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A Gaza, Zamir laisse entendre que les haredim ne peuvent plus continuer à se soustraire à leur devoir militaire

Netanyahu aurait reproché au chef d'état-major de Tsahal de défier les décisions du gouvernement ; Le chef de l'armée a vu Cindy McCain, du PAM, pour parler d'aide humanitaire

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Le chef de l'armée israélienne Eyal Zamir, au centre, lors d'une visite à Gaza, le 27 août 2025. (Porte-parole de Tsahal)
Le chef de l'armée israélienne Eyal Zamir, au centre, lors d'une visite à Gaza, le 27 août 2025. (Porte-parole de Tsahal)

En visite à Gaza mercredi, le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que la sécurité d’Israël dépendait de la participation de la population dans l’armée – des propos manifestement destinés aux membres de la communauté ultra-orthodoxe qui échappent à la conscription obligatoire et au gouvernement, qui tente de faire passer ces exemptions dans la loi.

Avant cela, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait réprimandé Zamir suite à ses propos contredisant l’approche du gouvernement sur plusieurs questions liées à l’armée.

« Nous ne pouvons plus accepter qu’une partie de la société ne fasse pas sa part », a déclaré Zamir lors d’un déplacement à Gaza, peut-on lire dans un communiqué de Tsahal. « La sécurité d’Israël exige la participation pleine et entière de toutes les couches de la population… C’est la question, et nous devons tous y répondre. »

L’armée s’est, à plusieurs reprises, dite confrontée au manque de près de 12 000 soldats, dont 7 000 soldats de combat, au moment où elle met la toute dernière main à ses projets militaires de conquête de la ville de Gaza, qui supposent le rappel de 60 000 réservistes d’ores et déjà épuisés par près de deux ans de guerre.

Or, près de 80 000 hommes haredim âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service mais ne se sont pas enrôlés, les dirigeants ultra-orthodoxes s’opposant farouchement à la fin des exemptions dont bénéficiait jusqu’alors la communauté.

Zamir a déclaré lors de cette tournée que l’objectif premier de Tsahal « en ce moment est d’approfondir l’opération dans la ville de Gaza », tout en réitérant son engagement à faire libérer les otages, vaincre le Hamas et empêcher que le massacre du 7 octobre se reproduise un jour.

De gauche à droite : le ministre de la Défense Israel Katz, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir au centre de commandement de l’Armée de l’Air Israélienne, le 24 août 2025. (Maayan Toaf/GPO)

« Nous menons une campagne sur plusieurs fronts, avec force sur chacun d’entre eux », a déclaré Zamir en ajoutant que l’armée était prête à tout.

En rendant hommage aux réservistes dont les rappels ont récemment été prolongés, Zamir a souligné que leur sacrifice était « une source d’inspiration pour nous tous » et que les conscrits, les soldats de carrière et les réservistes incarnaient ensemble « l’expression la plus profonde de la solidarité israélienne ».

Ne m’accusez pas

Selon une information de la chaîne N12 donnée mercredi soir, Netanyahu aurait reproché à Zamir, lors d’une réunion à huis clos la veille, de saper l’autorité du gouvernement en prenant le contrepied des messages du pouvoir politique.

Netanyahu et Zamir se seraient vus avant la réunion du cabinet, mardi soir, et le Premier ministre aurait réprimandé le chef de l’armée israélienne pour avoir fait part de sa désapprobation envers des décisions prises par le gouvernement en matière militaire.

Netanyahu aurait dit à Zamir d’« arrêter d’agiter la presse contre moi ».

Zamir s’est officiellement rangé derrière les projets de Netanyahu d’invasion et de conquête de la ville de Gaza, mais la plupart des médias israéliens ont relayé des déclarations lui attribuant des critiques de ces projets, susceptibles de mettre en danger les otages et de détourner Israël de la conclusion d’un accord de cessez-le-feu avec le Hamas.

