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Le Hamas dit accepter la dernière proposition de cessez-le-feu ; les médiateurs œuvrent à un accord

Jérusalem confirme avoir reçu la réponse du Hamas ; Netanyahu affirme que ces informations ne font que révéler que « le Hamas subit une pression énorme » en raison du plan de l'armée israélienne visant à conquérir Gaza-City

Des Palestiniens passent devant la mosquée Abu Khudra détruite à Gaza-City, le 18 août 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)
Des Palestiniens passent devant la mosquée Abu Khudra détruite à Gaza-City, le 18 août 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Le Hamas a informé lundi les médiateurs qu’il acceptait la proposition d’accord de cessez-le-feu et de libération des otages qui lui avait été soumise la veille.

Selon certaines sources, cet accord prévoit une trêve de 60 jours et la libération de 10 otages encore en vie, alors que les médiateurs s’efforcent de trouver un accord avant qu’Israël ne lance son offensive prévue pour conquérir Gaza-City.

Après l’annonce de l’accord, un responsable israélien a confirmé au Times of Israel que Jérusalem avait reçu la dernière proposition du Hamas, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu semblait rejeter ces informations et indiquait qu’Israël allait poursuivre son plan visant à prendre le contrôle de la plus grande ville de l’enclave palestinienne et à transférer sa population vers le sud de la bande de Gaza.

« Le Hamas et les factions palestiniennes ont fait part de leur accord sur la proposition présentée hier par les médiateurs égyptiens et qataris », a déclaré le groupe terroriste dans un communiqué.

Révélant les détails de la proposition que le Hamas aurait acceptée, un diplomate arabe a déclaré au Times of Israel que le négociateur en chef du Hamas, Khalil al-Hayya, avait présenté dimanche soir au Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman al-Thani une proposition actualisée de cessez-le-feu et de libération des otages qui revient sur la grande majorité des revendications formulées par le groupe terroriste et qui avaient conduit à l’échec des négociations le mois dernier.

Les pourparlers ont eu lieu au Caire avec la médiation de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis, et avec la participation de la Turquie qui a négocié leur reprise la semaine dernière.

La proposition acceptée lundi par le Hamas prévoit la libération de 10 otages vivants en échange de 150 prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité pendant une trêve de 60 jours, a déclaré le diplomate. L’accord prévoit également la restitution des corps des otages tués.

Une source au sein du Jihad islamique palestinien, un groupe terroriste combattant aux côtés du Hamas à Gaza, a révélé des détails similaires sur la proposition et a ajouté qu’après la libération des 10 premiers otages, « les autres captifs seraient libérés dans un deuxième temps, et des négociations immédiates suivraient en vue d’un accord plus large » pour mettre fin de manière permanente à « la guerre et l’agression » avec des garanties internationales.

Des manifestants réclamant un accord sur la libération d’otages et un cessez-le-feu bloquant l’autoroute Begin, à Jérusalem, le 17 août 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

La source a ajouté que « toutes les factions soutiennent ce qui a été présenté » par les médiateurs égyptiens et qatariens, faisant référence à la myriade de groupes armés palestiniens qui opèrent dans la bande de Gaza, en grande partie sous la supervision du Hamas.

La proposition devait être présentée à Israël lundi, mais Jérusalem a insisté sur le fait qu’elle n’était plus intéressée par des accords partiels, affirmant qu’elle n’accepterait de mettre fin à la guerre que si le Hamas libérait tous les otages en même temps, désarmait, autorisait la démilitarisation de Gaza, accordait à Israël le contrôle total de la sécurité dans la bande de Gaza et transférait le contrôle à un organisme autre que l’Autorité palestinienne.

Les médiateurs arabes estiment que les exigences israéliennes ne leur donnent aucune marge de manœuvre et s’efforcent plutôt d’obtenir d’abord un accord partiel, qu’ils présentent toutefois comme une « voie vers un accord global ».

Semblable à la proposition élaborée par l’envoyé spécial américain Steve Witkoff au début de l’année, la dernière proposition envisage des négociations sur les termes d’un cessez-le-feu permanent à compter du début de la trêve de 60 jours, les médiateurs visant à obtenir un accord sur ces détails d’ici la fin du cessez-le-feu temporaire de deux mois, selon le diplomate arabe.

Netayahu : le Hamas subit une « pression immense »

Alors que ces informations faisaient surface, Netanyahu s’est montré très sceptique, affirmant que le groupe terroriste subissait une « pression immense » alors qu’Israël poursuit ses plans pour prendre le contrôle de Gaza-City.

Netanyahu a déclaré avoir rencontré plus tôt dans la journée les hauts responsables de l’armée israélienne pour discuter de la prise de contrôle de Gaza-City « et de l’achèvement de nos missions ».

