Un ministre Otzma Yehudit appelle à réévaluer Zamir s’il s’avère « faible sur Gaza »
Suite à la dernière réunion du cabinet de sécurité, Amichaï Eliyahu estime que le chef d'état-major, qui aurait appelé le gouvernement à conclure un accord partiel, 'a tort et 'l'induit en erreur'
Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), a appelé mardi à une réévaluation du mandat du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, à la suite d’une joute verbale qui a eu lieu entre ce dernier et des membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, survenue plus tôt cette semaine.
Intervenant sur la chaîne nationale Kan, le ministre a déclaré que si Zamir ne savait pas comment mener Israël à la victoire à Gaza, il devait se retirer, le comparant aux « généraux de la Seconde Guerre mondiale qui voulaient signer un traité de paix avec Hitler et avaient affaibli la confiance du peuple dans la victoire ».
Bien que certains hommes politiques occidentaux aient cherché à faire la paix avec les nazis, on ne connaît aucun cas de généraux des pays alliés ayant agi de la sorte. Il est donc difficile de savoir à qui Eliyahu faisait référence.
« Le chef d’état-major a tort et induit [le cabinet] en erreur. S’il fait preuve de courage face à l’Iran et aux Houthis, mais se montre faible face à Gaza, nous devons reconsidérer son avenir », a déclaré le ministre.
Il a également exprimé son soutien à l’application de la loi martiale à Gaza ainsi qu’à la souveraineté israélienne.
Eliyahu a fait ces déclarations après une vive altercation entre Zamir et plusieurs ministres au sujet de la stratégie à adopter à Gaza.
Selon un reportage de la chaîne N12, qui n’a pas été confirmé, lors de la réunion du cabinet dimanche, Zamir aurait exprimé son soutien à la conclusion d’un accord progressif de libération des otages avec le Hamas.
La ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strouk, aurait alors réagi en l’accusant de lâcheté, citant le verset du Livre du Deutéronome : « Y a-t-il quelqu’un qui ait peur et qui soit découragé ? Qu’il retourne chez lui, de peur que le courage de ses camarades ne faiblisse comme le sien. »
Selon la Treizième chaîne, Zamir a reproché au Premier ministre et aux autres élus présents de n’avoir décidé que maintenant de s’attaquer sérieusement au groupe terroriste palestinien du Hamas afin de justifier l’élargissement de la campagne militaire et d’éviter un possible accord de libération des otages.
Le chef d’état-major a averti que le plan visant à prendre le contrôle de Gaza-City entraînerait une occupation totale de la bande de Gaza, et a appelé les ministres à « comprendre les implications » de leurs actions, selon Ynet.
Selon N12, Netanyahu aurait accusé Zamir de l’avoir attaqué lors de briefings informels avec des journalistes et l’aurait également critiqué sur plusieurs autres sujets, notamment pour avoir déclaré qu’Israël devrait accepter la proposition d’accord actuellement sur la table.
Cet accord, approuvé par le Hamas le 18 août, prévoit la libération, en cinq étapes, de dix otages vivants et la restitution des dépouilles de 18 otages morts, en échange de la libération de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que d’un millier de Gazaouis arrêtés au cours de la guerre, dans le cadre d’un cessez-le-feu de 60 jours. Pendant cette période, les parties négocieraient le retour des 20 otages restants, dont dix à douze seraient encore en vie, et la fin définitive de la guerre.