Israël en guerre - Jour 197

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Ron Rahamim. (Crédit : Dafna Talmon)
Ron Rahamim. (Crédit : Dafna Talmon)
Les déracinés du 7 octobre

« La vie continue, mais il y a des fossés que l’âme ne peut pas combler »

Ron Rahamim a enseigné la photographie dans des lycées avant de prendre une année sabbatique, cette année, pour se consacrer à son art ● Aujourd’hui à Tel Aviv, il a été évacué de son habitation de l’enveloppe de Gaza ● Voici son histoire

Voici un nouveau volet de la série, « Déracinés ». Chaque article est le monologue de l’un ou l’une des dizaines de milliers d’Israéliens déplacés par la guerre contre le Hamas, évacués de la frontière nord du pays ou de l’enveloppe de Gaza.

Je suis né et j’ai grandi au Moshav Mivtahim et jusqu’à cette année, j’enseignais la photographie dans les lycées. Mon premier travail, était à l’école Makif Vav à Beer Sheva, où je travaillais avec des élèves sourds et malentendants. J’y suis resté cinq ans et, ces dernières années, j’ai enseigné à Nofei Habsor. Au début de l’année, j’ai posé une année sabbatique pour pouvoir consacrer plus de temps à mon travail de photographe.

Le 6 octobre, j’étais à la fête d’anniversaire de Mor Zipori, à côté du kibboutz Reim. On a fait la fête dans la nature et l’un des gars du groupe, Hayim Katzman, du kibboutz Holit, s’est mis aux platines. Une semaine avant, je l’avais déjà vu faire le DJ à la brasserie ISIS, au moshav Dekel. Je l’avais photographié et on avait évoqué la possibilité de se rencontrer à nouveau à la fête.

À la fin de la soirée du 6 octobre, on a pensé dormir dehors, mais on a finalement décidé de rentrer. Le lendemain, je devais faire des photos. Yahel, une collègue d’Ofakim et moi-même avions été invités à prendre des photos lors d’une fête agricole au kibboutz Beeri, à l’occasion du 77e anniversaire de sa fondation.

Le samedi 7 octobre

La journée de samedi a commencé par des interrogations : est-ce que je devais aller faire un tour en vélo, rentrer chez moi, me préparer et partir travailler ? Ou est-ce que je devais aller à Beeri, me préparer chez quelqu’un et ensuite aller travailler en partant de là-bas ? Finalement, j’ai cessé de réfléchir et le « 7 octobre » a commencé.

La fenêtre de ma chambre à coucher était ouverte – ce qui arrive rarement dans la mesure où j’aime dormir dans l’obscurité – et j’ai soudainement entendu les sirènes. Habituellement, on a droit à la première série de roquettes, puis elles se déplacent vers le nord, en direction d’Ashkelon, et vers le centre d’Israël. Mais cette fois-ci, les explosions n’ont pas discontinué.

L’habitation de Ron Rahamim au Moshav Mivtahim. (Crédit photo: Ron Rahamim)

J’ai envoyé un message à Yahel : « Que se passe-t-il ? Ils ont interrompu mon sommeil », avec une émoticône ‘Rire’. Elle a répondu : ‘Mais qu’est-ce que c’est ? Oh, mon Dieu, c’est dingue ! Nous n’avons pas eu le temps de courir dans la pièce blindée. Jamais nous n’avons entendu d’explosions telles que celles-là’. Et j’ai écrit : ‘Ils sont probablement aussi, à Beeri, en train de réfléchir à ce qu’ils vont faire’.

J’avais encore l’illusion que ça s’arrêterait à un moment ou à un autre et qu’on irait faire nos photos. Une série de tirs de roquettes, et on y va. Aussi triste que ça puisse paraître, on a l’habitude.

Je vis seul dans une maison sans pièce blindée, une habitation qui fait partie de l’exploitation agricole de mes parents. J’ai couru jusque chez eux, ce que je ne fais que rarement quand il y a les sirènes. Lors d’une courte pause, j’ai décidé de repartir chez moi et de dormir un peu avant de me rendre à Beeri. Mais soudain, j’ai entendu ma mère crier : ‘Ron, il y a des terroristes, reviens vite’, et j’ai couru pour retourner chez eux.

Mes parents avaient des informations en direct via un groupe WhatsApp de Mitvahim auquel je n’avais jamais accédé jusqu’à ce jour. Les gens écrivaient qu’ils avaient vu des terroristes, qu’ils avaient entendu des coups de feu et qu’ils avaient appelé l’armée en renfort. On avait des informations sur les victimes en temps réel et on ne comprenait pas ce qui était en train d’arriver. Je n’ai compris ce qui était en train de se produire que quand le nombre de victimes est monté à 400.