Ces dernières semaines, Zamir – qui a pris ses fonctions en mars dernier – s’est heurté, en privé mais aussi publiquement, à des ministres du gouvernement. Après un exposé des projets de conquête de la ville de Gaza, il a déclaré dimanche que la pression militaire avait « créé des conditions favorables à la libération des otages » et qu’« il y avait un accord à saisir ».

Une photo partiellement floutée par l’arméedonne à voir le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, à gauche, rencontre la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, Cindy McCain, à Tel Aviv, le 27 août 2025. (Armée israélienne)

Nouveaux centres d’aide

Mercredi, après son déplacement à Gaza, Zamir s’est entretenu avec la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, Cindy McCain, pour passer en revue l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.

La réunion, à laquelle a assisté le major-général Ghassan Alian, chef du COGAT, l’organisme israélien de coordination des fournisseurs d’aide à Gaza, a fait le point sur les principales mesures prises pour stabiliser la situation humanitaire de la bande de Gaza et rappelé que l’aide devait parvenir directement aux civils, et non au Hamas, a souligné l’armée israélienne.

Quelques jours plus tôt, la classification intégrée de la sécurité alimentaire, liée au PAM, avait déclaré l’état de famine dans le nord de Gaza – affirmation rapidement écartée par Israël, qui lui reproche de s’appuyer sur des « sources biaisées et intéressées, venant du Hamas ».

Virulente critique des limitations de l’aide israélienne, McCain affirmait dès mai 2024 que la bande de Gaza était en proie à la « famine ». La semaine dernière, elle a dit que la faim dans la bande de Gaza avait atteint des niveaux « catastrophiques ».

Mercredi, l’armée israélienne a fait savoir que deux nouveaux centres de distribution d’aide gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, dont le siège se trouve aux États-Unis, seraient prêts dans les tout prochains jours, dans le sud de Gaza, et qu’un centre de distribution de Tel Sultan, à Rafah, fermerait ses portes. Au final, le nombre total de centres de la Fondation humanitaire de Gaza dans l’enclave passera de quatre à cinq.

Selon la Fondation, qui distribue des cartons de vivres secs et crus, ses centres ont distribué plus de 140 millions de repas à Gaza depuis le début des opérations, dont plus de 1,5 million de repas livrés rien que mercredi.

Des enfants palestiniens partagent un bol de soupe aux lentilles obtenu dans un centre de distribution alimentaire à Gaza, le 1er août 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

En vue de la conquête de la ville de Gaza, l’armée israélienne a appelé les habitants concernés à évacuer et se rendre dans le sud de l’enclave, en précisant faire son possible pour améliorer les infrastructures dans ces zones et les dimensionner à l’afflux de Palestiniens déplacés.

Selon les organisations humanitaires, dont le PAM, l’action de la Fondation Humanitaire de Gaza ne suffit pas pour procurer des vivres à une population de Gaza affamée et son action n’est pas exempte de critiques, en premier lieu le grand nombre de personnes qui, d’après les agences de santé affiliées au Hamas, ont été tuées à proximité ou sur le chemin des sites de distribution.

Le rapport de l’IPC publié la semaine dernière affirme que le blocus total de l’aide, imposé par Israël entre mars et la mi-mai – suite à la rupture du cessez-le-feu conclu avec le Hamas – a été suivi de « volumes extrêmement bas jusqu’en juillet », « aggravés par l’effondrement de la production alimentaire locale », ce qui a donné lieu à des « pénuries alimentaires extrêmes ».

Israël a repris l’acheminement de l’aide en mai dernier, avec des flux toutefois bien inférieurs à leur niveau d’avant le blocus ; Ce n’est qu’en juillet dernier, après des informations faisant état d’une famine imminente, qu’Israël a annoncé une série d’actions visant à stimuler le flux d’aide à Gaza, tout en niant la présence de famine dans l’enclave.

Israël reproche aux organisations humanitaires de ne pas distribuer les camions de vivres qui s’entassent, côté gazaouï, lorsque le Hamas ne pille pas purement et simplement les cargaisons d’aide, qui ne parviennent alors pas à ceux qui en ont besoin.

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