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Netanyahu rejette la demande de Zamir de faire voter l’accord sur les otages

Lors de la réunion du cabinet, les ministres ultra-nationalistes ont eux aussi appelé à un vote, mais pour rejeter un accord partiel ; le chef d’état-major a été qualifié de "lâche"

Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse, dans son bureau, à Jérusalem, le 21 mai 2025 ; le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, à Jérusalem, le 5 mars 2025. (Crédits : Nava Freiberg/Times of Israel ; Yonatan Sindel/Flash90)
Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse, dans son bureau, à Jérusalem, le 21 mai 2025 ; le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, à Jérusalem, le 5 mars 2025. (Crédits : Nava Freiberg/Times of Israel ; Yonatan Sindel/Flash90)

Lors d’une réunion très animée du cabinet qui s’est prolongée jusqu’aux premières heures de la journée de lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a refusé de soumettre au vote la proposition d’accord de cessez-le-feu et de libération des otages. Il a déclaré que cette question n’était pas à l’ordre du jour et a ajouté que le président américain, Donald Trump, l’avait incité à ne pas accepter un accord partiel.

Malgré les pressions exercées par ses ministres ultranationalistes pour qu’il organise un vote visant à rejeter officiellement l’accord actuellement « sur la table », ainsi que par le chef d’état-major de l’armée israélienne et certains autres ministres qui souhaitaient son adoption, le Premier ministre a écarté le sujet, selon plusieurs fuites de la réunion à huis clos divulguées lundi matin.

Selon les médias israéliens, la réunion du cabinet de sécurité, qui a duré près de six heures, s’est presque entièrement concentrée sur les plans de Tsahal visant à prendre le contrôle de Gaza-City.

Le gouvernement a fait avancer ces plans ces dernières semaines, malgré l’approbation, mi-août, par le Hamas, de la proposition d’accord de libération des otages en plusieurs étapes, presque identique à celle proposée précédemment par Israël. Dans l’intervalle, Jérusalem a officiellement renoncé aux accords partiels, exigeant un accord global pour la libération de tous les otages en une seule fois et la capitulation du groupe terroriste palestinien.

Selon la chaîne N12, Zamir aurait déclaré aux membres du cabinet : « Un accord-cadre est sur la table et nous devons l’accepter. » La chaîne a précisé que si la question n’avait pas été soulevée par Zamir, elle ne l’aurait pas été lors de cette réunion.

Cet accord, que le Hamas a déclaré avoir accepté le 18 août, prévoit la libération, en cinq étapes, de dix otages vivants et la restitution des dépouilles de 18 otages morts, en échange de la libération de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que d’un millier de Gazaouis arrêtés au cours de la guerre, dans le cadre d’un cessez-le-feu de 60 jours. Pendant cette période, les parties négocieront le retour des 20 otages restants, dont dix à douze seraient encore en vie, et la fin définitive de la guerre.

Des manifestants rassemblés devant le domicile du ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, réclamant un accord pour assurer la sécurité des otages détenus à Gaza, le 1ᵉʳ septembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Zamir a déclaré aux membres du cabinet : « Un accord-cadre est sur la table [et] nous devons l’accepter », selon la chaîne N12, qui a précisé que si la question n’avait pas été soulevée par Zamir, elle ne l’aurait pas été lors de la réunion.

Le chef d’état-major aurait déclaré aux ministres que l’Opération « Chars de Gédéon » – l’opération lancée par Tsahal après l’échec du précédent accord de trêve, qui s’est soldée par la prise de contrôle de près de 75 % de la bande de Gaza – avait créé les conditions propices au retour des otages.

Zamir aurait également affirmé que Tsahal serait en mesure de reprendre les combats si cet accord était conclu et qu’aucune résolution du conflit n’était trouvée à l’issue des 60 jours de cessez-le-feu.

Selon les médias, le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, et la ministre des Renseignements, Gila Gamliel, ont soutenu Zamir dans son plaidoyer en faveur de l’accord, évoquant notamment les difficultés diplomatiques auxquelles Israël est confronté, alors que plusieurs de ses alliés occidentaux s’apprêtent à reconnaître un État palestinien.

