La famille de la secouriste tuée réclame la création d’une base de données des appels des victimes du 7-Octobre

Plus de 2 ans après le pogrom, la sœur d'Amit Mann dit avoir reçu 3 enregistrements inédits d'appels téléphoniques de secouristes du kibboutz Beeri à la hotline du MDA

Amit Mann, secouriste du Magen David Adom et instructrice de cours de secourisme, a été assassinée par des terroristes du Hamas qui ont pris d'assaut le dispensaire du kibboutz Beeri où elle soignait les blessés, le 7 octobre 2023. (Crédit : MDA)

La famille de la secouriste Amit Mann, tuée par des terroristes au kibboutz Beeri le 7 octobre 2023, a exigé du gouvernement la création d’une base de données recensant tous les appels téléphoniques passés par les victimes aux différentes autorités pendant le pogrom. Une demande formulée après que la famille a appris par hasard l’existence de trois appels passés par Mann, dont ils ignoraient l’existence.

La sœur de Mann, Haviva, a contacté il y a deux semaines le service d’ambulance du Magen David Adom, demandant à obtenir des informations sur les heures exactes des appels passés par sa soeur à la hotline du MDA le 7-Octobre, afin de mettre à jour la présentation consacrée à l’histoire d’Amit qu’elle donne devant différents publics à travers le pays.

Le MDA, dans sa réponse, a fourni des précisions concernant sept échanges entre Amit et la hotline – alors que Haviva, à ce jour, n’avait connaissance que de quatre conversations. C’est cette découverte qui l’a incitée à demander la création d’une base de données, a fait savoir N12.

« Cette histoire ne concerne pas uniquement Amit Mann et ses échanges avec le MDA », a déclaré Haviva Mann à la chaîne d’information N12. « Il s’agit d’une histoire beaucoup plus vaste, qui concerne en réalité de nombreuses familles et personnes touchées » par le pogrom.

« Lorsqu’un soldat est tué, sa famille reçoit une boîte contenant toutes ses affaires, tout ce qu’il possédait. Toutes les personnes dont un proche a été touché devraient recevoir la même chose », a-t-elle ajouté.

La chaîne d’informations N12 a publié vendredi l’un des échanges récemment découverts, dans lequel on entend Amit, prise au piège dans la clinique dentaire de Beeri, entourée de blessés et de morts, pendant de longues heures avant que les terroristes ne finissent par réussir à entrer, demander à la hotline des informations sur l’heure d’arrivée des forces de sécurité.

Une pancarte avec les photos des cinq personnes assassinées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 dans la clinique dentaire du kibboutz Beeri côtoie l’endroit où la clinique a été détruite. ( Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

« Que se passe-t-il avec les forces armées pour Beeri ? Qu’est-ce qui arrive ? », demande Mann d’une voix inquiète.

« Pour l’instant, je ne m’attends à rien », répond l’opérateur de la ligne d’urgence.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? », interroge Mann. La secouriste explique ensuite à son interlocuteur qu’elle s’occupe de plusieurs personnes blessées par balle et que d’autres, dans le kibboutz, ne sont pas en mesure de la rejoindre.

« Je vais vous dire la vérité. Il y a de nombreux blessés dans toute la région. D’accord ? », répond l’opérateur. « Et cela continue. Les tirs se poursuivent. »

« Où se trouve l’armée ? », insiste Mann.

« Pour le moment, je l’ignore », ajoute l’opérateur. « Mais Amit, cela va prendre du temps. »

Mann a finalement été tuée dans le centre de triage improvisé, aux côtés du Dr Daniel Levi et de trois membres de l’équipe de sécurité du kibboutz : Eitan Hadad, Shachar Zemach et Gil Buyum.

Des maisons détruites lors de l’assaut du Hamas le 7 octobre, au kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Au total, 101 civils et 31 membres des forces de sécurité ont été tués à Beeri, une communauté d’environ 1 000 habitants. Trente autres habitants et deux civils supplémentaires ont été pris en otage par les terroristes du Hamas. Au moins 125 maisons de la communauté ont été endommagées et détruites au cours des combats.

Pour les familles, la collecte de renseignements sur les derniers instants des victimes du 7-Octobre a été extrêmement difficile.

Plus d’un an après le massacre et au prix d’une longue bataille juridique, l’armée israélienne a transmis les enregistrements des communications des observatrices de Tsahal tuées ou enlevées le 7-Octobre à leurs parents. De nombreux proches se sont toutefois plaints que ces enregistrements n’étaient que partiels, et que certaines soldates n’y figuraient pas du tout.

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