Les dépouilles des otages tués Tamir Adar et Arie Zalmanowicz ont été rapatriées en Israël
Après le rapatriement de deux otages - Adar, tué lors du pogrom du 7 octobre et, selon Tsahal, Zalmanowicz, assassiné en captivité, il reste 13 otages décédés séquestrés à Gaza
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Mardi soir, le groupe terroriste du Hamas a remis à Israël, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, deux cercueils dont il a été confirmé qu’ils renfermaient les restes d’Arie Zalmanovicz, 85 ans, et Tamir Adar, 38 ans, tous deux résidents du kibboutz Nir Oz.
Les corps, récupérés par la Croix-Rouge dans le sud de la bande de Gaza, ont été remis à l’Armée israélienne, qui a inspecté les cercueils avant de les recouvrir de drapeaux israéliens et d’organiser une courte cérémonie dirigée par le grand rabbin de Tsahal, le général de brigade Eyal Krim.
Les dépouilles ont ensuite été conduites à l’institut médico-légal Abu Kabir de Tel Aviv à des fins d’identification et d’établissement des circonstances exactes de la mort, à l’issue de quoi les autorités militaires ont informé les familles, quelques heures plus tard.
Mardi, la branche militaire du Hamas avait effectivement annoncé que deux corps avaient été « retrouvés aujourd’hui dans la bande de Gaza », sans plus de détails.
Le rapatriement de ces deux corps a suivi de 24 heures celui de l’otage tué par le Hamas, Tal Haimi.
Ces deux derniers rapatriements des dépouilles de Zalmanowicz et Adar font passer de 15 à 13 le nombre des corps des otages décédés encore détenus dans la bande de Gaza. Au début du cessez-le-feu, le 10 octobre, ils étaient 28.
Conformément aux dispositions du cessez-le-feu, le Hamas a libéré les 20 derniers otages vivants lundi dernier, dans les 72 heures suivant le retrait d’Israël derrière la Ligne jaune, suivis des dépouilles de 15 otages tués.
Parmi les autres otages décédés figure un soldat tué au combat lors de la guerre de Gaza en 2014 – le dernier otage de l’époque précédant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Mardi toujours, la Croix-Rouge a déclaré avoir transporté 15 dépouilles palestiniennes entre Israël et Gaza, en application des termes du cessez-le-feu, ce qui porte le total à 165.
« Le Comité international de la Croix-Rouge a organisé aujourd’hui la remise de Palestiniens décédés aux autorités de Gaza. Les autorités sanitaires locales de Gaza ont confirmé que le nombre de personnes décédées reçues aujourd’hui était de 15 », a déclaré la Croix-Rouge dans un communiqué.
Conformément à l’accord de cessez-le-feu à Gaza, Israël restitue 15 dépouilles de Palestiniens pour chaque otage israélien libéré.
« Un fermier qui avait ça dans le sang »
Zalmanowicz, 85 ans, avait été enlevé chez lui, à Nir Oz, le 7 octobre. Depuis sa pièce sécurisée, il avait pu envoyer un texto à l’un de ses fils pour lui dire que des terroristes étaient entrés dans le kibboutz. Plus tard, des photos d’Arie ont été diffusées, le montrant en train d’être enlevé à Gaza à l’arrière d’une moto, blessé et en sang.
En novembre 2023, le Hamas avait diffusé une vidéo du corps de Zalmanowicz en affirmant qu’il était mort, ce que les autorités israéliennes n’avaient pas confirmé à l’époque. Le 1er décembre 2023 – suite à la libération de 105 otages à la faveur d’un cessez-le-feu – l’armée israélienne avait annoncé qu’Arie avait été assassiné en captivité « sur la base de nouveaux éléments et de renseignements ».
Les autorités ont fixé la date de sa mort au 17 novembre 2023, l’armée israélienne précisant mardi que les services de renseignement avaient recueilli la preuve qu’il avait été assassiné en captivité ce jour-là, et que des compléments d’information s’ajouteraient à l’issue de l’analyse des circonstances de sa mort.
