Les Saoudiens auraient dit « hier » à Trump qu’ils étaient prêts pour les accords d’Abraham
Si Ryad a insisté sur la nécessité d'ouvrir une voie vers un État palestinien, le président américain a réaffirmé que les accords de normalisation vont bientôt s'accumuler
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Le président américain Donald Trump a fait savoir vendredi que les responsables saoudiens lui avaient confié « pas plus tard qu’hier » qu’ils étaient prêts à adhérer aux accords d’Abraham – des accords qui, selon lui, devraient s’élargir « prochainement ».
Trump a répété être convaincu que les pays arabes et musulmans seront en mesure de normaliser leurs relations avec Israël maintenant qu’un cessez-le-feu a été conclu à Gaza et que la menace nucléaire iranienne a été neutralisée.
« J’espère voir l’Arabie saoudite adhérer à ces accords, et j’espère voir d’autres pays faire de même. Je pense que lorsque l’Arabie saoudite adhérera, tout le monde adhérera », a dit Trump devant les caméras de Fox News.
Alors qu’il lui était demandé si les responsables saoudiens lui avaient fait part de leur volonté d’adhérer aux Accords d’Abraham, Trump a répondu : « Oui, ils l’ont fait. Encore hier, d’ailleurs. J’ai eu de très bonnes discussions avec eux ».
Il est difficile de dire si Trump s’est réellement entretenu directement avec les responsables saoudiens. En début de semaine, Trump avait expliqué aux journalistes : « J’ai parlé au Hamas et je leur ai dit : ‘Vous allez désarmer, n’est-ce pas ?’ Ils m’ont répondu : ‘Oui, monsieur. Nous allons désarmer’. »
Un journaliste, surpris à l’idée de conversations directes avec le Hamas, l’avait interrogé à ce sujet et Trump avait reconnu que le message avait été transmis par ses « collaborateurs ».
Reporter: "Do you expect an expansion of the Abraham Accords?"
President Trump: "I do…The Abraham Accords are a miracle in a way, and the four countries that went in initially…they stayed in and they're doing incredibly well…I hope to see Saudi Arabia go in, and I hope to… pic.twitter.com/sq0GHB7kTZ
— Polymarket Intel (@PolymarketIntel) October 17, 2025
L’Arabie saoudite a dit, à plusieurs reprises, qu’elle ne normaliserait pas ses relations avec Israël à moins que Jérusalem n’accepte d’ouvrir une voie crédible, limitée dans le temps et irréversible vers la création d’un État palestinien.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accepté verbalement le plan de paix en 20 points de Trump, qui stipule : « Au fur et à mesure que le réaménagement de Gaza progressera et que le programme de réforme de l’Autorité palestinienne sera fidèlement mis en œuvre, les conditions pourront bien enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et vers l’établissement d’un État palestinien, que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien ».
Le dernier point du plan précise que « les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de convenir d’un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère ».
Mais lors du discours qu’il avait prononcé quand il avait dévoilé le contenu du plan, Trump avait reconnu l’opposition « compréhensible » de Netanyahu à la création d’un État palestinien. Il a fait savoir, par la suite, qu’il n’avait pas encore pris de décision concernant un éventuel soutien à une solution à deux États, sans laquelle l’Arabie saoudite ne rejoindrait pas les accords d’Abraham.
De surcroît, l’accord qui a été effectivement signé par Israël et par le Hamas à Charm el-Cheikh, en Égypte, la semaine dernière, n’a pas intégré la seconde partie du plan de Trump, qui se concentre sur une éventuelle solution à deux États.
Trump reste toutefois optimiste sur un potentiel élargissement des Accords d’Abraham maintenant que le cessez-le-feu à Gaza est en place.
« Je ne veux pas utiliser le mot immédiatement – mais bientôt », a-t-il dit à Fox News.
Il a rendu hommage aux pays qui avaient signé les Accords d’Abraham en 2020, faisant remarquer qu’ils avaient fait preuve de « courage » alors que l’Iran était une puissance régionale encore beaucoup plus forte.
