Des manifestants à Tel Aviv fustigent Netanyahu et réclament le retour de Ran Gvili

1 500 manifestants, dont des ex-otages et des parents endeuillés, critiquent le gouvernement, réclament des élections et une enquête nationale sur le 7-Octobre

Un homme brandissant une photo de Ran Gvili, le dernier otage dont le corps est toujours détenu par des groupes terroristes à Gaza, qui prétendent ne pas savoir où il se trouve, lors d'une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 13 décembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Une foule d’environ 1 500 personnes s’est rassemblée samedi soir sur la Place Habima, à Tel Aviv, pour manifester contre le gouvernement, tandis que des rassemblements plus modestes ont eu lieu à Jérusalem, Haïfa et dans d’autres villes du pays.

Les manifestants réclamaient notamment le retour du dernier otage encore retenu à Gaza, le sergent-chef Ran Gvili, la création d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances ayant entouré le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et que le président Isaac Herzog n’accorde pas de grâce au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre de son procès en cours pour corruption.

« Nous sommes guidés par les valeurs juives et israéliennes qui nous ont été inculquées, et nous nous battons aujourd’hui parce que Ran Gvili est toujours à Gaza », a déclaré Kalanit Sharon, la maîtresse de cérémonie et responsable du groupe de protestation artistique « Pink Front ».

Après le discours, la foule a entonné l’Hatikva, l’hymne national israélien, puis a écouté un discours de Ron Scherf, du groupe de protestation des réservistes Frères d’armes. Ce dernier s’est heurté cette semaine au ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, qui a déclaré que les militants de son groupe seraient interdits de parole dans les écoles.

« Est-ce que vous pensez réellement qu’ils vont nous empêcher de parler aux élèves ? Ils fermeront une porte, et nous en ouvrirons 50 », a-t-il déclaré.

« C’est pour l’identité et l’existence de l’État d’Israël que nous nous battons. Serons-nous un État juif, démocratique, fort et sûr, ou un État messianique zélé ? »

Ron Scherf, chef de file de Frères d’armes, s’exprimant lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 13 décembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Carmit Palty Katzir, dont le frère Elad a été tué alors qu’il était détenu par le Hamas, a déclaré qu’un « fossé moral » séparait Netanyahu de ses détracteurs.

« Ils sanctifient la mort, et nous sanctifions la vie », a-t-elle déclaré, citant les propres mots de Netanyahu à propos du Hamas. « Netanyahu a prononcé ces mots et a permis que d’innombrables morts et meurtres aient lieu. »

« Nous payons cher cette conduite », a-t-elle ajouté.

Faisant référence à son frère et à une quarantaine d’autres otages qui ont été tués en captivité, Palty Katzir a déclaré que « chacun d’entre eux est une accusation » contre le Premier ministre.

Des personnes manifestant contre la demande de grâce du Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 13 décembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Elle a déclaré que Herzog aurait dû immédiatement rejeter la demande de Netanyahu visant à ce que le président mette fin aux poursuites pénales contre le Premier ministre, accusé de corruption.

« Netanyahu ne demande pas une grâce et ne mérite pas de grâce », a-t-elle affirmé.

« Il demande à rester au pouvoir, sans contrôle ni contrepoids. Le président Herzog aurait dû immédiatement rejeter une telle demande. »

Eyal Eshel, père de la soldate de surveillance assassinée Roni Eshel, a critiqué une proposition selon laquelle Herzog gracierait Netanyahu en échange d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances entourant le 7-Octobre, ce à quoi Netanyahu s’est opposé.

Eyal Eshel, dont la fille Roni Eshel était soldate de surveillance lorsqu’elle a été tuée le 7 octobre 2023, s’exprimant lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 13 décembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Il n’y aura pas de grâce pour le samedi 7-Octobre », a-t-il déclaré.

« Il n’y aura pas de grâce pour les personnes qui ont échoué et provoqué cette débâcle et ce désastre. »

La manifestation s’est dispersée lorsque Sharon, le maître de cérémonie, a entraîné la foule dans le chant de Hanoukka : « Nous sommes venus pour bannir les ténèbres. »

La fête des Lumières, qui dure huit jours, commencera dimanche soir.

Outre la manifestation principale à Tel Aviv, d’autres ont eu lieu à Jérusalem, Haïfa et dans d’autres villes et carrefours à travers le pays.

Dans la communauté du sud de Shaar HaNegev, la ville natale de Ran, l’ex-otage Eitan Horn a déclaré : « Tant que Ran ne sera pas rentré chez lui, je ne pourrai pas commencer à guérir. Nous ressentons tous cette douleur, et pour nous, ce processus ne pourra commencer qu’une fois qu’il sera de retour. »

« Nous ne devons pas nous arrêter ! Nous devons nous unir en tant que nation pour soutenir la famille Gvili, quelles que soient nos opinions politiques. C’est le moment de tirer les leçons de nos erreurs en tant que société et en tant que peuple, et de réparer cela en ne laissant pas Ran derrière nous. »

À Meitar, Lishay Miran Lavi, l’épouse de l’ex-otage Omri Miran, a déclaré : « Nous ne devons laisser personne derrière nous. »

Des manifestants anti-gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 13 décembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Je suis ici parce que j’ai promis d’être là où on aurait besoin de moi jusqu’au retour du dernier otage. Je suis ici parce que cette blessure ne cicatrisera pas et qu’aucun d’entre nous ne pourra se relever et se remettre tant que Ran sera encore là. »

En 2023, Israël a été secoué par des manifestations hebdomadaires, le samedi soir, contre les projets du gouvernement visant à modifier radicalement le système judiciaire. Ces rassemblements, qui ont réuni des centaines de milliers de personnes dans les rues, ont pris fin après l’assaut barbare et sanglant du Hamas le 7-Octobre, qui a déclenché la guerre.

Cependant, les manifestations hebdomadaires ont rapidement repris, réclamant que le gouvernement négocie un accord avec le groupe terroriste pour assurer le retour des otages.

La plupart de ces manifestations ont pris fin peu après le retour de tous les otages encore en vie, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre. Cependant, le retour des corps des otages morts a pris du retard et les manifestations se sont poursuivies, à la fois pour exiger que l’État veille à ce que tous les otages soient ramenés en Israël pour y être enterrés, et pour protester contre le gouvernement en général.

Ran est le seul otage dont le corps se trouve toujours à Gaza. Le groupe terroriste prétend ne pas savoir où il est enterré, bien qu’un reportage diffusé vendredi par la chaîne N12 ait indiqué qu’Israël avait fourni aux médiateurs une liste des noms de terroristes du Jihad islamique palestinien qui auraient une connaissance directe de l’emplacement de son corps.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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