anti-israéliennes » qui ont été prises par les Pays-Bas.

Des véhicules circulant sur une autoroute près de l’implantation de Maale Adumim (en haut), sur une photo prise depuis le « corridor E1 » au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie, le 4 février 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La menace apparente d’expulsion des responsables britanniques est survenue dans un contexte de polémique croissante autour du projet controversé d’Israël en Cisjordanie, qui empêcherait une contiguïté territoriale entre les principaux centres de population palestiniens.

L’extension prévue de la zone E1 relierait les régions de Jérusalem et de Maale Adumim, réduisant ainsi à néant la perspective d’une souveraineté palestinienne contiguë entre les centres de population de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah — longtemps considérés comme le fondement d’un futur État palestinien.

Le projet a été gelé pendant des années face à la farouche opposition de la communauté internationale – y compris de celle des précédentes administrations américaines, qui craignaient que la construction d’un nouveau quartier israélien, sur cette étendue de terre en grande partie inoccupée, ne vienne compromettre la création d’un État palestinien.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assiste à la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle implantation de Doran, dans la région du mont Hébron en Cisjordanie, le 16 juin 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Les partisans du projet d’extension affirment vouloir empêcher la création d’un État palestinien. La semaine dernière, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels comprenant 1 234 logements dans la zone E1, après avoir donné son feu vert à la construction d’environ 3 400 logements au mois d’août dernier.

Miliband a qualifié ce projet « d’inacceptable et destructeur » dans une déclaration faite par écrit, la semaine dernière, et il a indiqué que son cabinet s’employait à préparer un « ensemble complet de mesures » en réponse, avec notamment des sanctions à l’encontre de « ceux qui participent à l’extension illégale des colonies ».

Saar a riposté à Miliband en évoquant une déclaration « condescendante », et il a accusé le gouvernement britannique de contribuer « à une vague massive de haine antisémite et d’attaques contre la communauté juive britannique », portant également atteinte aux relations entre le Royaume-Uni et Israël.

Les médias britanniques ont signalé, dans la journée de mercredi, que le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, s’apprêtait à annoncer un embargo commercial total sur les produits en provenance des implantations de Cisjordanie en réponse au projet E1.

Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, arrivant au 10 Downing Street, à Londres, le 20 juillet 2026. (Crédit : Kirsty Wigglesworth/AP)

Par ailleurs, The Times a rapporté que Burnham était également susceptible d’imposer des sanctions à l’encontre de ministres d’extrême droite du gouvernement israélien et de certains partisans du mouvement pro-implantations. Le Royaume-Uni a déjà imposé des sanctions et il a interdit l’entrée sur son territoire au ministre de la Sécurité intérieure d’extrême droite Itamar Ben Gvir et au ministre des Finances Bezalel Smotrich.

Parmi les opposants à l’interdiction commerciale qui est actuellement envisagée figure le groupe « Labour Friends of Israel », une association de défense des intérêts d’Israël au sein du parti de centre-gauche.

Dans une longue déclaration sur le sujet qui a été rendue publique en date du 20 août, ce groupe — qui clame haut et fort son soutien à la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël — a souligné que de grandes entreprises israéliennes menaient des opérations dans des zones qui seraient concernées par l’embargo. Parmi ces dernières, Jérusalem-Est, qu’Israël a annexée et considère comme faisant partie intégrante de sa capitale et de son territoire souverain.

Les troupes israéliennes montant la garde lors d’une opération menée au centre de formation professionnelle de l’UNRWA, situé entre le quartier de Kafr Aqab et le camp de réfugiés de Qalandiya, à Jérusalem-Est, le 25 août 2026. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

Étant donné que l’économie israélienne est étroitement liée aux implantations, cette interdiction pourrait équivaloir à un « boycott de facto » d’Israël dans son ensemble, indique le communiqué.

Un porte-parole du groupe a également déclaré au Telegraph que si elle était imposée maintenant, quelques semaines avant les élections du mois d’octobre en Israël, cette interdiction pourrait involontairement contribuer à la « mentalité d’assiègement » de la droite israélienne et porter atteinte aux chances des partis d’opposition – dont les Labour Friends of Israel estiment qu’ils « entraîneront un changement d’orientation substantiel » s’ils remportent les élections.

Le reportage a toutefois indiqué qu’environ 140 députés travaillistes avaient signé une lettre soutenant cette initiative. La question devrait être débattue lors du congrès annuel du Parti travailliste en septembre.

Burnham, qui a pris ses fonctions au 10 Downing Street le 20 juillet, a adopté une ligne plus dure à l’égard d’Israël que son prédécesseur, Keir Starmer.

Dans une vidéo qui avait été diffusée, cette année, dans le cadre de sa campagne pour la direction du parti, il avait déclaré que la Grande-Bretagne devait « faire davantage pour exercer des pressions sur le gouvernement israélien », notamment en envisageant de nouvelles restrictions sur les exportations d’armes et des mesures contre les implantations de Cisjordanie.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.