Opinion

La nouvelle image incendiaire du sionisme véhiculée par ceux qui haïssent Israël

Une nouvelle ligne rouge a été franchie lors d’un match de football en Angleterre la semaine dernière, dans la campagne cherchant à diaboliser, délégitimer et effacer Israël

Pancartes anti-Israël aperçues avant un match de football entre Aston Villa et le Maccabi Tel Aviv à Birmingham, au Royaume-Uni, le 6 novembre 2025. (Crédit : Captures d’écran/X, via Deen1fied sur Instagram)

Des activistes anti-Israël ont recouvert la semaine dernière les abords du stade de Birmingham d’affiches accusant le sionisme d’être « illégal », « meurtrier » et « terroriste par essence », à l’occasion du match opposant Aston Villa au Maccabi Tel Aviv.

Sur diverses banderoles, on pouvait lire « Les sionistes ne sont pas les bienvenus », « Israël tire sur des bébés à Gaza », ou encore « Carton rouge pour le sionisme » – une expression empruntée au football pour désigner une expulsion pour comportement répréhensible. Plus pernicieux encore, certaines affiches enjoignaient : « Si vous voyez un sioniste, appelez la hotline antiterroriste. »

Les supporters du Maccabi, eux, étaient absents : l’accès au match leur avait été interdit pour des raisons de sécurité (ce qui laisse songeur sur la nécessité de mobiliser 700 policiers pour sécuriser un événement dont la « menace » avait, en théorie, été écartée). Pendant ce temps, les détracteurs d’Israël poursuivaient, avec une vigueur renouvelée, leur campagne de longue date visant à diaboliser, délégitimer et, à terme, priver le seul État à majorité juive du monde de son droit à se défendre face à des agresseurs du Moyen-Orient qui affichent ouvertement leur volonté de l’anéantir.

L’une des pancartes exhortait à « appeler la hotline antiterroriste si vous voyez un sioniste », rédigée dans le ton des messages de sécurité publique destinés à mettre en garde contre les menaces terroristes. Le message visait, dans le meilleur des cas, à assimiler ceux qui défendent le droit des Juifs à une patrie à l’abri des persécutions meurtrières à la sinistre cohorte des organisations terroristes qui prennent des vies innocentes sans le moindre scrupule – et notamment les groupes islamistes extrémistes dont la raison d’être est d’éliminer Israël.

Nombre de ceux qui ont accroché ces affiches aux lampadaires autour du stade de Villa Park rejetteraient toute accusation d’antisémitisme et soutiendraient n’être « que » antisionistes. Ils diraient ne pas être hostiles aux Juifs en général, mais « seulement » aux Israéliens, ou à ceux qui se préoccupent du sort de ce minuscule territoire du Moyen-Orient – le seul endroit où la nation juive ait jamais été souveraine, et où la souveraineté juive fut restaurée par mandat de l’ONU en 1947, trop tard, hélas, pour sauver six millions de Juifs européens du génocide nazi.

Le maire élu de New York, la ville qui abrite la plus grande population juive au monde, tiendrait sans doute un discours similaire. Zohran Mamdani affirme être profondément solidaire des Juifs, dans et hors de sa ville. Pourtant, il a soutenu des partisans du groupe terroriste palestinien du Hamas, s’est montré évasif sur la question de son désarmement, a rechigné à condamner l’appel à « mondialiser l’Intifada » et appuie ardemment le mouvement BDS – Boycott, désinvestissement et sanctions. Ce dernier vise non seulement à isoler Israël, mais aussi à l’empêcher d’acquérir les armes indispensables à sa défense face à la République islamique d’Iran, au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et au Hamas.

La vérité, c’est que si votre combat pour les droits de l’homme se limite à dénoncer Israël ; si vous ne trouvez jamais le temps de manifester pour les Gazaouis assassinés par le Hamas, les populations massacrées au Soudan ou ailleurs dans le monde ; et si l’idée même de soutenir les Juifs et les Israéliens massacrés par le Hamas ne vous traverse pas l’esprit – alors, ne parlez pas de droits humains : c’est d’antisémitisme qu’il s’agit.

