Le dernier hommage rendu au commandant de char Omer Neutra

'Tu es venu ici seul, tu t'es enrôlé et tu t'es battu', dit Isaac Herzog lors des funérailles du soldat seul ; Omer 'a couru vers le bruit des coups de feu', dit le chef du CENTCOM

Le cercueil du soldat Omer Maxim Neutra, tombé au combat contre le Hamas, et dont le corps a été retenu otage pendant 2 ans, porté par ses camarades le jour de son enterrement, à Tel Aviv, le 7 novembre 2025. (Crédit : Danor Aharon/Mouvement de protestation israélien pour la démocratie)

Le commandant de char Omer Maxim Neutra a été enterré vendredi au cimetière Kiryat Shaul, à Tel Aviv.

Ses parents et son frère ont récité le Kaddish, la prière de deuil, vêtus de tee-shirts noirs à l’effigie d’Omer, ornés de rubans jaunes et de morceaux de ruban adhésif sur lesquels était inscrit le numéro 763, en référence aux 763 jours de captivité des six derniers otages toujours détenus à Gaza.

Le président Isaac Herzog a prononcé le premier éloge funèbre, exprimant sa profonde gratitude envers ce « héros » qui allait enfin reposer en paix.

« La plupart d’entre nous ici n’ont pas eu l’occasion de te rencontrer personnellement », a déclaré Herzog.

« Mais nous tous, toute la nation, nous avons le sentiment que tu fais partie intégrante de nos vies, car tu nous as choisis lorsque tu es venu ici seul, que tu t’es enrôlé et que tu t’es battu. »

Omer, un soldat seul originaire de New York, servait en tant que commandant de peloton de chars dans le 77ᵉ bataillon de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé de l’armée israélienne.

Omer Neutra, né aux États-Unis, pris en otage par le Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

Herzog a évoqué le sionisme d’Omer et sa décision de reporter ses études universitaires pour s’enrôler dans Tsahal en tant que soldat seul, avant de devenir soldat de combat.

« Nous avons attendu pour pouvoir t’enterrer. Pour vous donner, à vous, la famille Neutra, un endroit où vous recueillir, pleurer et vous unir à Omer après plus de deux ans de souffrance », a poursuivi Herzog.

« C’est une façon douloureuse de boucler la boucle. »

Le président a décrit la bataille que l’équipage du char d’Omer a menée, « de Nirim à Nir Oz », le 7 octobre 2023.

« Vous saviez que vous risquiez votre vie, mais vous vous êtes battus, empêchant ainsi de nombreux autres terroristes de pénétrer davantage sur le territoire israélien », a rappelé Herzog.

« C’était une bataille de vie ou de mort. »

Il a évoqué le combat courageux mené par chaque membre de la famille Neutra, qui a « frappé à toutes les portes » et a su se faire connaître dans tous les lieux où les décisions sont prises.

« Je vous promets que le souvenir d’Omer restera à jamais gravé dans nos mémoires », a déclaré Herzog.

La famille du capitaine Omer Neutra, dont le corps a été rendu depuis Gaza, lors de ses funérailles, au cimetière militaire Kiryat Shaul, à Tel Aviv, le 7 novembre 2025. (Crédit : Danor Aharon/Mouvement de protestation israélien pour la démocratie)

L’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a rendu hommage au soldat américano-israélien.

En tant que soldat, commandant et père, il est venu pour rendre hommage à la vie d’Omer.

« Tous ceux qui ont porté l’uniforme comprennent la possibilité du sacrifice ultime », a déclaré Cooper.

« Nous transpirons, nous menons et espérons que cela n’arrivera jamais. Omer a fait le sacrifice ultime au service d’une cause supérieure. »


« Tu as incarné le meilleur des deux pays », a poursuivi Cooper.

« Tu t’es inscrit dans l’histoire comme un héros des deux pays, partie intégrante de la promesse américaine et de la défense d’Israël. »

Il a évoqué les longues nuits de la famille Neutra, les levers de soleil qui apportaient une prière renouvelée, et les conflits qui surgissaient à chaque coucher de soleil.

« Tu as choisi d’être un guerrier, un ‘lohem’ », a déclaré Cooper, utilisant le terme en hébreu pour désigner un soldat de combat.

Cooper a évoqué le choix d’Omer de servir dans un char Merkava, à la tête d’une unité tactique, et a décrit une partie de la bataille qui s’est déroulée ce jour-là.

« Il a fait ce que font les personnes audacieuses et courageuses : il a couru vers le bruit des coups de feu. »

« Il aurait pu attendre, se reposer, ne rien faire, mais ce n’était pas le genre de ce héros. »

Il a ensuite lu le commandement de la Torah : « Ne reste pas indifférent au sang de ton prochain. »

« Il a vécu ces mots », a-t-il poursuivi.

Cooper a transmis les condoléances de Steve Witkoff et Jared Kushner, ainsi que leur espoir que l’enterrement apporte un peu de réconfort et de paix. Il a également mentionné les derniers six otages morts qui doivent être rendus à Israël : Hadar Goldin, Ran Gvili, Meny Godard, Dror Or, Lior Rudaeff, et Sudthisak Rinthalak.

« Omer, bienvenue chez toi. Nous ne t’oublierons pas », a-t-il conclu, avant d’utiliser l’expression en hébreu « Yehi zichro baruch » – « Que sa mémoire soit une bénédiction ».