Et c’est là que nous avons eu un message disant que notre coordinateur de la sécurité, Dan Asulin et l’un des membres de l’équipe de réponse d’urgence, Tal Maman, avaient été assassinés.

J’ai demandé au secrétaire du moshav de m’ajouter au groupe WhatsApp et j’ai tenté d’aider d’aider le couple Nahum, qui habitait au moshav, à retrouver Dor, son fils, qui était allé à la rave-party Supernova. Il s’est ultérieurement avéré qu’il s’était échappé de la rave, qu’il était arrivé jusqu’à Mivtahim et qu’il avait essuyé les tirs des terroristes en compagnie de quatre de ses amis – avec parmi eux Chen Ben-Aviv, un autre membre du moshav.

Des amis font la fête à la brasserie ISIS au moshav Dekel, une semaine avant le 7 octobre. (Crédit : Ron Rahamim)

L’évacuation

Le samedi soir, j’ai envoyé un message au groupe du moshav en disant : « Je voudrais aider, qu’est-ce que je peux faire ? » On m’a répondu qu’il n’y avait pas de besoin pressant. Le jour suivant, on m’a dit qu’il fallait que quelqu’un prépare les évacuations et que je pouvais le faire, si je le voulais.

Je me suis retrouvé à prendre en charge la bureaucratie relative aux évacuations de manière approfondie. J’ai rencontré les gens qui vivaient avec moi, au moshav, et j’ai appris de nouvelles choses sur eux, leurs désirs, leurs besoins ou leurs allergies.

Ils ont partagé avec moi des choses intimes et ils ont émis toutes sortes de « demandes ». De temps en temps, je m’interrogeais : « Mais pourquoi est-ce essentiel d’être dans une chambre dotée d’un balcon en ce moment même ? C’est délirant, soyons reconnaissants d’être encore en vie ».

Je me suis très rapidement rendu compte que derrière ces requêtes « spéciales », il y avait une détresse ou un besoin profonds. J’ai essayé de conserver l’esprit pratique face à tout ça mais en fin de compte, on parle d’êtres humains, c’était compliqué.

Au cours de toutes les opérations qui avaient précédé le 7 octobre, mes parents et moi n’avions jamais évacué. Cette fois-ci, néanmoins, j’ai pris la décision de partir, malgré mes parents qui avaient décidé de rester. J’ai pris quelques vêtements, un ordinateur, mon vélo et mon matériel de photographie. J’ai écrit dans le groupe que je partais et quelqu’un m’a demandé si nous pouvions le faire ensemble. On a circulé à travers les champs et j’ai échappé à toutes les visions d’horreur, en revanche, l’armée était partout.

Premier arrêt : Pardes Hanna

Au cours de la première semaine, je suis resté avec des amis à Pardes Hanna. La majorité du temps, j’étais affairé, je me suis occupé dé la logistique des évacuations, j’ai passé des appels téléphoniques, j’ai réalisé des graphiques avec les noms, les prénoms, les numéros de téléphone, le secteur d’évacuation souhaité (Eilat ou Tel Aviv).

La famille et les amis de Chen Ben-Aviv sur sa tombe, au mois de novembre 2023. (Crédit : Ron Rahamim)

Contrairement à la plus grande partie des kibboutzim qui sont situés dans un périmètre de quatre kilomètres de la frontière dont les plans d’évacuation ont été préparés par l’armée, le moshav, pour sa part, n’était pas très organisé. Mon numéro de téléphone a commencé à partir à gauche et à droite et j’ai commencé à recevoir des appels de membres d’autres moshavim également.

Quelques jours plus tard, j’ai réalisé à quel point j’étais dépassé par les événements et j’ai réalisé aussi que je portais atteinte à l’intimité de mes hôtes. Je n’avais même pas commencé à réfléchir à ce que j’étais en train de vivre. Ils m’avaient accueilli gentiment et ils faisaient en sorte que je me sente chez moi, mais j’ai compris que ma présence venait bouleverser leur quotidien.

J’ai décidé d’aller dans un hôtel. J’ai quitté Pardes Hanna et je ne savais pas où aller quand un ami m’a appelé et qu’il m’a dit : « Viens. Nous sommes à Tel Aviv ».

Second arrêt : Tel Aviv

À mon arrivée à Tel Aviv, j’ai été m’enregistrer à l’hôtel, puis je suis allé chercher quelques affaires supplémentaires à Mivtahim, car j’ai réalisé que j’allais rester là pendant un certain temps. Ce n’était pas la peur des explosions ou des sirènes, mais plutôt la peur d’être submergé par les opérations d’évacuation et les conversations dans le lobby. Je préférais être dans un autre hôtel, loin des membres du moshav.

