Malgré 48 otages toujours détenus par le Hamas, 10 pays vont reconnaître la Palestine
La semaine dernière, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté à une majorité écrasante un texte qui soutient un futur Etat palestinien en excluant sans équivoque le groupe terroriste
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Le Portugal va reconnaître officiellement l’Etat de Palestine dimanche, a annoncé vendredi soir son ministère des Affaires étrangères.
« Le ministère des Affaires étrangères confirme que le Portugal reconnaîtra l’Etat de Palestine (…). La déclaration officielle de reconnaissance aura lieu dimanche 21 septembre », juste avant la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU, indique un communiqué publié sur le site du ministère.
Fin juillet déjà, Lisbonne avait annoncé son intention de reconnaître l’Etat de Palestine après de « multiples contacts » avec ses partenaires et compte tenu notamment de « l’évolution extrêmement préoccupante du conflit, tant sur le plan humanitaire que par les références répétées à une possible annexion de territoires palestiniens » de la part d’Israël, détaillait alors un communiqué du cabinet du Premier ministre.
Le Portugal ne sera pas seul puisqu’un sommet lundi à New York coprésidé par la France et l’Arabie saoudite, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, sera consacré à l’avenir de la solution à deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte en paix et sécurité.
Et selon la présidence française, neuf autres pays ont prévu de reconnaître à l’occasion de cette réunion l’Etat palestinien : Andorre, Australie, Belgique, Canada, Luxembourg, Malte, Royaume-Uni, Saint-Marin, et France. Dans le même temps, la Ligue arabe a apporté son soutien à un plan visant à relancer la solution à deux États.
La semaine dernière, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à une majorité écrasante un texte qui soutient un futur Etat palestinien en excluant sans équivoque le Hamas.
Voisine du Portugal, l’Espagne a reconnu l’Etat de Palestine en mai 2024 avec l’Irlande et la Norvège.
Les trois quarts environ des 193 Etats membres de l’ONU reconnaissent l’Etat palestinien proclamé par la direction palestinienne en exil en 1988.
Fin août, la police portugaise mettait fin à un festival organisé par deux frères israéliens.
Fin juillet, des familles d’otages encore détenus dans la bande de Gaza, ainsi qu’une ancienne captive israélo-britannique, ont condamné ces initiatives dans la journée de mercredi, déplorant une récompense « honteuse » offerte au Hamas.
« La reconnaissance d’un État palestinien alors que le Hamas détient encore 50 otages n’est pas un pas en avant vers la paix, c’est une violation flagrante du droit international et une dangereuse violation morale et politique qui confère une légitimité à d’horribles crimes de guerre », avait écrit le Forum des familles d’otages et de portés-disparus dans un communiqué.
« Si la communauté internationale souhaite réellement la paix, elle doit rejoindre les efforts des États-Unis en exigeant d’abord la libération de tous les otages, puis la fin des combats », ajoutait le communiqué. Le Forum, qui représente la majorité, mais pas la totalité, des proches de captifs, prône la conclusion d’un accord avec le Hamas qui permettrait à tous les otages de recouvrer la liberté en échange de la fin de la guerre et de la libération des prisonniers palestiniens, incarcérés au sein de l’État juif pour atteinte à la sécurité nationale.
« L’enlèvement d’hommes, de femmes et d’enfants, détenus contre leur gré dans des tunnels où ils subissent la faim, des violences physiques et des abus psychologiques, ne peut et ne doit servir de fondement à la création d’un État, » poursuivait le communiqué.
« Reconnaître un État palestinien avant la libération des otages restera gravé dans l’Histoire comme une légitimation scandaleuse et antisémite du terrorisme en tant que moyen d’obtenir des objectifs politiques », ajoutait le forum. « La première étape essentielle pour garantir un avenir meilleur à tous les peuples doit être la libération de l’ensemble des otages, dans le cadre d’un accord unique et global ».
La déclaration faite par les familles des otages, dont beaucoup critiquent souvent le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, reflète le point de vue exprimé par Jérusalem sur cette initiative.
Les responsables israéliens se sont opposés à l’unanimité à ce que des pays reconnaissent unilatéralement un État palestinien, arguant que cela encouragerait le terrorisme et que cela priverait Israël d’un moyen de pression dans le cadre des efforts déployés pour garantir le rapatriement des otages.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que les dépouilles d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmée par l’armée israélienne. Vingt otages seraient encore en vie et le sort de deux autres suscite de vives inquiétudes, ont déclaré des responsables israéliens. Parmi les corps détenus par le Hamas figure celui d’un soldat de l’armée israélienne assassiné à Gaza en 2014.
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