Israël en guerre - Jour 201

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Des militants pro-palestiniens menés par Nerdeen Kiswani organisant une manifestation "Globalize the Intifada" contre Israël et en soutien aux prisonniers de sécurité palestiniens à New York, le 17 septembre 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Des militants pro-palestiniens menés par Nerdeen Kiswani organisant une manifestation "Globalize the Intifada" contre Israël et en soutien aux prisonniers de sécurité palestiniens à New York, le 17 septembre 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Les orateurs anti-israéliens de CUNY ont mené une manifestation antisémite en 2022

Des étudiants en droit de CUNY, membres d’un groupe qui prône la destruction d’Israël, s’étaient adressés à la foule avant qu’un participant ne tabasse un contre-manifestant juif

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

NEW YORK – Lors d’un rassemblement pro-palestinien dans le centre de Manhattan l’année dernière, plusieurs activistes se sont éloignés de la manifestation pour se lancer à la poursuite d’un contre-manifestant juif dans une rue adjacente.

Alors que l’homme, qui portait un drapeau israélien et tenait une béquille, s’éloignait de la manifestation, ils lui ont couru après, tout en lui criant des obscénités.

Dans une vidéo de l’incident, on entend un homme masqué crier : « Yo, putain de saleté de drapeau, ouais ».

Après l’altercation, l’attaque, qui a également été filmée, a laissé Matt Greenman étalé sur le sol, ensanglanté et couvert d’ecchymoses, à la suite de coups de poing portés à son visage, sous le regard de passants choqués. Son drapeau a été arraché au cours de l’attaque. Un des agresseurs, Saadah Masoud, a été incarcéré pour crime de haine au niveau fédéral.

En tête de la marche figuraient deux manifestantes étudiant le droit à la faculté de droit de la City University of New York (CUNY), Nerdeen Kiswani et Fatima Mohammed, membres d’un groupe d’activistes impliqués dans d’autres agressions antisémites à New York.

Kiswani a prononcé le discours de rentrée de la faculté de droit de CUNY trois semaines après cette attaque et, le mois dernier, Mohammed a prononcé le discours de rentrée de la promotion 2023. Ces deux discours contenaient la plupart des invectives anti-israéliennes proférées lors du rassemblement. Le discours a déclenché un nouveau tollé qui a secoué le vaste système universitaire public de la ville, confronté à des allégations d’antisémitisme généralisé sur ses campus.

Dans son discours de remise des diplômes le mois dernier, Mohammed s’en est prise à plusieurs reprises à Israël, accusant l’État juif de commettre des meurtres « sans distinction », d’encourager les « lynchages spontanés » et avait invité à résister au « sionisme partout dans le monde ». Dans des propos qualifiés d’antisémites par les principaux groupes juifs, elle a déclaré que les « donateurs » et les « investisseurs » réprimaient toute critique à l’égard d’Israël.

L’année dernière, Kiswani avait elle aussi mis l’accent sur la cause palestinienne dans son discours. Elle avait notamment affirmé qu’elle était la cible d’un « harcèlement sioniste » de la part de groupes liés au gouvernement israélien.

Les deux discours ont provoqué un tollé national, et des membres du Congrès sont intervenus et ont introduit des lois en réponse à ces discours.

Le débat sur les campus porte sur les limites de la protection de la liberté d’expression et de l’anti-sionisme, et sur la question de savoir quand activisme anti-israélien se transforme en discours de haine, de discrimination et d’incitation.

Il a également attiré l’attention sur ce que certains étudiants considèrent comme un environnement discriminatoire pour les Juifs au sein de la CUNY, un système qui fait depuis longtemps partie du tissu social de la ville, qui compte 25 établissements répartis dans les cinq arrondissements de New York, plus de 240 000 étudiants et environ 40 000 employés.

CUNY Law est l’une des institutions les plus connues du système et un bastion de la politique progressiste et activiste.

Fatima Mohammed prononce un discours à la CUNY School of Law (Crédit : Capture d’écran Youtube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le rassemblement d’avril 2022 organisé à proximité du consulat d’Israël à Manhattan avait été organisé par le groupe de pression de Kiswani, Within Our Lifetime, et annoncé comme un « rassemblement d’urgence à New York pour soutenir la résistance et la libération de la Palestine par tous les moyens nécessaires ». Mohammed est également membre de l’organisation.

Avant l’attaque, Kiswani avait scandé des slogans du type « Sionistes, vous ne pouvez pas vous cacher, nous vous condamnons pour génocide », debout devant une banderole sur laquelle était écrit « Mondialiser l’intifada ». Elle a reproché à Israël de tuer sans discernement et a appelé à « la mobilisation collective jusqu’à ce que chaque centimètre carré de la Palestine soit libéré, du fleuve à la mer, par tous les moyens nécessaires ».

