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Les ultra-orthodoxes ne paient que 4 % des impôts et coûtent des milliards à l’économie israélienne – IDI

Selon un chercheur, en 2025, les travailleurs non haredim paient en moyenne 3 540 shekels d'impôts en plus pour compenser le faible taux d'emploi des ultra-orthodoxes

Des étudiants étudiant à la yeshiva Kamenitz, à Jérusalem, le 25 juillet 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90/Dossier)
Des étudiants étudiant à la yeshiva Kamenitz, à Jérusalem, le 25 juillet 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90/Dossier)

Alors qu’elle représente 14 % de la population en âge de travailler, la communauté ultra-orthodoxe n’a généré que 4 % des recettes fiscales en Israël en 2023, ce qui a coûté des milliards au gouvernement et alourdi de plusieurs milliers de shekels la charge fiscale annuelle moyenne du travailleur non haredi, selon une étude de l’Institut israélien de la démocratie (IDI).

Si les tendances actuelles en matière de démographie et d’emploi se maintiennent, d’ici 2048, environ un quart de la population d’Israël sera haredi, mais ne contribuera qu’à 8 % des recettes fiscales directes, selon les projections de l’Institut israélien de la démocratie.

Selon cette étude – qui s’appuie sur les données du Bureau central des statistiques, de l’Autorité fiscale, de l’Autorité de la population et de l’Institut national d’assurance – c’est la rareté des enseignements profanes au sein des écoles ultra-orthodoxes qui explique la « sous-performance sur le marché du travail et des revenus des ménages très inférieurs au reste de la population juive, en particulier chez les hommes ».

En conséquence, explique-t-elle, « bien qu’ils consomment davantage de services publics, les ménages haredim paient moins d’impôts sur le revenu ».

Cinquante-quatre pour cent des hommes haredim avaient un emploi au premier trimestre 2024, contre 55,5 % en 2023. Du côté des femmes, le taux d’emploi augmente régulièrement, passant de 71 % en 2015 à 81 % en 2023, soit seulement 2 % de moins que les femmes non haredim.

Selon le Centre de recherche et d’information de la Knesset, les membres de la communauté ultra-orthodoxe bénéficient de nombreux avantages, dont des tarifs réduits dans les transports en commun, des aides au logement ou des déductions d’impôts municipaux.

Des enfants juifs ultra-orthodoxes jouent dans le quartier haredi de Mea Shearim, à Jérusalem, le 26 juin 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

En outre, en janvier 2024, 71 % des quelque 200 000 haredim inscrits dans des écoles de Torah ont versé des cotisations réduites à l’Institut national d’assurance, ce qui induit des manques à gagner annuels de l’ordre de 99,1 millions de shekels pour la sécurité sociale.

Dans l’ensemble, seuls 23 % des hommes et des femmes haredi paient des impôts sur le revenu, contre 62 % des hommes juifs non haredim et 46 % des femmes juives non haredim, explique l’étude de l’Institut israélien de la démocratie.

Si les ultra-orthodoxes travaillaient dans des proportions comparables à leurs homologues non haredim, ils généreraient 9,5 milliards de shekels de recettes fiscales directes et 44,6 milliards de shekels d’ici 2048.

Selon les calculs de l’étude de l’Institut israélien de la démocratie, en 2025, les travailleurs non haredim paieront en moyenne 3 540 shekels d’impôts de plus « pour compenser la faible participation des travailleurs haredim », un chiffre qui devrait atteindre 11 266 shekels d’ici 2048 si la tendance actuelle se maintient.

« C’est insoutenable – la tendance démographique, mais aussi le fait qu’ils ne fassent pas leur service et ne contribuent pas à la vie économique. Ce n’est tout simplement pas tenable », explique au Times of Israel lors d’un récent entretien téléphonique Gabriel Gordon, chercheur à l’Institut israélien de la démocratie et auteur de l’étude.