Suite à la déclaration de sa mort en 2023, sa famille avait observé la shiva, la traditionnelle semaine de deuil juif, sans pouvoir lui organiser de funérailles, faute de corps. Zalmanowicz laisse dans la peine ses deux fils, Boaz et Yoav, et ses cinq petits-enfants. Sa femme, Ruth, était décédée en 1997.
L’ex-otage Farhan al-Qadi, secouru par les soldats de Tsahal en août 2024, avait été séquestré dans un hôpital de Gaza en compagnie d’Arie, qui était diabétique : il avait témoigné qu’Arie était mort à côté de lui, faute de soins appropriés, victime de malnutrition et de négligences.
« Il me racontait des histoires. De sa petite-fille qu’il adorait et de ses deux fils qui vivent dans le nord. Il en parlait tout le temps », avait rappelé al-Qadi lors d’une interview donnée une semaine après son sauvetage. Le jour de sa mort, « il avait fait ses adieux au kibboutz, à ses amis, à sa petite-fille… Ça m’a brisé le coeur. J’ai essayé de lui parler, je l’appelais ‘Arie, Arie’, mais rien. Il ne m’entendait plus. C’était fini. »
Zalmanowicz était l’un des quatre hommes originaires de Haïfa à l’origine du kibboutz Nir Oz – avec Amiram Cooper et Oded Lifshitz, eux aussi kidnappés et tués en captivité, et Shlomo Margalit, qui a lui survécu à l’attaque. La dépouille de Cooper se trouve toujours à Gaza.
« C’était un vrai agriculteur, un homme à l’aise avec le travail manuel et qui ne se sentait bien qu’avec un bleu de travail. Il avait l’agriculture dans le sang : il aimait valoriser la terre en tirant le meilleur parti du climat et en tentant de comprendre son impact sur nous », ont écrit les responsables du kibboutz Nir Oz dans la notice nécrologique de Zalmanowicz.
Tué en luttant contre les terroristes du 7 octobre
Adar, 38 ans, coordinateur adjoint de la sécurité du kibboutz Nir Oz, a été tué en luttant contre des terroristes, dans son kibboutz, le matin du 7 octobre, avant que son corps ne soit enlevé à Gaza par des membres du groupe terroriste du Front populaire de libération de la Palestine.
Son sort est demeuré incertain pendant de longs mois, jusqu’à ce que sa famille soit informée, le 5 janvier, qu’il avait été tué le jour du pogrom et que son corps avait été enlevé dans la bande de Gaza. La famille a fait la shiva pour Tamir, sans pouvoir organiser de funérailles.
Le matin du 7 octobre, Tamir avait rejoint l’équipe de sécurité du kibboutz dès qu’il avait pris connaissance de l’attaque, après avoir dit à sa femme et ses enfants de s’enfermer dans la pièce blindée.
Sa grand-mère, Yaffa Adar, a elle aussi été kidnappée ce jour-là et la photo d’elle, ce jour-là, est l’une des plus marquantes du pogrom : elle a été libérée 48 jours plus tard.
Tamir laisse dans la peine sa femme, Hadas, ses enfants Asaf et Neta, ses parents Yael et Moshe, et ses trois frères et sœurs, Nir, Inbar et Roni, sans oublier ses grands-parents.
« Même si la douleur de notre perte est immense, son retour nous apporte un grand soulagement. Tamir est libre d’être enterré dans son pays », a écrit Yael Adar sur Facebook. « Je suis reconnaissante pour ce qu’il a laissé derrière lui et pour son héritage, dont on continuera à parler. »
« Mon cœur est tourné vers les 13 familles qui attendent toujours leurs proches », a-t-elle ajouté.
Comme d’autres membres de l’équipe de défense civile tués en luttant contre les terroristes dirigés par le Hamas, le 7 octobre, Adar a été promu à titre posthume au grade de sergent-chef de réserve.
Dans sa nécrologie, le kibboutz a parlé d’un « père de famille qui aimait la nature et les gens. Un grand supporter du Maccabi Tel Aviv toujours entouré d’amis. »
Des équipes de l’AFP et du Times of Israel ont contribué à cet article.
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