Suite aux menaces de limitation de l’aide, le Hamas restitue 4 corps d’otages présumés
Ce transfert intervient après qu'Israël a accusé le Hamas d'avoir rompu l'accord ; ces dépouilles doivent encore être identifiés par Abu Kabir ; 4 autres sont attendus mercredi
Les troupes de l’armée israélienne ont ramené mardi soir en Israël quatre cercueils qui contiendraient les corps sans vie des otages morts, après que le gouvernement a accusé le groupe terroriste palestinien du Hamas d’avoir rompu l’accord de cessez-le-feu et menacé de suspendre l’aide à Gaza.
Le Hamas a remis les dépouilles à la Croix-Rouge mardi en tout début de matinée avant qu’ils ne soient transférés à Tsahal. Elles n’ont pas été identifiées par le Hamas. Elles ont été conduites à l’institut médico-légal Abu Kabir, à Tel Aviv, pour y être identifiées. Ce processus pourrait prendre jusqu’à deux jours, selon les autorités.
Cette remise a eu lieu après qu’Israël a accusé le Hamas d’avoir violé le cessez-le-feu récemment mis en place en retenant les corps des otages décédés. Le groupe terroriste palestinien a relâché lundi les vingt derniers otages encore en vie ainsi que les corps sans vie de quatre otages, mais il détenait toujours vingt-quatre corps de captifs à cette date.
Si les dépouilles qui ont été ramenées en Israël mardi soir sont effectivement identifiées comme étant celles de captifs morts, cela signifierait qu’il reste encore vingt corps dans la bande de Gaza. Plus tôt cette année, le Hamas avait remis à Israël une dépouille qui, avait-il prétendu, était celle de Shiri Bibas, mais qui s’était avérée être celle d’une habitante de Gaza. La dépouille de Shiri avait finalement été restituée à Israël.
Le Hamas a informé les médiateurs qu’il transférerait mercredi quatre autres corps sans vie d’otages à Israël, ont déclaré au Times of Israel un diplomate du Moyen-Orient et une deuxième source proche du dossier.
La controverse entourant la restitution des otages décédés pourrait compromettre le cessez-le-feu, un peu plus d’un jour après les célébrations qui ont éclaté dans tout Israël à la suite de la libération des derniers otages encore en vie. Le président américain, Donald Trump, dont l’administration a négocié cet accord, l’a salué dans un discours historique prononcé devant la Knesset, avant de s’envoler pour l’Égypte afin de participer à un sommet pour la paix, dans le sillage de cet accord.
Conformément à l’accord, le Hamas devait restituer les 48 otages, vivants et morts, dans les 72 heures suivant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, délai qui a débuté vendredi midi. Mais ledit accord évoquait également la possibilité d’un retard dans la localisation des corps d’otages dans une bande de Gaza ravagée par deux ans de guerre.
Aujourd’hui, des litiges rappelant les cessez-le-feu passés refont surface : de petits groupes d’otages sont relâchés progressivement, et l’on craint que l’accord ne vole en éclats. Israël accuse le Hamas d’avoir rompu l’accord en retardant le retour des otages morts. Les familles des otages encore détenus à Gaza estiment quant à elles que les célébrations sont prématurées, car les terroristes qui ont perpétré le pogrom du 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, détiennent toujours des otages.
« Ce que nous redoutions est en train de se produire sous nos yeux », a écrit le Forum des familles des otages et disparus dans une lettre adressée à l’envoyé américain Steve Witkoff, l’un des principaux négociateurs du cessez-le-feu.
« Seuls quatre otages morts rentrent à la maison aujourd’hui. Seules quatre familles pourront offrir à leurs proches des funérailles dignes et commencer à tourner la page. Comment est-ce possible ? Comment pouvons-nous accepter que les autres restent là-bas ? »
« Nous devons veiller à ce que tous les otages restants rentrent à la maison. Nous ne pourrons pas nous reposer, et nous savons que vous ne vous reposerez pas, tant que tous les otages ne seront pas rentrés », poursuit la lettre.
Le forum a également exigé une rencontre avec le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir. Il a également exhorté la population à poursuivre son activisme en faveur du retour des captifs, alors que plusieurs responsables gouvernementaux auraient ordonné le retrait des pancartes qui appelaient à leur libération.
Mardi, Israël a par ailleurs décidé de ne pas rouvrir le poste frontière de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Égypte, le lendemain, comme l’exigeait l’accord de cessez-le-feu, invoquant le retard dans le retour des otages morts. Israël a également déclaré qu’il réduirait le volume de l’aide humanitaire acheminée vers Gaza, dans le cadre des sanctions prises à l’encontre du groupe terroriste.
On ignore si cette décision a évolué après la remise des corps mardi soir. Après l’arrivée des cercueils en Israël, Tsahal devait les inspecter avant de les recouvrir de drapeaux d’Israël et d’organiser une brève cérémonie présidée par un rabbin militaire.
« Le Hamas est tenu de respecter l’accord et de faire les efforts nécessaires pour restituer tous les corps », a souligné l’armée.
Trump a affirmé que le Hamas avait fourni de fausses informations aux médiateurs sur le nombre de corps d’otages tués qu’il avait déclaré pouvoir remettre.
« On nous a dit qu’ils avaient 26, 24 otages morts… et il semble qu’ils n’aient pas ce nombre, car nous parlons d’un nombre bien inférieur », a déclaré Trump mardi.
« Je veux qu’ils reviennent », a répété Trump devant les journalistes à la Maison Blanche lors d’une réunion avec le président argentin Javier Milei, en visite aux États-Unis.
Les quatre otages morts qui ont été rendus lundi ont été identifiés par des médecins légistes comme étant Guy Illouz, 26 ans, Bipin Joshi, 23 ans, Yossi Sharabi, 53 ans, et le capitaine Daniel Perez, 22 ans, officier de Tsahal, ce qui correspond à la liste fournie par le Hamas avant ce transfert.
La famille Perez a indiqué qu’elle organiserait une deuxième cérémonie funéraire pour Daniel mercredi soir à Jérusalem.
Daniel, un immigrant sud-africain qui était commandant de char dans le 77ᵉ bataillon de la 7ᵉ Brigade du Corps Blindé Mécanisé, avait été tué lors d’un combat contre des terroristes du Hamas lors de l’assaut barbare du 7 octobre, et son corps avait été emporté et retenu à Gaza.
Son décès avait été annoncé par Tsahal en mars 2024. Sa famille avait alors décidé d’organiser des funérailles et d’enterrer ses vêtements maculés de sang au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem. Sa dépouille devrait être placée dans le cercueil au cours de la cérémonie qui se tiendra mercredi soir.
Parmi les derniers otages retenus à Gaza, Israël a confirmé la mort de tous sauf Tamir Nimrodi. Ils ont été tués lors des massacres du 7 octobre 2023 ou par la suite – à l’exception de Hadar Goldin, un soldat tué à Gaza en 2014 et dont le corps est détenu dans l’enclave depuis.
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