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que les incitations ne sont pas là où elles devraient pour inciter au changement », ajoute-t-il en parlant des subventions et aides dont bénéficient les Haredim.

Gordon estime que son étude disqualifient les propos des représentants des haredim selon lesquels cette communauté contribue davantage qu’elle ne reçoit du gouvernement.

Gabriel Gordon, chercheur à l’Institut israélien de la démocratie. (Institut israélien de la démocratie)

« Je ne comprends pas que l’on puisse dire qu’indépendamment du fait que vous travailliez ou non, les impôts seront les mêmes », souligne Gordon en invoquant non seulement ses propres recherches mais aussi un récent rapport du très conservateur Kohelet Policy Forum, selon lequel 80 % des ménages ultra-orthodoxes reçoivent plus du gouvernement qu’ils ne paient d’impôts.

Dans l’ensemble, selon Kohelet, les familles haredim reçoivent en moyenne plus de 4 000 shekels chaque mois, alors que les familles non haredim paient elles plus de 6 000 shekels en tout, à commencer par les impôts indirects.

S’adressant au Times of Israël au sujet du budget 2025 le mois dernier, le député du parti Yahadout HaTorah, Moshe Roth, faisait valoir que la majorité des recettes fiscales israéliennes ne venaient pas de l’impôt sur le revenu mais des taxes prélevées sur les ventes ou achats d’appartements et autres transactions, de sorte qu’« il n’y a pas de différence entre ceux qui travaillent et les autres » en matière de recettes fiscales.

« Le peuple haredi est calomnié et délégitimé », avait-il conclu au moment de l’interview.

Le point de vue de Roth est le reflet de la majorité de la communauté haredi. Selon un sondage réalisé en 2023, commandité par le quotidien financier The Marker (en hébreu), 87 % des Haredim estiment que leur contribution économique est similaire sinon supérieure à celle des autres segments de la population.

Les études de l’Institut israélien de la démocratie et du Kohelet Policy Forum ne sont pas les seules recherches récentes à établir que l’actuel statu quo concernant la communauté haredi se fait à un prix élevé.

Selon une analyse interne du ministère des Finances de 2024, avant le pogrom commis le 7 octobre 2023 par les terroristes du Hamas, la moindre participation des membres de la communauté ultra-orthodoxe au marché du travail coûtait à l’économie des dizaines de milliards de shekels chaque année, sans compter la surcharge de service imposée aux réservistes du fait de leur exemption de service militaire, laquelle devrait coûter des milliards de plus à l’avenir.

Citant des estimations des milieux de la Défense, la division du budget du ministère des Finances indiquait que « les besoins actuels en matière de sécurité font peser un lourd fardeau » sur les réservistes, des centaines de milliers d’entre eux étant obligés de faire des services allant jusqu’à 60 jours pour des coûts estimés à quelque 30 milliards de shekels par an.

Des Israéliens ultra-orthodoxes bloquent une route et affrontent la police lors d’une manifestation contre l’enrôlement des hommes haredim dans l’armée, à Ramat Gan, le 24 décembre 2024. (Itai Ron/Flash90)

« Il existe un réel besoin économique d’augmenter le plus possible le nombre de recrues haredim au sein de l’armée israélienne », conclut le document.

Dans un courrier adressé à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset en février dernier, Yogev Gardos, chef du Service du budget du ministère, plaidait en faveur de sanctions sévères et de long terme à l’encontre des réfractaires haredim.

Selon Gardos, les prestations susceptibles d’être réduites dans le cadre des sanctions appliquées à ces réfractaires pourraient être les aides au service de garderie, les allocations versées aux étudiants de yeshiva, les taux réduits de versement à l’Institut national d’assurance, les aides au logement ou encore les réductions d’impôts fonciers.

Les aides et autres allocations versées aux étudiants qui étudient dans une yeshiva mais sont éligibles à l’enrôlement au sein de l’armée israélienne ont été réduites dès l’an dernier.

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