Tensions Israël-GB : l’expulsion de Gaza « nuirait » à la paix, prévient Londres
Alors que Jérusalem envisage d'expulser les officiels britanniques sur fond de crise diplomatique autour du projet E1, le Royaume-Uni défend sa présence au centre de Kiryat Gat
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WASHINGTON — Vendredi, le Royaume-Uni a fait savoir que l’expulsion de ses représentants du centre de coordination pour l’après-guerre à Gaza, dirigé par les États-Unis et situé dans le sud d’Israël, « nuirait » à l’amélioration de la situation dans la bande de Gaza ravagée par les combats.
Cet avertissement a fait suite à des informations publiées la veille, selon lesquelles Jérusalem envisagerait d’expulser les responsables britanniques du centre en raison de tensions liées à l’extension du polémique projet d’implantations « E1 », lequel mettrait à mal la continuité territoriale entre les principaux centres de population palestiniens.
« Le Royaume-Uni reste plus que jamais déterminé à mettre en œuvre le plan en 20 points pour Gaza et à jouer son rôle afin d’améliorer la situation sur le terrain », a déclaré le porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué, avant d’ajouter que le Royaume-Uni maintenait une présence au sein du centre de coordination de Gaza « à la demande des États-Unis et du Conseil de Paix » et qu’il prévoyait d’y poursuivre son travail « aux côtés des États-Unis, d’Israël, des partenaires étrangers et des agences de l’ONU, en soutien à la résolution 2803 du Conseil de sécurité » – allusion à la résolution de 2025 approuvant le plan américain.
« Exclure le Royaume-Uni ou d’autres partenaires nuirait à ces efforts partagés », a ajouté le porte-parole.
Le Financial Times a rapporté jeudi qu’Israël envisageait de renvoyer les responsables britanniques du Centre international de soutien à Gaza. Une source proche du dossier a par la suite confirmé cette nouvelle au Times of Israel, en précisant que « d’autres mesures » à l’encontre de Londres étaient également à l’étude.
Deux personnes elles aussi proches du dossier ont dit au Financial Times que si Israël souhaitait retirer des représentants internationaux du centre, l’accord du Conseil de Paix soutenu par les États-Unis serait nécessaire. Selon une troisième source qui s’en est elle aussi ouverte au Financial Times, Israël aurait le droit de décider des personnes autorisées à résider sur son territoire.
Le centre est implanté à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël.
Mardi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé l’expulsion des représentants néerlandais de ce même centre à la suite d’une série de « mesures anti-israéliennes » prises par les Pays-Bas.
Escalade diplomatique autour du projet E1
La nouvelle de la possible expulsion des représentants britanniques survient en un moment de dégradation des relations entre Israël et le Royaume-Uni, Londres ayant annoncé son intention de prohiber tout commerce de marchandises issues des implantations de Cisjordanie, entre autres mesures punitives, en réaction à l’extension du projet d’implantations E1.
L’extension prévue de la zone E1 est supposée relier Jérusalem à l’implantation de Maale Adumim, ce qui réduirait à néant la perspective d’une souveraineté palestinienne ininterrompue entre les agglomérations de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah — considérées comme le socle d’un futur État palestinien.
Ce projet a été gelé pendant des années en raison de l’opposition virulente de la communauté internationale, y compris des précédentes administrations américaines, de crainte que la création d’un nouveau quartier résidentiel sur ce terrain en grande partie vierge n’exclue définitivement la création d’un État palestinien.
Les partisans de l’extension de la zone E1 ne cachent pas leur volonté d’empêcher l’émergence d’un État palestinien. La semaine dernière, le gouvernement a lancé des appels d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels – soit 1 234 logements – en secteur E1, après avoir donné son feu vert à la construction de 3 400 logements en août dernier.
Dans une déclaration écrite publiée la semaine dernière, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a qualifié le projet d’« inacceptable et destructeur », précisant que ses services préparaient des « mesures globales » en réaction, et notamment des sanctions contre « ceux qui participent à l’extension illégale des colonies ».
Gideon Saar a vivement réagi aux propos de Miliband, qualifiant sa déclaration de « paternaliste » et accusant le gouvernement britannique de contribuer à « une vague massive de haine antisémite et d’attaques contre la communauté juive britannique » tout en dégradant les relations israélo-britanniques.
Mercredi, les médias britanniques ont rapporté que le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, se préparait à annoncer l’interdiction totale du commerce des produits issus des implantations de Cisjordanie, en rétorsion au plan E1.
Dans le même temps, The Times a fait savoir que Burnham pourrait par ailleurs prendre des sanctions individuelles à l’encontre de ministres et résidents d’implantations israéliens d’extrême droite. Le Royaume-Uni applique déjà des sanctions et des interdictions de territoire à l’encontre du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, et du ministre des Finances, Bezalel Smotrich.
Andy Burnham, qui a pris ses fonctions au 10 Downing Street le 20 juillet dernier, a, à l’égard d’Israël, une ligne plus ferme que son prédécesseur, Keir Starmer.
Lors de sa campagne pour la présidence du parti, il avait affirmé dans une vidéo que la Grande-Bretagne devait « faire davantage pression sur le gouvernement israélien », notamment en envisageant de nouvelles restrictions sur les exportations d’armes et des actions ciblées contre les implantations de Cisjordanie.
la Communauté du Times of Israël !