L’expression « du fleuve à la mer » est largement considérée comme un appel à la destruction d’Israël et est utilisée par l’organisation terroriste Hamas. Kiswani a également fait l’éloge des « représailles de Gaza », lors d’une escalade de la violence entre Israël et les groupes terroristes de Gaza. Le slogan « par tous les moyens nécessaires » est considéré comme une justification à la résistance par la force.

« Nous appelons à la fin du sionisme et oui, nous appelons à la fin de l’État colonisateur d’Israël. Aucun État colonisateur n’a le droit d’exister », l’entend-on déclamer avant de féliciter la section de CUNY Law de l’association Students for Justice in Palestine pour sa participation au rassemblement.

Des manifestants pro-palestiniens se rassemblent contre Israël, dans le Bronx, à New York, le 31 mai 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Mohammed a lancé à la foule : « Gloire aux martyrs, gloire à la résistance, gloire aux Palestiniens qui se battent sur leur terre. Gloire à chaque personne qui jette des pierres ».

« De plus grands empires se sont écroulés sous nos pieds et Israël s’écroulera aussi, ce n’est qu’une question de temps, mais par Allah, je le jure, et par la gloire de la résistance, cela arrivera », a-t-elle déclaré.

Elle a accusé Israël de « faire pleuvoir ses balles et d’avoir touché à Al Aqsa pendant le mois sacré du Ramadan », dans des propos similaires à ceux qu’elle avait tenus lors de son discours d’entrée en fonction à la CUNY Law.

D’autres propos de Kiswani et de Mohammed ont fait écho à certaines des déclarations faites lors des discours de remise des diplômes, notamment le rapprochement entre Israël et les allégations de brutalité contre la police de New York, la diabolisation des États-Unis et ses relations avec l’État juif, ainsi que l’utilisation de l’expression « par tous les moyens nécessaires ».

Après les discours, les manifestants ont défilé sur Lexington Avenue, avec Kiswani et Mohammed en tête de cortège. Des membres du groupe marginal haredi Neturei Karta étaient présents dans la foule.

Kiswani a lancé des slogans « de la rivière à la mer », tandis que Masoud, étudiant au Baruch College de la CUNY (d’après son profil LinkedIn), marchait à ses côtés en tête de la manifestation.

Alors que les manifestants descendaient l’avenue, plusieurs d’entre eux se sont détachés du groupe pour pourchasser Greenman, qui marchait dans la direction opposée à celle du cortège. Une vidéo filmée par les manifestants montre Masoud courant après Greenman et lui hurlant dessus, ainsi qu’un autre manifestant qui a lancé à Greenman des insultes antisémites en arabe tout en criant des obscénités.

Un groupe de surveillance, la Canary Mission, a identifié le deuxième homme comme étant Suleiman Othman, qui avait été arrêté quelques mois avant la manifestation pour avoir attaqué un homme juif lors d’une attaque distincte. Il portait un masque lorsqu’il poursuivait Greenman, mais on le voit plus tard, sur une vidéo, retirer son masque après avoir rejoint le rassemblement alors qu’il se trouve en tête de la manifestation.

Masoud a rattrapé Greenman, l’a jeté sur le trottoir, et lui a donné plusieurs coups de poing au visage, le blessant, avant de lui arracher son drapeau. L’attaque n’aurait pas été visible depuis l’avant de la manifestation, comme l’indiquent les images de l’événement. Bien que la police fut en charge de la sécurité de la marche, elle ne semble pas avoir été informée de l’agression, qui a été filmée par un passant.

La vidéo montre Masoud revenant en courant vers la tête du cortège, brandissant le drapeau arraché à Greenman, puis marchant à côté de Kiswani, qui parle avec Othman pendant qu’il met le feu au drapeau de Greenman.

Les deux hommes semblent bien connaître les leaders de la manifestation. Mohammed se trouve à quelques mètres de là, en tête du rassemblement, tandis que les militants piétinent le drapeau en flammes de Greenman.

À la fin de la marche, la foule s’est rassemblée autour d’une fontaine près de Central Park. Masoud se tenait à côté de Kiswani sur la structure pendant qu’elle s’adressait aux manifestants.

« Nous savons que les attaques contre le peuple palestinien ne cesseront pas tant que le sionisme ne sera pas anéanti, tant que le sionisme, le colonialisme et toutes ses institutions ne s’effondreront pas et tant que ce qu’on appelle Israël ne cessera pas d’exister », a déclaré Kiswani.

Trois semaines plus tard, Kiswani prononçait le discours d’ouverture de l’année 2022 de la faculté de droit de CUNY.

