Trump : Les États-unis « s’impliqueront » dans le procès de Netanyahu « pour l’aider »
Selon le président, le Hamas sera 'immédiatement éliminé' s'il ne désarme pas, et que Ryad ne conditionne pas sérieusement ses relations avec Jérusalem à la création d'un État palestinien
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que Washington « s’impliquerait » dans le procès pénal du Premier ministre Benjamin Netanyahu, estimant que le chef du gouvernement israélien avait été maltraité par l’appareil judiciaire.
Dans une longue interview accordée à l’émission « 60 Minutes » de la chaîne CBS, Trump a réitéré sa conviction que Netanyahu était injustement traité en étant soumis à un procès pour corruption.
Le président s’est déjà exprimé à plusieurs reprises sur cette affaire au cours des derniers mois, rejetant les accusations portées contre Netanyahu, inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance. Le mois dernier, lors d’un discours devant la Knesset, il avait appelé le président Isaac Herzog à gracier le Premier ministre.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président américain a accordé 59 grâces, notamment à des personnes condamnées pour avoir participé aux émeutes du Capitole le 6 janvier 2021, après sa défaite électorale face à Joe Biden.
« Nous allons nous impliquer dans cette affaire pour l’aider un peu, car je pense que c’est très injuste », a déclaré Trump à l’émission « 60 Minutes » à propos du procès de Netanyahu, révélant ainsi qu’une intervention supplémentaire des États-Unis dans l’affaire pénale israélienne était à prévoir.
L’intervieweur a fait remarquer que Trump avait poussé Netanyahu à présenter ses excuses au Qatar après la tentative ratée d’Israël en septembre d’éliminer les dirigeants du Hamas par une frappe aérienne sur Doha, ainsi qu’à accepter un cessez-le-feu à Gaza. Il a ensuite demandé si le président américain pourrait pousser le Premier ministre à reconnaître un État palestinien.
Trump a éludé la question et a réaffirmé qu’il avait bien travaillé avec le « Premier ministre en temps de guerre », ajoutant : « C’est le genre de personne dont Israël avait besoin à ce moment-là. »
Il n’a toutefois pas nié avoir fait pression sur Netanyahu.
« J’ai dû le pousser un peu dans un sens ou dans l’autre. J’ai fait un excellent travail en le poussant », a déclaré Trump, ajoutant que Netanyahu est « un homme très talentueux… [qui] n’avait jamais été poussé auparavant ».
« Je n’ai pas aimé certaines choses qu’il a faites, et vous avez vu ce que j’ai fait à ce sujet », a-t-il ajouté, faisant probablement référence à la frappe lancée à Doha.
Trump avait publiquement critiqué cette frappe qui avait tué six personnes, dont un agent de sécurité qatari, mais qui n’avait pas atteint ses cibles.
Il a également affirmé que le cessez-le-feu qu’il a négocié à Gaza n’était « pas fragile » et a réitéré que le groupe terroriste palestinien du Hamas serait « éliminé » s’il ne désarmait pas.
Le cessez-le-feu a été globalement respecté pendant plusieurs semaines, malgré quelques attaques menées par le Hamas, auxquelles Israël a riposté. Le groupe terroriste n’a toujours pas rendu les huit derniers otages morts, affirmant avoir du mal à les atteindre car ils sont ensevelis sous les décombres et ne peuvent être atteints qu’à l’aide d’équipements spéciaux.
« Il n’est pas fragile. Il est très solide », a déclaré Trump à propos du cessez-le-feu.
« Le Hamas pourrait être éliminé immédiatement s’il ne se comporte pas correctement. »
Interrogé sur la manière dont il pourrait amener le Hamas à déposer les armes, le président a répondu : « Si je veux qu’ils déposent les armes, je les amènerai à le faire très rapidement. Ils seront éliminés. »
Il n’a toutefois pas précisé comment il comptait y parvenir.
Si le plan en vingt points de Trump prévoit en réalité le désarmement du Hamas, l’accord de cessez-le-feu signé par Israël et le Hamas en Égypte le 9 octobre ne portait que sur le retrait initial des troupes de l’armée israélienne, l’échange otages/prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Trump a également réaffirmé que Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite, connu sous le nom de MBS, n’était pas vraiment sérieux lorsqu’il a déclaré publiquement que la normalisation des relations avec Israël était subordonnée à la création d’un État palestinien.
Interrogé sur la récente affirmation du dirigeant saoudien de facto selon laquelle il ne rejoindrait pas les Accords d’Abraham sans une solution à deux États, le président a répondu par la négative.
« Je pense qu’il va adhérer [aux Accords d’Abraham]. »
La dernière fois que Trump a affirmé que MBS n’était pas sincère dans sa demande publique d’une voie vers un État palestinien, le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié une déclaration à 4 heures du matin pour réfuter l’affirmation du président américain.
« Nous trouverons une solution. Je ne sais pas si ce sera une solution à deux États. Cela dépendra d’Israël, d’autres personnes et de moi-même », a déclaré Trump.
Il a réaffirmé que la menace nucléaire émanant d’Iran avait empêché les pays de rejoindre les Accords d’Abraham, mais que ces accords pourraient désormais s’étendre grâce l’action des États-Unis contre le programme nucléaire de Téhéran en juin.
« Nous avons mis l’Iran KO, puis il était temps d’arrêter, et nous avons arrêté », a ajouté Trump.
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