Netanyahu : l’accord approuvé par le Hamas « n’est pas envisageable »

Selon les médias, le Premier ministre aurait toutefois déclaré à Zamir et aux autres personnes présentes : « Un accord partiel n’est pas envisageable », réitérant la position qu’il avait adoptée le mois dernier après avoir jusque-là soutenu des propositions d’accord de libération des otages par étapes.

Suite au revirement de Netanyahu, le Hamas a déclaré accepter les grandes lignes de l’accord partiel, après avoir rejeté les versions précédentes soutenues par Israël pendant des mois.

Les ministres ultranationalistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich se sont ouvertement opposés à cette proposition, comme ils l’avaient fait pour les précédents accords de cessez-le-feu et de libération des otages conclus entre Israël et le Hamas en novembre 2023 et en janvier 2025. Lors de la réunion de dimanche, Ben Gvir et d’autres auraient poussé Netanyahu à organiser un vote sur la proposition actuelle afin de l’écarter officiellement.

Un Gazaoui traversant une rue dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, à l’aube du 30 août 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« Il n’y a pas besoin de vote, ce n’est pas à l’ordre du jour », a répondu Netanyahu, selon plusieurs médias.

Le Premier ministre aurait justifié son opposition à cet accord en affirmant que le soutien diplomatique dont bénéficie Israël, notamment de la part des États-Unis, n’était « pas illimité » et que le retrait de certains territoires maîtrisés lors de l’Opération « Chars de Gédéon » représenterait un « lourd tribut ».

Netanyahu : « Trump m’a demandé de ne pas conclure un accord partiel »

De plus, le Premier ministre aurait indiqué aux membres de son cabinet que le président américain l’avait exhorté à ne pas accepter d’accord partiel de libération des otages avec le Hamas, mais à combattre le groupe terroriste « avec toute la force nécessaire ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) s’exprimant sous le regard du président américain Donald Trump lors d’un dîner, dans la Blue Room de la Maison Blanche, à Washington, le 7 juillet 2025. (Crédit : Andrew Harnik/Getty Images/AFP)

« Oubliez les accords partiels. Allez-y à fond et terminez-en », aurait déclaré Trump à Netanyahu.

Avant la réunion du cabinet de sécurité, la chaîne N12 a rapporté, citant des sources anonymes, que Trump faisait pression sur Netanyahu pour qu’il agisse plus rapidement afin de vaincre le Hamas, car il aurait perdu confiance dans l’efficacité des négociations sur le cessez-le-feu et la libération des otages.

Selon Ynet, Netanyahu a également soutenu un argument avancé lors de la réunion par Smotrich et le député Zeev Elkin (Tikva Hadasha), qui ont déclaré qu’une trêve de 60 jours retarderait en pratique l’armée de six mois, car elle devrait regagner le terrain dont elle serait contrainte de se retirer en vertu de l’accord.

Le ministre des Projets nationaux accuse le chef d’état-major de faire preuve de lâcheté

Au cours de la réunion, une joute verbale a éclaté entre Zamir et la ministre ultranationaliste des Projets nationaux, Orit Strouk, qui a accusé le chef d’état-major de Tsahal de faire preuve de lâcheté en citant la Torah.

« Y a-t-il quelqu’un qui ait peur et qui soit découragé ? Qu’il retourne chez lui, de peur que le courage de ses camarades ne faiblisse comme le sien », a déclaré Strouk, en réponse au soutien de Zamir à un accord partiel de libération des otages, selon la chaîne publique Kan.

Zamir a rétorqué en déclarant qu’il avait deux missions : « empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et détruire le Hamas », ce qui a conduit Strouk à réciter une nouvelle fois la citation tirée du Livre du Deutéronome.

Zamir a répondu qu’il avait lui-même appelé à la récente opération en Iran, déclarant qu’il « approuvait de frapper partout ».

La ministre des Projets nationaux et des Implantations, Orit Strouk, assistant à une réunion du parti HaTzionout HaDatit de la Knesset, à Jérusalem, le 27 janvier 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Personne n’a peur et personne n’est découragé. »

« Si vous voulez une discipline aveugle, faites appel à quelqu’un d’autre », a-t-il ajouté, ce qui a incité Netanyahu à intervenir : « Je ne veux pas d’une discipline aveugle, mais je ne veux pas non plus de quelqu’un qui outrepasse [son autorité] ».