Des manifestants anti-israéliens appellent à l’intifada lors d’une manifestation à New York, le 17 septembre 2021. Illustration(Luke Tress/Flash90)

Dans un communiqué sur le discours de Kiswani, CUNY Law a loué l’activisme de Kiswani au sein de Within Our Lifetime, pour son rôle à la tête du groupe Students for Justice in Palestine (étudiants pour la justice en Palestine) et pour ses rassemblements anti-israéliens, alors que l’agression avait déjà été signalée. La faculté semble avoir supprimé le communiqué dans les six derniers mois et a refusé tout commentaire à ce sujet.

La faculté de droit a aussi publié une déclaration de soutien à Kiswani en 2021.

Après l’arrestation de Masoud en juin de l’année dernière, les enquêteurs fédéraux ont déclaré qu’il avait attaqué deux autres Juifs dans le courant de l’année précédant la manifestation.

Il avait planifié ces agressions avec des co-conspirateurs dans un chat de groupe. Les agresseurs se sont donnés des conseils comme, se couvrir le visage pour échapper aux poursuites, ou utiliser le terme « sionistes » plutôt que « juifs », afin d’éviter toute accusation d’antisémitisme. Un des membres du groupe a enchaîné en disant : « Fuck all Jews » [« J’emmerde tous les Juifs »]. Les documents judiciaires montrent également que le groupe a discuté de la possibilité d’apporter des armes, y compris des cocktails Molotov, lors d’un rassemblement en 2021.

Kiswani a manifesté pour soutenir Masoud après son arrestation par la police lors d’un autre incident en 2021.

Matt Greenman après avoir été attaqué par des manifestants pro-palestiniens le 20 avril 2022. (Crédit : Matt Greenman)

En mars, Masoud a été condamné à 18 mois de prison par un juge fédéral pour trois agressions contre des personnes portant des symboles juifs ou israéliens, dont le passage à tabac de Greenman. Son inculpation pour crime de haine a été prononcée au moment où plusieurs groupes juifs demandaient des mesures préventives à l’encontre des crimes antisémites.

Selon l’avocat de Greenman, Gerard Filitti, les ramifications juridiques pourraient être plus étendues si cette attaque pouvait être liée à la rhétorique utilisée lors de la manifestation, par exemple en vertu d’une loi de l’État interdisant l’incitation à l’émeute.

« Cela doit se produire lors d’un rassemblement ou d’un événement où quelqu’un, comme Kiswani ou Mohammed, incite les gens à la violence et où des actes de violence se produisent à proximité temporelle », a déclaré Filitti, avocat pour le groupe de défense juif « Lawfare Project ». « Comme c’est le cas avec Matt Greenman, où nous avons pu constater des appels à la mondialisation de l’intifada et à la résistance par tous les moyens lors de la manifestation », a-t-il ajouté.

« Les manifestants répètent en boucle le slogan d’une organisation terroriste désignée, ‘de la rivière à la mer’, qui est le slogan du Hamas, et dans les minutes qui suivent ces chants, ces cris, Matt Greenman est attaqué », a-t-il ajouté.

Il a exhorté le procureur de Manhattan, Alvin Bragg, à poursuivre l’enquête sur les co-conspirateurs présumés de Masoud, qui n’ont pas été poursuivis.

Un autre militant qui a manifesté avec le groupe de Kiswani, Within Our Lifetime, a été condamné mardi à 18 mois de prison pour avoir battu un juif, Joey Borgen, avec quatre autres agresseurs lors d’un rassemblement à Manhattan en 2021.

Saadah Masoud, un militant pro-palestinien, peu avant de battre un homme juif dans une rue de New York, le 20 avril 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

La « boîte à outils » de protestation du groupe comprend des chants exhortant à l’expulsion des sionistes, rejetant la solution à deux États, et des appels à « écraser l’État colonisateur sioniste ». Sa plateforme exprime clairement son opposition à « l’intégralité du projet sioniste d’implantations coloniales » et embrasse « toutes les formes de résistance palestinienne ». Elle demande également aux participants de « ne pas enregistrer, publier ou parler librement de quoi que ce soit qui pourrait causer des ennuis judiciaires à quiconque. »

Within Our Lifetime compte Mohammed parmi ses membres et a fait campagne en sa faveur et contre la CUNY depuis son discours du mois dernier. Le groupe a débuté en tant que section new-yorkaise de Students for Justice in Palestine, et a changé de nom en 2019. Il refuse de parler à la « presse sioniste » et n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

L’association Students for Justice in Palestine de CUNY Law a organisé un événement avec Kiswani et Mohammed peu avant l’attaque de 2022 et a exprimé à plusieurs reprises son soutien à Within Our Lifetime. Ni Within Our Lifetime ni Students for Justice in Palestine de CUNY Law ne semblent avoir commenté les attaques et ils ont continué à participer aux manifestations depuis lors. Students for Justice in Palestine (CUNY Law) et Kiswani n’ont pas non plus répondu aux demandes de commentaires. Les coordonnées de Mohammed n’ont pas pu être trouvées.