Mes parents ont finalement décidé d’évacuer vers un hôtel de Netanya, mais ils sont retournés à Mivtahim au bout d’un mois et demi. J’ai demandé à mon père pourquoi il y était retourné et il m’a répondu : « Je connais déjà chaque centimètre de la promenade et chaque magasin du centre commercial, et je suis allé voir mon frère cinq fois. » Il devenait fou là-bas.

Mon père est un travailleur, un agriculteur. Il cultive depuis des années des tomates, des concombres et des poivrons. Mon cousin s’occupait de l’agriculture dans le moshav et mon père l’aidait un peu avec d’autres volontaires.

Des personnes évacuées du sud devant un hôtel de Tel Aviv. (Crédit : Ron Rahamim)

Après un mois à l’hôtel, j’ai déménagé dans un autre hôtel à Tel Aviv. Le personnel du premier hôtel était formidable, mais le bâtiment était froid et sombre, et j’avais l’impression qu’il se refermait sur moi. La chambre de l’hôtel que j’occupe actuellement est nettement plus petite que celle de l’hôtel précédent, mais elle est bien éclairée, dispose d’un balcon et je ne m’y sens pas claustrophobe.

Je m’adapte et j’essaie de faire la part des choses. Bien sûr, ce n’est pas « confortable », je n’ai pas mes trois vélos, et une partie de mon matériel photographique est dans la voiture parce que je n’ai pas de place pour le ranger, mais je m’en sors plutôt bien.

Je n’ai pas l’impression d’être un « réfugié » parce que je suis toujours dans mon pays, que je parle hébreu et que mes besoins fondamentaux sont pris en charge par l’État. J’ai un toit au-dessus de ma tête, de la nourriture, et un soutien civil. De nombreuses organisations d’aide ont été créées en un jour, même si je n’en ai contacté aucune. Mes besoins étaient surtout de l’ordre psychologique, et j’ai obtenu une réponse à chacune de mes demandes.

Je sais que c’est différent pour tout le monde. Quand on n’a pas d’enfants et qu’on n’est pas directement responsable d’autres personnes, le niveau de stress n’est pas le même. Néanmoins, le stress émotionnel est difficile à mesurer. Tout ce que je sais, c’est qu’en un seul instant, ma vie a basculé.

Voyages vers Otef Azza

La première fois que je suis retourné au Moshav, c’était deux semaines après le début de la guerre, et j’ai été choqué. J’avais l’impression d’arriver dans un cimetière, malgré les bruits de la guerre en arrière-plan. En temps normal, la région est calme, mais pleine de vie.

Aujourd’hui, même si c’est relativement calme, ce n’est pas le calme auquel je suis habitué. On entend à peine le bruit des tracteurs et des oiseaux. Il n’y a pas de familles et il n’y a plus vraiment de vie ici, même si certaines choses fonctionnent encore, comme l’équipe d’intervention d’urgence, les agriculteurs, et l’épicerie.

Une serre agricole au Moshav Mivtahim. (Crédit : Ron Rahamim)

J’ai vu un moshav devenir un avant-poste militaire, avec des tas de sable à l’entrée et des soldats allongés en travers et qui pointent une arme sur vous.

À chaque visite, mon cœur bat et je me réjouis, puis je vois les traces de ce qui s’est passé. La route 232 est endommagée et il reste des vestiges de voitures brûlées sur le bord de la route. Avec le temps, la guerre s’est un peu calmée, mais la région reste une zone militaire. Je vois bien qu’il n’y a pas moyen de gagner sa vie, ni plus aucune vie sociale dans le moshav, car il est pratiquement vide.

La semaine dernière, je suis allé à Mivtahim pour un week-end entier, pour la première fois. Avant le 7 octobre, je ne pensais pas vouloir continuer à vivre près de Gaza, mais maintenant, à chaque fois que j’y vais, j’ai l’impression que les cartes ont été rebattues. Rien n’est clair, rien n’est gravé dans le marbre.

L’envie de partir m’est venue initialement en raison des changements survenus dans mon travail. Pour moi, Tel Aviv n’était pas un lieu permanent, mais plutôt une sorte de porte d’entrée dans le monde de la photographie. Aujourd’hui, en raison de mon implication dans les opérations d’évacuation, j’ai reçu une offre d’emploi intéressante près de Gaza. Une porte professionnelle vient de s’ouvrir et je ne sais plus où j’en suis.

Rendez-vous avec l’angoisse

Il y a quelques jours, pour la première fois depuis le 7 octobre, j’ai eu une crise de panique. J’étais en rendez-vous avec une conseillère d’orientation et soudain la porte s’est ouverte et j’ai sursauté. Elle m’a dit que tout allait bien et que ce n’était que le voisin, mais je me suis levé pour vérifier. Je voulais m’assurer que tout était vraiment normal et ensuite j’ai commencé à pleurer. Je n’aurais jamais imaginé avoir une telle réaction à une porte qui s’ouvre et à un bruit inconnu.

