L’Australie reconnaîtra un État palestinien à l’ONU dimanche – responsable américain
Alors que 48 otages sont toujours détenus par les groupes terroristes de Gaza, dix pays devraient reconnaître unilatéralement un État palestinien lors de l'AG des Nations unies
L’Australie va annoncer dimanche sa reconnaissance unilatérale d’un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, a déclaré un haut responsable de l’administration Trump au Times of Israel.
Canberra serait le troisième pays occidental à prendre une telle mesure, après le Royaume-Uni et le Portugal, qui devraient également faire cette annonce avant ou pendant la session de l’ONU.
L’Australie poursuit son initiative malgré les objections des États-Unis, a ajouté le responsable.
« Nous leur avons dit que cela n’était pas utile », a souligné le responsable, ajoutant que l’Australie justifiait cette décision par des « considérations purement nationales ».
L’ambassade d’Australie à Jérusalem n’a pas encore répondu à une demande de commentaires.
Le président américain Donald Trump a exprimé son opposition à la reconnaissance par certains pays d’un État palestinien, tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio a averti qu’Israël pourrait répondre « de manière réciproque » en annexant la Cisjordanie.
Interrogé sur la réponse de Washington aux pays annonçant leur reconnaissance, le haut responsable a répondu : « Nous examinons actuellement les mesures à prendre. »
L’annonce, dès le mois d’avril, par le président français Emmanuel Macron, de la reconnaissance d’un État palestinien avait été saluée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui y voyait « une étape importante » qui constituerait une avancée pour les droits des Palestiniens.
Initialement prévue « en juin » à l’occasion d’une conférence que la France devait coprésider avec l’Arabie saoudite aux Nations unies à New York, cette initiative a été contrariée par le lancement, le 13 juin, de l’Opération « Rising Lion » par Israël en Iran. Cependant, le 24 juillet, Macron a réitéré sa volonté de reconnaître un État palestinien, cette fois le 21 septembre, lors de l’Assemblée générale de l’ONU.
Il espérait ainsi créer une dynamique collective en ce sens, une décision aussitôt décriée par Israël comme une « récompense du terrorisme » et une « tache noire dans l’histoire française ».
Le président de la République peut se féliciter d’avoir ouvert une « boîte de Pandore ».
« Ces pays veulent montrer qu’ils agissent, alors ils relâchent la pression en faisant ces déclarations », avait déclaré au début du mois Danny Danon, ambassadeur d’Israël à l’ONU, dans une interview accordée au Times of Israel, en référence aux projets de la France, du Royaume-Uni, de l’Australie et du Canada entre autres de reconnaître un État palestinien.
L’envoyé israélien avait fait valoir que ces annonces ne feraient pas avancer la création d’un État palestinien sur le terrain, à laquelle Jérusalem s’oppose farouchement. Elles ont toutefois eu un impact concret sur les pourparlers visant à conclure un accord de cessez-le-feu et de libération des otages dans la bande de Gaza.
« Il ne fait aucun doute que ces décisions entravent les négociations », avait-il affirmé, soulignant que Rubio avait avancé le même argument.
"Talks with Hamas fell apart on the day Macron made the unilateral decision that he’s going to recognize the Palestinian state … So those messages, while largely symbolic in their minds, actually have made it harder to get peace and harder to achieve a deal with Hamas. " —… pic.twitter.com/Xt74bu7umF
— Department of State (@StateDept) August 8, 2025
Les partisans de cette reconnaissance affirment qu’il s’agit d’un impératif moral, compte tenu de la crise humanitaire qui sévirait actuellement à Gaza, et d’une étape nécessaire pour relancer les perspectives d’une solution à deux États, en concrétisant la création d’un État palestinien qu’ils souhaitent voir coexister avec Israël.
Cependant, sans l’adhésion d’Israël, alors que le Hamas reste la force palestinienne dominante à Gaza et que les mesures prises par Israël risquent de faire s’effondrer une Autorité palestinienne déjà affaiblie en Cisjordanie, il est difficile de savoir comment cette reconnaissance pourrait changer la donne sur le terrain.
« La campagne est menée depuis Paris, qui non seulement reconnaît [un État palestinien], mais fait également pression sur d’autres pays » pour qu’ils fassent de même», avait déclaré Danon, tout en soulignant que ces reconnaissances avaient été saluées par le Hamas comme le « fruit » de son pogrom du 7 octobre.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.