Cette image extraite d’une vidéo diffusée par la chaîne Telegram Al-Aqsa TV, gérée par le Hamas, le 13 octobre 2025, montre des hommes armés du Hamas exécutant des hommes aux yeux bandés, ligotés et agenouillés, entourés d’une foule dans une rue de la ville de Gaza. (Crédit : Al-Aqsa TV / AFP)

Ces derniers temps, Israël a, hélas, facilité la tâche de ses détracteurs les plus acharnés.

Sa coalition gouvernementale compte en effet des suprémacistes juifs d’extrême droite qui appellent à l’annexion de la Cisjordanie et de Gaza et prônent le « transfert volontaire » des habitants palestiniens. Ce même gouvernement qui a adopté des politiques manifestement néfastes, comme l’interdiction pendant onze semaines, au début de l’année, de l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza – dans l’espoir illusoire que cela pousserait le Hamas à libérer les otages, en arguant avec suffisance qu’il y avait déjà assez de nourriture et de ressources disponibles dans l’enclave.

On assiste, en outre, à une recrudescence des violences commises par des résidents d’implantations extrémistes et leurs partisans contre des Palestiniens de Cisjordanie, particulièrement marquée pendant la saison de la récolte des olives. Ces attaques se déroulent parfois avec la complicité tacite de soldats de Tsahal qui, au mieux, détournent le regard, et avec l’indulgence des forces de l’ordre qui, dans l’immense majorité des cas, s’abstiennent d’en poursuivre les auteurs.

Ces dérives ne font pas que nourrir la haine d’Israël ; elles éloignent aussi ses soutiens, y compris une partie croissante de la diaspora juive. Pour certains d’entre eux, le sionisme devient une cause à laquelle ils ne souhaitent plus s’identifier.

Des soldats de l’armée israélienne et un véhicule blindé se déploient (en haut à droite) tandis que des Palestiniens et des premiers intervenants tentent d’éteindre un véhicule incendié lors d’une attaque menée par des extrémistes israéliens contre des Palestiniens et d’autres militants qui s’étaient rassemblés pour la saison annuelle de la récolte des olives dans le village palestinien de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 octobre 2025. (Crédit : Jaafar ASHTIYEH / AFP)

Mais ce n’est pas cela, le vrai sionisme. Et ce n’est certainement pas ainsi que le voient la plupart des Israéliens et de ceux qui soutiennent Israël.

Le sionisme authentique consiste, en deux mots, à défendre le droit du peuple juif à un État dans sa patrie ancestrale et son droit permanent à vivre en sécurité dans l’État moderne d’Israël.

Et cet État, comme le stipule sa Déclaration d’indépendance, « sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix telles que les ont envisagées les prophètes d’Israël ; il garantira l’égalité complète des droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, d’éducation et de culture ; il protégera les lieux saints de toutes les religions ; et il sera fidèle aux principes de la Charte des Nations unies. »

En d’autres termes : un État à majorité juive, garantissant l’égalité des droits à tous ses citoyens. Une entité unique dans un Moyen-Orient largement autoritaire et non démocratique.

Une affiche sur laquelle on peut lire « Carton rouge au sionisme » sur un lampadaire près de Villa Park à Birmingham, le 6 novembre 2025, avant le match de football de la phase de groupes de l’UEFA Europa League entre Aston Villa et le Maccabi Tel Aviv. (Crédit : Oli SCARFF / AFP)

Le slogan « Si vous voyez un sioniste, appelez la hotline antiterroriste » ne se contente pas d’assimiler le sionisme au terrorisme ; il vise à légitimer le ciblage de tous ceux qui vivent en Israël ou l’aiment, en nous qualifiant tous de terroristes.

Sa diffusion, passée presque inaperçue, et sa réinterprétation malveillante du sionisme comme d’une force du mal franchissent une nouvelle ligne rouge dans les efforts internationaux visant à provoquer la disparition d’Israël. Et elle réapparaîtra sans doute, accompagnée de propos toujours plus virulents – antisionistes, anti-Israël et, bien sûr, antisémites. Et, inévitablement, d’actes.

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