Netanyahu interviewé sur son voyage à New York, sa demande de grâce et sur la paix

Le Premier ministre israélien a affirmé, contredisant des sondages qui montrent que sa coalition peine à conserver la majorité lors des prochaines élections, qu'il bénéficiait d'un large soutien en Israël

Andrew Ross Sorkin interviewe à distance le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur scène lors du New York Times DealBook Summit 2025 au Jazz at Lincoln Center, le 3 décembre 2025 à New York. (Crédit : David Dee Delgado / Getty Images via AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué mercredi qu’il prévoyait toujours de se rendre à New York malgré les menaces du maire élu Zohran Mamdani de l’arrêter conformément à un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale. Malgré les déclarations de M. Mamdani, une telle arrestation paraît très improbable, d’autant qu’il n’est pas sûr qu’il en ait l’autorité.

« Oui, je viendrai à New York », a déclaré M. Netanyahu lors d’une interview par vidéo avec le forum Dealbook du New York Times, sans évoquer d’événement ou de date en particulier pour un tel déplacement.

Lorsqu’on lui a demandé s’il chercherait à s’entretenir avec M. Mamdani, M. Netanyahu a répondu : « S’il change d’avis et reconnaît notre droit d’exister, cela constituera une bonne occasion d’entamer le dialogue ».

Issu de l’aile très à gauche du Parti démocrate, Zohran Mamdani deviendra en janvier le premier maire musulman de New York, après sa victoire électorale début novembre.

Ce socialiste démocrate qui sera le premier maire musulman et sud-asiatique de New York, a assuré qu’il soutenait le droit d’Israël à exister, mais a refusé de dire qu’Israël avait le droit d’être un État juif, ajoutant qu’aucun pays ne devrait avoir une « hiérarchie de citoyenneté » fondée sur la religion ou d’autres facteurs.

Mamdani a qualifié Israël de « régime d’apartheid » et la riposte contre les terroristes palestiniens dans la bande de Gaza de « génocide ». Il a d’abord refusé de condamner des slogans tels que « mondialiser l’Intifada » ou d’appeler au désarmement du Hamas, mais il est ensuite revenu sur sa position sur ces deux points à la suite de vives réactions.

Le maire élu a promis d’envoyer la police municipale pour exécuter les mandats d’arrêt contre les dirigeants recherchés par la CPI, notamment M. Netanyahu ou le président russe Vladimir Poutine.

Le maire élu de New York, Zohran Mamdani, à New York, le 10 novembre 2025. (Crédit : AP/Richard Drew)

La CPI, basée à La Haye, a émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu, ainsi que son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerres et contre l’humanité dans la bande de Gaza dans le cadre de l’offensive israélienne menée en représailles à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Ces accusations ont été fermement contestées par Israël.

Ni les Etats-Unis ni Israël ne reconnaissent la CPI. Israël, les États-Unis et la Russie font partie des pays qui ont refusé d’adhérer à la CPI.

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La ville de New York abrite la plus grande population juive hors d’Israël ainsi que le siège des Nations unies, où M. Netanyahu assiste régulièrement à l’Assemblée générale annuelle.

Il s’est également rendu à plusieurs reprises à Washington pour y rencontrer Donald Trump, qui a imposé des sanctions visant la CPI.

Plus tard dans l’interview, Netanyahu a été interrogé sur son âge et sur l’impact que celui-ci pourrait avoir sur sa capacité à continuer d’exercer ses fonctions de Premier ministre. Âgé de 76 ans, il a refusé de dire quand il prendrait sa retraite. Netanyahu, le dirigeant israélien le plus pérenne de l’histoire d’Israël, a connu quelques problèmes de santé ces dernières années.

« Je ne mesure pas cela en termes de temps », a-t-il déclaré. « Je le mesure en termes de missions, de tâches. »

Il a affirmé, contredisant des sondages qui montrent que sa coalition peine à conserver la majorité lors des prochaines élections, qu’il bénéficiait d’un large soutien en Israël.

« Je suis soutenu par une grande majorité de la population du pays », a-t-il affirmé. « Vous ne le sauriez jamais en lisant les médias étrangers, mais c’est [la vérité]. C’est pourquoi je continue à remporter ces élections. »

Il a déclaré que ses deux priorités pour l’avenir étaient l’innovation technologique, y compris en matière d’IA, et ce qu’il a appelé une « paix plus large ».

« Je pense qu’une nouvelle révolution se prépare », a-t-il déclaré à propos de la technologie. « J’ai l’intention de la piloter, tout en œuvrant pour une paix plus large. Ce sont deux tâches énormes que j’aimerais accomplir. Et quand l’Histoire est à portée de main, on ne se met pas en retrait. On avance. C’est ce que je fais. »

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Interrogé sur son procès pénal en cours pour fraude, corruption et abus de confiance, Netanyahu a qualifié les accusations de corruption portées contre lui de « fausses », et a accusé le ministère public de chercher à le destituer de ses fonctions.

Ces derniers jours, Netanyahu a officiellement sollicité la grâce du président Isaac Herzog dans le cadre de son procès qui dure depuis des années, tout en affirmant n’avoir rien fait de mal, présentant cette demande comme un désir de se libérer de cette procédure longue et fastidieuse au nom de « l’intérêt national ».

« Ils ont continué [le procès] parce qu’ils ne veulent pas de justice. Ils veulent me faire quitter mes fonctions », a-t-il déclaré avant d’ajouter que « ce procès vient de s’effondrer, il est devenu une farce ».

Il a affirmé que « dans notre système, lorsque vous demandez une grâce, vous n’admettez aucune culpabilité, vous n’êtes pas obligé de le faire, et je ne le fais pas ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrivant pour une audience dans le cadre de son procès pour corruption, au tribunal de Tel Aviv, le 28 octobre 2025. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les juristes ont remis en question cette affirmation, et les détracteurs du Premier ministre affirment que bénéficier d’une grâce sans reconnaître ses torts porterait un coup fatal à l’État de droit en Israël.

Netanyahu a refusé de donner des détails sur ce dont lui et Trump ont discuté au sujet du procès lors d’un récent entretien téléphonique. Trump a demandé à plusieurs reprises que Netanyahu soit gracié, notamment en envoyant une lettre officielle à Herzog le mois dernier pour lui demander de le faire.

Interrogé sur la faisabilité de la normalisation avec l’Arabie saoudite malgré l’insistance répétée de Ryad sur le fait que les progrès dépendraient de la création d’une voie crédible vers la création d’un État palestinien, le dirigeant israélien a répondu que « personne ne croyait que nous obtiendrions la paix avec quatre États arabes dans les accords d’Abraham… Tout le monde disait que cela n’arriverait pas, mais cela s’est produit. »

« Je pense qu’il y a un très fort intérêt à faire avancer cette paix. Ce doit être une paix fondée sur la sécurité. Israël ne sacrifiera pas sa sécurité. Mais je pense que nous pouvons accomplir de grandes choses. Je pense que nous pouvons [signer] des accords de paix non seulement avec un pays, [mais] avec de nombreux pays, y compris des pays islamiques en dehors de la région », a-t-il conclu.

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