« Je choisis la vie » : Pour les ex-otages israéliens, chaque instant est désormais précieux

Après des semaines, des mois, voire des années de captivité, les Israéliens enlevés par le Hamas le 7-Octobre affirment chérir leur liberté plus que jamais, tout en se tournant vers l’avenir

Aviva Siegel, 65 ans, et son mari Keith Siegel, 67 ans, tous deux anciens otages, discutant avec deux de leurs petits-enfants chez eux, au kibboutz Gazit, dans le nord d'Israël, le 6 août 2026. (Crédit : Shir Torem/Reuters)

Enlevés avec leurs enfants ou seuls, retenus pendant des semaines, des mois, voire des années, enfermés chez leurs geôliers ou dans les tunnels du Hamas tandis que la guerre faisait rage au-dessus de leurs têtes, les anciens otages israéliens affirment qu’ils chérissent désormais le moindre instant de liberté.

Le 7 octobre 2023, le groupe terroriste palestinien du Hamas a perpétré le pogrom le plus meurtrier de l’histoire d’Israël. Les terroristes ont semé la terreur dans des villages, lors d’un festival de musique et dans des bases militaires, tuant plus de 1 200 personnes et emmenant 251 otages à Gaza.

Parmi eux figuraient des civils, des soldats, des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que des Israéliens et des ressortissants étrangers. La plupart ont été relâchés en échange de prisonniers palestiniens lors des cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas, mais des dizaines d’entre eux ont été tués.

« La liberté a complètement changé ma vision de la vie », a déclaré Emily Damari, 30 ans, qui a été enlevée alors qu’elle était blessée chez elle, au kibboutz Kfar Aza, puis relâchée en janvier 2025.

Son calvaire lui a appris à ne rien tenir pour acquis, a-t-elle expliqué.

« Un jour en captivité semble durer une semaine. On a envie d’abandonner à chaque instant, mais je ne l’ai pas fait », a déclaré Emily, qui s’est récemment mariée et a lancé une ligne de vêtements en Israël.

L’ex-otage Emily Damari (à droite) épousant Danielle Amit (au centre) ; la mère d’Emily, Mandy Damari (à gauche), le 27 août 2026. (Crédit : Autorisation)

« Aujourd’hui, j’ouvre le réfrigérateur et je dis merci. Je bois de l’eau fraîche et je dis merci. Je suis reconnaissante pour tout, les grandes choses comme les petites. La gratitude est devenue le cœur de ce que je suis », a ajouté Emily.

« Être libre, chez moi, entourée de ma famille et de mes proches, c’est quelque chose que je ne tiendrai plus jamais pour acquis. »

« Je choisis la vie »

Eli Sharabi, 54 ans, a été enlevé près du kibboutz Beeri. Son épouse Lianne, d’origine britannique, et leurs deux filles, Noiya, 16 ans, et Yahel, 13 ans, ont été assassinées par les terroristes. Son frère Yossi a été pris en otage et tué à Gaza.

L’ex-otage Eli Sharabi retrouvant sa mère Chana et sa sœur Osnat dans un bâtiment de l’armée israélienne près de la frontière de Gaza, après 491 jours de captivité dans les geôles du Hamas, le 8 février 2025. Sa femme et ses deux filles ont été assassinées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

En février 2025, Eli a été relâché, extrêmement amaigri, après 491 jours de captivité au cours desquels, selon ses dires, il a notamment été détenu dans un tunnel, affamé, enchaîné et battu.

« J’ai appris pendant ma captivité à quel point chaque instant et chaque choix peuvent être précieux, et je garde cette prise de conscience avec moi aujourd’hui. Je choisis de regarder vers l’avenir, d’aller de l’avant et de mener ma vie de manière constructive », a expliqué Eli.

Depuis sa libération, il a contribué à la création du Centre familial Shalva Sharabi dans la ville d’Ashkelon, dans le sud du pays, en collaboration avec l’association caritative Shalva dédiée aux personnes en situation de handicap. Ce centre a pour but d’accompagner les familles confrontées à des traumatismes et au handicap, en mémoire de sa propre famille disparue.

« Je choisis la vie. Je choisis de continuer à vivre pleinement, tout en gardant Lianne, Noiya, Yahel et Yossi à mes côtés dans tout ce que je fais. »

Eli Sharabi, qui a été enlevé lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et retenu en otage par le Hamas pendant 16 mois, posant avec son nouveau livre « Hostage » pour une photo à Herzliya, le 18 septembre 2025. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Son épouse et ses filles croyaient profondément en l’importance de prendre soin des autres, a-t-il souligné.

« Leur gentillesse et leur attention envers les autres perdureront. Des familles franchiront ces portes et recevront de l’aide, des soins et de l’espoir dans un lieu qui porte leur nom. Cela me donne de la force et me rend très fier », a ajouté Eli.

Construire lentement un avenir

Hagar Brodutch a été enlevée à Kfar Aza avec ses trois enfants et Avigail Idan, la fille de sa voisine, qui s’était réfugiée chez eux après l’assassinat de ses parents. Elles ont été relâchées lors d’un bref cessez-le-feu en novembre 2023.

Selon elle, la vie après la captivité peut s’avérer bien plus compliquée que ce qu’on en dit parfois.

« Le combat quotidien est immense, surtout pour les enfants. Je pense qu’il faudra encore de nombreuses années avant que la captivité ne devienne qu’une ombre qui nous accompagne, plutôt qu’une chose qui définit qui nous sommes », a déclaré Hagar.

Récemment, Hagar, âgée de 43 ans, a commencé à suivre des cours de pâtisserie, une passion qu’elle nourrit depuis longtemps.

« Il s’agit de bien plus que d’apprendre à faire de la pâtisserie. Il s’agit de trouver une nouvelle voie, de créer quelque chose de mes propres mains et de construire petit à petit un avenir », a-t-elle expliqué.

Hagar Brodutch, 43 ans, ancienne otage, remplissant une poche à douille lors d’un cours de pâtisserie française dans une école de cuisine, à Tel Aviv, le 16 septembre 2026. (Crédit : Shir Torem/Reuters)

« Pendant ma captivité aux mains du Hamas, j’ai commencé à comprendre que si j’étais libérée, il ne me serait peut-être plus possible de reprendre ma vie d’avant et de travailler dans le management », a expliqué Hagar.

« J’ai choisi la pâtisserie comme forme de thérapie, mais aussi comme moyen de créer quelque chose de nouveau pour moi-même, dans l’espoir qu’un jour cela puisse devenir mon métier », a-t-elle ajouté.

Kfar Aza a été l’une des communautés les plus durement touchées par l’assaut barbare et sadique du Hamas. Aviva Siegel, 65 ans, a été enlevée avec son mari Keith. Elle a été relâchée en novembre 2023, mais Keith a été retenu jusqu’en février 2025.

Aviva a rejoint le mouvement de campagne pour la libération des otages en Israël alors que son mari était encore détenu. Leurs retrouvailles, ses enfants, ses petits-enfants et même les inconnus qu’elle rencontre lui donnent de la force chaque jour, dit-elle.

« Je sens que je ne suis pas seule et qu’il y a tant d’amour dans ce monde, et que nous devons le préserver de toutes nos forces », a-t-elle déclaré.

« Je me sens très, très chanceuse d’être en vie. »

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