L’Iran a depuis subi, au mois de juin 2025, d’importants dommages et revers suite aux attaques américaines et israéliennes qui ont pris pour cible son programme nucléaire.
Trump avait reconnu la résistance saoudienne à la normalisation des relations avec Israël lors de sa visite dans le royaume du Golfe au mois de mai, déclarant au prince héritier Mohammed ben Salmane : « Vous le ferez quand vous serez prêt ».
« Ils n’auraient jamais pu le faire pendant la guerre. Ils n’auraient jamais pu le faire avec le conflit avec l’Iran », a continué Trump dans son entretien avec Fox News, vendredi.
Au début de la semaine, il avait semblé – pendant un court instant – que l’Indonésie serait le premier pays à rejoindre les accords d’Abraham depuis la fin de la guerre à Gaza, alors que son président Prabowo Subianto envisageait de faire une visite historique en Israël mardi après un sommet sur Gaza qui avait réuni des dirigeants de la communauté internationale à Charm el-Cheikh.
Mais peu après que le projet a été révélé aux médias, lundi, le bureau de Subianto a fermement démenti qu’un tel voyage ait même été prévu.
Le dirigeant indonésien avait aussi fait la Une des journaux lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le mois dernier. Il avait affirmé, dans son allocution, que le monde devait respecter le droit d’Israël à vivre en sécurité, et il avait conclu ses propos en disant « Shalom ».
Witkoff : l’avenir de Gaza doit inclure des emplois, l’éducation, l’espoir et des aspirations
L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a également exprimé son optimisme, comme il l’a fait par le passé, en ce qui concerne un « élargissement sérieux » des Accords d’Abraham, jeudi.
Il a dit que les États-Unis s’engageaient à offrir une vie meilleure aux Gazaouis maintenant que la guerre est terminée, mais il n’a pas semblé s’engager à garantir que cette nouvelle vie inclurait l’autodétermination.
« Jamais Israël n’aurait dû vivre sous la menace de roquettes tirées sur sa population ou dans la crainte d’attaques terroristes. Mais les Gazaouis doivent également pouvoir mener une vie décente, sinon il n’y aura aucune possibilité de paix à long terme », a estimé Witkoff, qui s’est exprimé lors d’un événement organisé au Musée américain de la Shoah à Washington commémorant le deuxième anniversaire du pogrom du 7 octobre.
« Ce n’est que lorsque l’extrémisme aura disparu que la prospérité pourra commencer. La paix dans la région sauvera d’innombrables vies, israéliennes comme gazaouies, et elle apportera la dignité à ceux qui ont souffert pendant trop longtemps », a continué Witkoff, qui s’est engagé à élargir rapidement les accords d’Abraham.
Witkoff a répété que « le Hamas doit désarmer sans équivoque », ajoutant que le groupe terroriste « n’a aucun avenir à Gaza, aucun avenir tel qu’il existe actuellement » – laissant ainsi entrevoir la possibilité que les États-Unis acceptent le maintien du Hamas dans la bande de Gaza s’il devait se transformer au niveau idéologique.
Il a ensuite rappelé ses deux déplacements à Gaza au cours des douze derniers mois.
« Chaque fois que je porte ma casquette noire MAGA, des gens viennent me voir depuis Gaza parce qu’ils veulent eux aussi la paix », a poursuivi Witkoff.
« Ils veulent la stabilité, des opportunités, une vie meilleure pour leurs enfants. L’avenir des Gazaouis doit inclure des emplois, l’éducation, l’espoir, des aspirations — et pas seulement des armes et de la violence », a-t-il déclaré.
Witkoff a vanté le rôle déterminant qui a été joué par le président américain dans l’obtention d’un cessez-le-feu, qui a ouvert la porte à la libération de tous les otages encore en vie.
« Le président Trump comprend quelque chose que la majorité des dirigeants oublient : que la clarté morale sans force ne signifie rien, et que c’est cette combinaison de conviction et de pouvoir qui a sauvé des vies », a affirmé l’envoyé américain.
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