Une enquête officielle et la restitution des corps des 11 otages morts exigées
Selon Eitan Horn, les rassemblements hebdomadaires sont de 'l'une des luttes civiles les plus importantes de l'Histoire' ; le Conseil d'octobre s'engage à intensifier la pression pour obtenir une enquête sur le 7-Octobre
Plusieurs rassemblements ont eu lieu samedi soir pour réclamer la restitution des corps des onze otages morts toujours détenus à Gaza dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages, ainsi que pour demander la création d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui ont entouré le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.
Depuis la Place des Otages à Tel Aviv, Eitan Horn, l’un des vingt derniers otages relâchés le mois dernier, a déclaré qu’au cours des 738 jours passés dans les geôles du Hamas, « même lorsque la situation était très difficile et frustrante, même lorsque je mourais de faim, même lorsque des bombes tombaient juste à côté de moi, je savais que je retrouverais mes frères, ma famille, ma nation, vous tous ».
Entouré de ses frères Amos et Iaïr, ce dernier ayant été relâché en février dans le cadre d’un précédent cessez-le-feu, Eitan a déclaré qu’il était « encore trop tôt pour tirer des conclusions ».
« Je ne suis pas disposé à reprendre ma vie quotidienne tant que mes onze frères ne seront pas rentrés à la maison », a-t-il ajouté.
« Les funérailles et les tombes ne sont pas un privilège, et nous ne pouvons plus attendre. Nous devons tous les ramener maintenant. »
« Je me tiens ici aujourd’hui comme symbole de l’abandon et des destructions du 7-Octobre », a-t-il déclaré à la foule après deux ans de manifestations hebdomadaires pour la libération des otages.
« Je me tiens également ici comme symbole de votre pouvoir fou et du succès de la lutte civile, qui a été peut-être l’une des plus importantes de l’Histoire. Une lutte qui façonnera l’avenir de notre pays. »
Yael Adar, la mère de Tamir, dont le Hamas a rendu la dépouille la semaine dernière dans le cadre du cessez-le-feu présenté comme la « première étape » du plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza, a déclaré qu’Israël « ne devait pas passer à la phase suivante de l’accord avant que le dernier otage ne soit rendu ».
« C’est l’essence même du principe de ne laisser personne derrière », a déclaré Yael devant les milliers de personnes rassemblées sur la Place des Otages.
Les dépouilles de onze otages morts sont toujours retenues à Gaza, dont celle de Hadar Goldin, un soldat tué au combat lors de la guerre de Gaza en 2014. Les autres ont été enlevés lors de l’assaut barbare et sanglant du 7-Octobre.
Yaël s’est souvenue de ses premières critiques à l’égard de l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, qui accordait 72 heures au Hamas pour restituer les vingt derniers otages vivants sans fixer de délai précis pour la remise des dépouilles des vingt-huit autres.
Le 10 octobre, l’armée israélienne a achevé son redéploiement à Gaza, et le délai de 72 heures accordé au Hamas pour restituer les vingt otages vivants et les vingt-huit otages morts a commencé à courir.
Avant le cessez-le-feu, le groupe terroriste détenait les corps de vingt-huit otages morts. Il a depuis restitué dix-sept d’entre eux, ainsi que les vingt otages survivants, sur les deux cent cinquante et un qui avaient été enlevés le 7 octobre 2023.
Le Hamas affirme ne pas encore avoir réussi à localiser les corps de certains des onze otages restants et déclare avoir besoin d’aide pour les localiser et les récupérer.
« Trop de ’72 heures’ se sont écoulées et onze otages sont toujours détenus par le Hamas, privés de tout droit fondamental à être enterrés dans le respect », a souligné Yael.
« Le Hamas se joue de nous : nous leur avons laissé une porte ouverte dans l’accord et ils en profitent. »
« Je me suis jurée que Tamir ne serait pas mort en vain », a-t-elle ajouté.
« Il est le symbole de la réhabilitation sociale, qui passe par le retour du dernier otage. »
Les proches des otages réclament la création d’une commission d’enquête
Lors d’un autre rassemblement samedi soir, des centaines de manifestants se sont réunis devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, rue Azza, à Jérusalem, pour réclamer la mise en place immédiate d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances ayant entouré les attaques du 7-Octobre. Le Premier ministre refuse cette demande depuis plus de deux ans et il a jusqu’à présent refusé de mettre en place toute autre forme d’enquête.
La manifestation était menée par le Conseil d’octobre, une organisation qui représente des centaines de familles endeuillées, dont des proches d’otages, des habitants des communautés frontalières et des survivants du massacre de 2023.
En scandant des slogans à travers des mégaphones et en frappant sur des tambours, les manifestants ont réclamé « une commission d’enquête nationale immédiatement, sinon l’escalade à l’échelle nationale ».
« Mon fils a été assassiné après s’être caché pendant des heures, abandonné à la mort, et personne n’enquête », a déclaré Yoram Yehudaï, dont le fils Ron, 24 ans, a été tué lors du festival de musique Nova.
« Netanyahu refuse depuis deux ans d’assumer ses responsabilités et fait tout pour empêcher la vérité d’éclater. »
« L’époque où les citoyens sont enterrés et où les dirigeants se cachent est révolue », a déclaré Eyal Eshel, dont la fille, la sergente Roni Eshel, 19 ans, a été tuée sur la base militaire de Nahal Oz où elle servait en tant que soldate d’observation – ou tatzpitaniyot.
« La semaine prochaine, des dizaines de milliers de personnes se joindront à nous. Nous ne resterons pas silencieux », a-t-il ajouté.
Le Conseil d’octobre a déclaré que la manifestation de samedi n’était « que la première étape » d’une série de manifestations nationales prévues pour les semaines à venir.
« Le gouvernement s’efforce de dissimuler la vérité, nous nous efforçons de la révéler », a déclaré le groupe dans un communiqué.
« Nous continuerons à agir sur tous les fronts jusqu’à ce qu’une commission d’enquête nationale soit mise en place. »
Le gouvernement s’est longtemps opposé à la création d’une telle commission, d’abord en raison de la guerre, puis en raison des accusations de plusieurs ministres selon lesquelles le président de la Cour suprême, Isaac Amit, n’était pas digne de confiance pour nommer un juge impartial ou à la retraite à la tête de la commission.
Netanyahu s’est gardé d’assumer la responsabilité du massacre, affirmant à maintes reprises que les forces de sécurité, et non les dirigeants politiques, ont échoué à empêcher l’attaque la plus meurtrière de l’Histoire d’Israël.
Les sondages montrent qu’une majorité de la population israélienne estime qu’une telle commission devrait être mise en place.