La plupart du temps, je me sens fort et j’arrive à me maîtriser. Parfois, je sens mon cœur battre et je comprends que ce n’est pas seulement à cause de ce que nous avons vécu et des personnes que nous avons perdues, mais aussi parce que je n’ai pas mes points de repère ni mes amis.

Champs agricoles au Moshav Mivtahim. (Crédit : Ron Rahamim)

Je me suis rendu compte que je n’étais pas immunisé et que j’étais sensible aux événements. La vie continue, mais il y a des fossés que l’âme ne peut pas combler.

L’avenir

Ma principale préoccupation est à présent de savoir comment gagner ma vie. Au début de l’année, je m’étais lancé en tant que freelance, mais tout s’est arrêté. Je dois reconnaître que depuis la catastrophe, j’ai rencontré des gens formidables. Une personne m’a mis en contact avec un projet de photographie, l’assistante sociale qui m’a aidé au début s’occupe toujours de moi, et des gens m’ont aidé bien au-delà de leur devoir.

Beaucoup de gens me conseillent de faire ma propre publicité pour proposer mes services comme photographe, mais quelque chose me retient. Parfois, je me dis qu’il n’est pas juste ou éthique de me mettre en avant en ce moment.

Pourquoi ce n’est pas bien ? Votre vie a été bouleversée

Il m’est difficile de dire que je viens de l’enveloppe de Gaza et que je cherche du travail. J’ai l’impression que ce serait profiter de la situation. Je me suis inscrit à plusieurs projets professionnels et j’ai décroché quelques emplois de cette manière.

J’ai également rencontré un conseiller d’orientation professionnelle du Maof qui m’a aidé et m’a même invité à prendre des photos lors d’une vente événementielle pour venir en aide aux entreprises de l’enveloppe de Gaza, mais quand je suis arrivé, je ne me suis pas senti à l’aise. Je me suis senti comme un pauvre mendiant, et je déteste me sentir comme ça. J’ai eu l’impression que les responsables ne m’avaient invité à prendre des photos non pas parce qu’ils en avaient besoin, mais parce qu’ils avaient pitié de moi, et j’ai eu du mal à l’accepter.

Il y a quelques jours, je suis allée photographier un autre événement. Ils essayaient d’être gentils avec moi, mais je savais que s’ils ne m’avaient pas appelé, ils auraient appelé quelqu’un d’autre, alors j’y suis allé. Quand ils m’ont demandé d’où je venais, je leur ai dit que j’étais désolé, mais que je préférais ne pas en parler. Nous étions là pour faire la fête.

Ron Rahamim. (Crédit : Dafna Talmon)

J’essaie de me créer une routine. Je me suis joins à des groupes de cyclistes à Tel Aviv pour rester sain d’esprit et j’arrive aux randonnées enthousiaste, mais au milieu du trajet, je tombe sur une photo d’Ofer Calderon de Nir Oz, qui a été pris en otage avec deux de ses enfants. On faisait parfois du vélo ensemble. Ses enfants ont été libérés des mains du Hamas, mais lui est toujours détenu. Je marche dans les rues de Tel Aviv et je vois des photos d’otages que j’ai connus, certains d’entre eux étaient mes étudiants.

Il y a quelques semaines, je suis allée dans un café pour une rencontre. Lorsque nous sommes entrés, j’ai vu un groupe de jeunes nous faire signe. En m’approchant, j’ai réalisé que c’étaient mes étudiants. Mon cœur a explosé de joie.

Je les ai regardés un par un pour voir comment ils allaient et parmi eux se trouvait Liam Or, de Reim, qui venait d’être libéré deux jours plus tôt de la captivité du Hamas et qui avait l’air si maigre. Je l’ai serré dans mes bras et j’étais partagé entre l’envie de rester et de m’asseoir avec eux et celle d’aller m’asseoir avec cette femme que j’étais venu rencontrer.

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

Les grands espaces ouverts me manquent vraiment. Parfois, j’ai l’impression que la ville est trop grande pour moi. La décision de rester dans le centre pour le moment est principalement liée au travail et à la nécessité pour moi de gagner ma vie, ainsi qu’au désir d’expérimenter une vie différente, mais la paix et la tranquillité me manquent.

De nos jours, il est de bon ton de chercher le bon côté des choses, de trouver la lumière dans l’obscurité et de voir le meilleur en tout. Mais je ne sais pas s’il y a quelque chose de bon à tirer de cette période. Si c’est le cas, je ne le vois toujours pas.

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