Mohammed a prononcé son discours de remise des diplômes le 12 mai. CUNY Law avait fermé la vidéo de l’événement au public, mais l’a rendue publique quelques semaines plus tard, après avoir été critiquée par les deux camps, ce qui a déclenché un tollé général. Le Times of Israel a été le premier à diffuser la vidéo et à révéler en détail les propos tenus.

Le conseil d’administration de la CUNY a condamné le discours comme étant un « discours de haine » à la fin du mois dernier.

La semaine dernière, il y a eu des retombées supplémentaires à l’événement. Ari Kagan et Inna Vernikov, membres du conseil municipal de New York, ont demandé à la CUNY et à l’association du barreau de prendre des mesures. Josh Gottheimer, représentant de la Chambre des représentants des États-Unis, a demandé au ministère américain de l’Éducation d’enquêter sur le discours de remise des diplômes et il a signé une proposition de loi visant à priver de financement public les universités qui « autorisent des événements antisémites ». Au moins quatre représentants de la Chambre des représentants des États-Unis, un sénateur et des dizaines de fonctionnaires de la ville et de l’État ont condamné le discours.

Mercredi dernier, des défenseurs de la cause juive ont manifesté devant le bureau du chancelier de la CUNY pour exiger une réaction, notamment la révocation du doyen de la faculté de droit de la CUNY.

L’Association américaine des avocats et juristes juifs, le National Jewish Advocacy Center et l’International Legal Forum ont demandé cette semaine à l’association du barreau américain de révoquer l’accréditation de la faculté de droit de CUNY.

Face à cela, le syndicat du corps professoral et du personnel de CUNY, qui représente 30 000 personnes, le Professional Staff Congress, a publié lundi une déclaration condamnant le système universitaire pour avoir qualifié le discours de Mohammed de « discours de haine » et a exigé une rétractation.

Un groupe de défense de la liberté d’expression, la Foundation for Individual Rights and Expression, a défendu le discours de Mohammed comme un « discours politique fondamental » qui « doit être protégé par le premier amendement ».

« Pour qu’un discours soit punissable, il doit entrer dans une catégorie de discours non protégés, notamment le harcèlement discriminatoire, les menaces réelles ainsi que l’incitation à la violence. Les critères pour chacune de ces catégories sont extrêmement stricts et les propos de Mohammed n’y répondent pas », a déclaré la fondation au Times of Israel la semaine dernière.

Illustration : Des étudiants du Brooklyn College sur le campus à New York, le 1er février 2017. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

L’antisémitisme présumé sur les campus de CUNY est un réél problème depuis des années. Les étudiants et les enseignants juifs se disent victimes de harcèlement systématique et ont exigé que l’administration prenne des mesures.

L’année dernière, le ministère américain de l’Éducation a ouvert une enquête sur des allégations de harcèlement généralisé d’étudiants juifs au Brooklyn College de la CUNY. L’agence fédérale a ouvert plusieurs autres enquêtes similaires sur les campus américains, dont beaucoup se concentrent sur la question de savoir si l’antisionisme équivaut à de l’antisémitisme.

Le syndicat des enseignants de CUNY a fait passer des résolutions anti-israéliennes, ce qui a déclenché des réactions négatives de la part de professeurs juifs. La faculté et le corps étudiant de CUNY Law ont adhéré au mouvement anti-israélien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Le système universitaire a affirmé qu’il avait pris des mesures pour améliorer les conditions pour les Juifs sur le campus.

Au début du mois, CUNY s’est associé au Jewish Community Relations Council of New York et à la Foundation to Combat Antisemitism dans le cadre d’une campagne contre le racisme anti-juif. Le système universitaire a également annoncé la création d’un nouveau conseil consultatif sur la vie juive.

Un groupe universitaire représentant professeurs et étudiants sionistes, SAFE CUNY, a exigé des mesures plus concrètes, notamment l’adoption officielle par la CUNY d’une définition de l’antisémitisme incluant certaines des formes de critiques à l’égard d’Israël.

À la fin de l’année dernière, la CUNY s’est engagée à prendre une série de mesures pour lutter contre l’antisémitisme sur ses campus, notamment un partenariat avec Hillel, un portail en ligne pour signaler les discriminations et un financement de 750 000 dollars pour des programmes de lutte contre la haine.

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