Lors des funérailles d’Omer, auxquelles ont assisté des milliers de personnes, la cérémonie a été dirigée par le comédien Guri Alfi, un ami de la famille.

L’ancien otage Nimrod Cohen aux funérailles d’Omer Neutra, à Tel Aviv, le 7 novembre 2025. (Crédit : Paulina Patimer/ Forum des familles des otages)

« Il est devenu un pont et un esprit qui anime chacun d’entre nous », a déclaré Alfi.

Omer a également été salué par des commandants de Tsahal, des cousins et des amis de longue date venus des États-Unis, par le rabbin de son enfance à Long Island, ainsi que par l’artiste Ishay Ribo, qui a chanté lors de ses funérailles.

L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzl Halevi, l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et l’ancien otage Nimrod Cohen, qui était membre de l’équipage du char d’Omer, étaient également présents.

Son commandant a fait remarquer qu’Omer aurait pu avoir « une vie beaucoup plus facile, mais qu’il avait choisi autre chose » afin de pouvoir servir la patrie qu’il chérissait tant.

Daniel Neutra s’est exprimé en anglais lors des funérailles de son grand frère.

Il a évoqué les rares réunions familiales depuis que son frère était parti seul en Israël pour faire son service militaire.

« Nous voici, tous réunis à nouveau, après deux ans et demi, la plus longue période que nous ayons jamais passée séparés », a déclaré Daniel.

Un ami lui a demandé si son frère serait enterré en Amérique, mais Omer avait choisi Israël.

Daniel Neutra, frère du capitaine Omer Neutra, s’exprimant lors de ses funérailles, au cimetière militaire de Kiryat Shaul, à Tel Aviv, le 7 novembre 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Il refusait de dire qu’il était un ‘soldat seul’ parce qu’il ne supportait pas les regards admiratifs », a raconté Daniel.

« Et finalement, c’est pour ça que tu es ici plutôt que là-bas », a-t-il dit en désignant la tombe de son frère.

Il a souligné que ce n’était pas la première cérémonie organisée en l’honneur de son frère, puisqu’un service commémoratif avait déjà eu lieu en décembre 2024, après la confirmation de sa mort.

La famille d’Omer n’avait rien su de son sort pendant plus d’un an, jusqu’à ce qu’en décembre 2024, les autorités israéliennes confirment qu’il avait été tué le 7 octobre et que son corps avait été pris en otage. Sa famille a observé la shiva, la semaine de deuil rituelle, mais n’a pas organisé de funérailles.

« C’est comme pour ta bar mitzvah : nous en avons fait une ici et une autre là-bas », a déclaré Daniel.

Il a souligné qu’il y avait quelque chose d’anormal dans le fait de faire shiva pour Omer l’an dernier, car la famille n’avait pas eu le privilège de pouvoir envisager de passer à autre chose ensuite.

Il a expliqué qu’il avait écouté l’enregistrement provenant du char de son frère alors qu’ils étaient confrontés à des terroristes redoutables, et que son frère avait bravé la fumée pour parler à la radio.

« Tu as demandé des renforts, mais personne n’est venu », a poursuivi Daniel.

Des gens lui ont dit qu’il ressemblait à son frère, ce qui n’a pas toujours été le cas.

« J’ai fait le calcul », a continué Daniel.

« Nous avons maintenant le même âge. Aujourd’hui, j’ai exactement trois jours de plus que toi la dernière fois que nous nous sommes enlacés. »

Ronen Neutra a décrit la dernière bataille de son fils le 7 octobre 2023 et le « chaos auquel il n’aurait jamais pu se préparer ».

Il a parlé de l’amour que son fils portait à son équipage de char et de la confiance et de l’affection que ceux-ci lui témoignaient en retour.

« Tu étais quelqu’un de rare, un Américain au cœur ouvert et un Israélien au cœur chaleureux », a déclaré Ronen.

Il a remercié tous ceux qui se sont battus pour ramener Omer, qui n’ont pas abandonné : les soldats de Tsahal, les commandants, les services de renseignement, les communautés en Israël et à l’étranger, ainsi que le Forum des otages.

La famille du capitaine Omer Neutra lors de ses funérailles, au cimetière militaire Kiryat Shaul, à Tel Aviv, le 7 novembre 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Il a également remercié l’administration américaine et ses émissaires en anglais.

Il a ensuite dit à son fils : « Merci d’avoir été le nôtre pendant vingt-deux ans moins une semaine. »

Orna Neutra a parlé de son « fils parfait et accompli ».

Elle a indiqué que son fils était connu pour sa chaleur et sa lumière, le houmous qu’il préparait, son humour, son amour des hamburgers avec toutes les garnitures, et son plaisir à croquer des glaçons.

Orna a lu une lettre qu’elle avait écrite à son fils en 2019, lorsqu’il était parti en Israël pour s’engager en tant soldat seul. Elle y expliquait qu’il était nécessaire de le laisser prendre son indépendance et suivre son propre chemin, même si ses parents s’inquiéteraient pour lui tout au long de son service.

« “Mes parents feraient n’importe quoi pour moi”, disais-tu à tes amis sur la plage, deux jours avant que tu ne nous sois enlevé. Et tu avais raison. »

« Et cette phrase est devenue notre boussole tout au long de ces deux années de lutte : te ramener à la maison. »

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