Strouk a également contesté la pratique de Tsahal qui consiste, jusqu’à présent, à éviter d’opérer dans les zones où des otages seraient détenus.

« Il ne peut y avoir de zones interdites à Gaza, car cela met en danger les habitants de la zone frontalière [israélienne] de Gaza et du sud », a-t-elle déclaré, selon la chaîne N12.

« Pour gagner la guerre, nous devons contrôler toutes ces zones et ne pas les laisser devenir des foyers terroristes sous terre comme en surface », a-t-elle ajouté.

Concernant le sort des otages, Strouk a déclaré : « Nous devons faire tout notre possible pour ne pas leur faire de mal. »

Dans un message publié lundi sur le réseau social X, après la fuite de la réunion, Strouk a écrit qu’en citant le verset sur les soldats craintifs, qui fait partie de la paracha – portion hebdomadaire de la Torah – de la semaine , elle voulait avertir le cabinet du danger de démoraliser les troupes, et non signaler que l’un des participants à la réunion était lâche.

Malgré les désaccords, Zamir aurait déclaré au cabinet que l’armée exécuterait toutes les instructions qu’elle recevrait de la hiérarchie politique, même si elle n’était pas d’accord avec celles-ci, ce qui lui a valu des applaudissements lors de la réunion, selon le quotidien Israel Hayom.

Photo prise depuis le corridor E1, une zone extrêmement sensible de Cisjordanie qui n’est pas prévue pour l’annexion, en direction de l’est vers la l’implantation de Maale Adumim et la vallée du Jourdain en arrière-plan, le 30 juin 2020. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le plan d’annexion de la Cisjordanie, limité à la vallée du Jourdain

Parmi les autres sujets abordés lors de la réunion figurait un projet d’annexion potentielle de la Cisjordanie. Israel Hayom a rapporté dimanche, citant un haut responsable du gouvernement, que ce projet, soutenu par le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, ne concernait que la vallée du Jourdain et non l’ensemble de la Cisjordanie, au grand dam de l’aile la plus à droite du cabinet.

Après la divulgation de l’altercation entre Zamir et Strouk, Benny Gantz, le chef du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti et ancien chef d’état-major de Tsahal, a écrit sur X : « Où en sommes-nous arrivés ? Un cabinet qui, en temps de guerre, soutient le refus de servir » – en référence à la volonté du gouvernement d’exempter les hommes ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire – « donne des notes au chef d’état-major de Tsahal, qui envoie chaque jour nos soldats héroïques au combat, à Gaza, [en Cisjordanie], au Liban, en Syrie, au Yémen et en Iran ? »

« Les citoyens d’Israël n’ont pas besoin d’un tel cabinet. Ils méritent un cabinet qui soutient Tsahal, et non un cabinet qui lui met des bâtons dans les roues », a écrit Gantz.

« Ce doit être un cabinet de serviteurs, pas un cabinet de pleurnichards. »

Le Forum des familles des otages et disparus : Netanyahu « sacrifie les otages »

Le Forum des familles des otages et des disparus a réagi à la fuite de la déclaration de Netanyahu selon laquelle un accord par étapes n’était plus à l’ordre du jour.

«

Des familles d’otages détenus dans la bande de Gaza et leurs sympathisants participant à un rassemblement pour demander la libération des otages détenus à Gaza, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 30 août 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

, père des libérations échelonnées, fondateur de la méthode des ‘sélections’, s’oppose à la méthode qu’il a initiée et à l’accord qu’il a déjà approuvé », a déclaré le forum, utilisant une analogie fréquemment utilisée par les opposants aux accords de libération par étapes, qui les comparent aux « sélections » dans les camps de la mort nazis entre ceux qui étaient enrôlés pour le travail forcé et ceux qui étaient envoyés directement dans les chambres à gaz.

 

« La vérité a éclaté : il ne s’agit pas d’une stratégie de négociation, mais d’une stratégie de torpillage et d’enterrement de l’accord. Netanyahu sacrifie les otages et les soldats sur l’autel de sa survie politique, alors qu’un accord réel est sur la table, approuvé par le Hamas, et qui pourrait déboucher sur un cadre permettant de ramener les derniers otages et de mettre fin à la guerre. »

Sam Sokol a contribué à cet article.

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