« Comme vous, j’entends les informations dans les médias, et celles-ci peuvent donner l’impression que le Hamas est soumis à une pression immense », a déclaré le Premier ministre devant des officiers supérieurs au quartier général de la division Gaza de l’armée israélienne, près de la communauté frontalière de Réïm, dans une vidéo diffusée par son bureau.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet le 17 août 2025. (Crédit : Capture d’écran/GPO)

Alors que les pourparlers au Caire sur un accord partiel entre les médiateurs arabes et le Hamas ont progressé ces derniers jours, Netanyahu a insisté sur le fait qu’il n’était plus intéressé par de telles propositions et qu’il n’accepterait de mettre fin à la guerre que si le Hamas libérait tous les otages en même temps, désarmait, autorisait la démilitarisation de Gaza, accordait à Israël le contrôle total de la sécurité dans la bande de Gaza et transférait le contrôle à un organisme autre que l’Autorité palestinienne.

Mais les médiateurs arabes espèrent que les déclarations de Jérusalem ne sont qu’une tactique de pression et que Netanyahu reviendra sur sa position si le Hamas accepte de revenir sur les exigences qu’il a formulées le mois dernier et qui ont conduit à l’échec des négociations sur un accord partiel.

Les médias israéliens ont rapporté dimanche que malgré ses déclarations sur un accord global Netanyahu serait, dans les faits, prêt à envisager un cessez-le-feu partiel et un accord de libération des otages avec le Hamas.

Un responsable israélien a toutefois a souligné lundi devant des journalistes que « la position d’Israël n’a pas changé [concernant à la fois] la libération de tous les otages et le respect des autres conditions définies pour mettre fin à la guerre ».

Katz : le Hamas ne négocie que par « peur »

Sur le même ton, le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré lundi que le Hamas était revenu à la table des négociations « uniquement parce qu’il craignait que nous ayons sérieusement l’intention de conquérir Gaza-City ».

S’adressant à des officiers supérieurs de l’armée israélienne lors de sa visite dans la division de Gaza avec Netanyahu et le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, Katz a déclaré que la prise de Gaza-City « conduirait à la défaite du Hamas ».

Des soldats de l’armée israélienne opèrent dans la bande de Gaza, sur une image publiée le 18 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« L’accent mis sur Gaza-City tient au fait qu’il s’agit d’un centre de gravité militaire, gouvernemental et symbolique », a ajouté Katz.

« C’est là que se trouve le leadership, et c’est là que subsistent les infrastructures centrales de la branche militaire. Le Hamas sait également que c’est désormais le cœur de son pouvoir. »

Par conséquent, a déclaré Katz, « nous voyons que pour la première fois, après des semaines pendant lesquelles le Hamas n’était pas du tout disposé à discuter d’un accord pour la libération des otages, même si la Turquie l’avait déjà approché et que le Qatar l’avait approché, soudainement, c’est sur la table ».

« La raison est claire : seule la crainte [du Hamas] que nous ayons sérieusement l’intention de conquérir Gaza [City] le rend disposé à discuter », a ajouté Katz.

Lors de la même conférence réunissant les hauts responsables militaires à laquelle ont participé Netanyahu et Katz, Zamir a déclaré qu’Israël se trouvait à un « tournant de la guerre » et à l’aube de la « prochaine étape » d’une offensive contre le Hamas.

Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’exprimant lors d’une évaluation de la situation sur plusieurs fronts, le 21 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Nous sommes au milieu d’une campagne multifronts, prolongée et sans précédent. Nous sommes à un tournant de la guerre, avant de passer à la prochaine étape de l’opération Chars de Gédéon, qui vise à approfondir le coup porté au Hamas à Gaza-City », a déclaré Zamir.

« Nous préparons et approuvons des plans. Vous devez préparer tous les cadres nécessaires à la poursuite des développements opérationnels », a déclaré Zamir.

Les informations faisant état de l’accord du Hamas sont tombées quelques heures après que le président américain Donald Trump a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que les otages détenus à Gaza ne seraient libérés que « lorsque le Hamas serait confronté et détruit », semblant ainsi soutenir l’assaut prévu par Israël contre Gaza-City.

Des manifestants se rassemblent lors d’une manifestation exigeant la libération immédiate des otages détenus par le Hamas et appelant le gouvernement israélien à revenir sur sa décision de prendre le contrôle de Gaza-City et d’autres zones de la bande de Gaza, à Tel Aviv, le 17 août 2025. (Crédit : AP Photo/ Ohad Zwigenberg)

Le diplomate arabe qui s’est entretenu avec le Times of Israel lundi a émis l’hypothèse que le message publié sur Truth Social était une « tactique de pression » visant à amener le Hamas à accepter les termes de la proposition initiale de Witkoff concernant l’accord sur les otages, ajoutant que la proposition soumise par le Hamas était extrêmement similaire à celle proposée par Witkoff.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre et le corps d’un soldat de l’armée israélienne tué en 2014. Israël estime que 20 des otages sont encore en vie, 28 ont été déclarés morts par les autorités israéliennes et deux autres sont portés « gravement disparus ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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