Un parti haredi place une femme sur sa liste électorale – une première en Israël

Nommée conseillère spéciale pour les affaires haredim au NSC en 2020, Nechumi Yaffe a coordonné après le 7-Octobre un centre d’urgence pour aider les familles touchées par les attaques

Dr. Nechumi Yaffe. (Crédit : Yifat Golan)

Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, un parti politique ultra-orthodoxe a désigné, lundi, une femme pour figurer sur sa liste de candidats à la Knesset en vue des prochaines élections.

Le parti « HaTzibur HaHaredi » (« Le public haredi »), récemment créé et présidé par Moti Leitner, a annoncé que la Dr. Nechumi Yaffe, chercheuse ultra-orthodoxe spécialisée en psychologie politique, avait rejoint ses rangs, à la veille de la date butoir fixée aux partis pour soumettre leurs listes définitives de candidats à la commission centrale électorale (CCE).

Dans un communiqué, HaTzibur HaHaredi a indiqué que Yaffe avait collaboré avec l’université de Harvard dans le cadre d’un projet de recherche axé sur la communauté ultra-orthodoxe, et qu’elle était membre éminente du corps enseignant ainsi que chercheuse à l’université de Tel Aviv.

En 2020, elle a été nommée conseillère spéciale pour les affaires haredim auprès du Conseil de sécurité nationale (NSC), avec pour mission de se pencher sur la pauvreté au sein de la communauté ultra-orthodoxe.

De plus, à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, elle a coordonné un centre d’intervention d’urgence chargé d’affecter des bénévoles pour venir en aide aux familles de « l’enveloppe de Gaza » – la région appelée en hébreu Otef Azza.

Leitner a souhaité la bienvenue à Yaffe au sein du parti, déclarant que « durant plus de trente ans de carrière dans l’enseignement et le monde universitaire, Yaffe s’est employée à faire progresser nos frères et sœurs haredim ».

Moti Leitner, chef du parti « HaTzibur HaHaredi » (« La Communauté ultra-orthodoxe »), ainsi que des membres et des sympathisants du parti, assistant au lancement de la campagne électorale du parti en vue des prochaines élections législatives israéliennes, à Beit Shemesh, le 23 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

On ignore encore quelle place elle occupera sur la liste des candidats du parti.

À l’heure actuelle, HaTzibur HaHaredi ne devrait remporter aucun siège lors de ces élections, ses intentions de vote se situant en deçà du seuil électoral de 3,25 %.

Si elle était élue, Yaffe ne serait pas la première femme haredi à siéger à la Knesset, mais elle serait la première à représenter un parti ultra-orthodoxe.

Créé le mois dernier, HaTzibur HaHaredi se présente comme une alternative aux partis ashkénazes plus traditionnels Yahadout HaTorah et Shas.

Il cherche à lutter contre la pauvreté au sein de la communauté haredi et prône l’enseignement laïc, l’insertion professionnelle et l’enrôlement dans l’armée israélienne pour toute personne qui n’étudie pas à temps plein dans une yeshiva.

Tsahal souffre d’une pénurie chronique d’effectifs, alors qu’environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans seraient actuellement éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés. Shas et Yahadout HaTorah ont fait pression pour l’adoption d’une législation exemptant la plupart des hommes ultra-orthodoxes de la conscription, et ont contribué le mois dernier à l’adoption d’une loi, depuis suspendue par la Haute Cour de justice, mettant fin aux arrestations des réfractaires.

De plus, les écoles haredim n’enseignent généralement pas les matières fondamentales nécessaires pour que les élèves puissent, à terme, intégrer le marché du travail, où les hommes ultra-orthodoxes sont sous-représentés.

Selon le quotidien Haaretz, la nomination de Yaffe est le résultat d’une longue campagne menée par des militantes féministes haredim.

Des Haredim bloquant la circulation lors d’une manifestation contre l’arrestation d’un réfractaire à la conscription ultra-orthodoxe, sur la Route 4 près de Bnei Brak, le 12 août 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Pnina Pfeuffer, fondatrice du groupe militant « The New Haredim », qui partage les idées du nouveau parti, a déclaré à Haaretz en début de semaine qu’elle avait été choquée de constater qu’il n’y avait initialement aucune femme au sein du parti, alors qu’elle avait travaillé avec ses fondateurs par le passé.

« Ce n’est pas comme si nous en voulions à Degel HaTorah de ne pas compter de femmes parmi ses membres. Ces personnes sont à nos côtés et nous travaillons ensemble ; nous nous attendions donc à en faire partie », a-t-elle ajouté.

« Il y avait beaucoup de colère à notre égard ; on nous traitait de puristes. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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