La Turquie a soumis à l’ONU une lettre conjointe demandant un embargo sur les armes contre Israël

La lettre a été signée par 52 pays, dont l'Arabie Saoudite, le Brésil, l'Algérie, la Chine, l'Iran et la Russie, et 2 organisations, la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique

Le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan arrivant pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, au siège de l'OTAN, à Bruxelles, le 3 avril 2024. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

La Turquie a soumis à l’ONU une lettre conjointe, signée par 52 pays et deux organisations, demandant l’arrêt de la fourniture et de la livraison d’armes à Israël, a annoncé dimanche le ministre turc des Affaires étrangères.

« Nous avons écrit une lettre conjointe appelant tous les pays à cesser la vente d’armes et de munitions à Israël. Nous avons remis cette lettre, qui compte 54 signataires, à l’ONU le 1er novembre », a affirmé Hakan Fidan lors d’une conférence de presse à Djibouti où il s’est rendu pour une réunion du Partenariat Turquie-Afrique.

« Nous devons répéter à chaque occasion que vendre des armes à Israël signifie participer à son génocide », a ajouté M. Fidan qui a précisé que la lettre est « une initiative lancée par la Turquie ».

La lettre a été signée par 52 pays, dont l’Arabie Saoudite, le Brésil, l’Algérie, la Chine, l’Iran et la Russie, et deux organisations, la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Mi-octobre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait appelé les Nations unies à décréter un embargo sur les armes destinées à Israël, qui serait, selon lui, une « solution efficace » pour mettre fin au conflit contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

Erdogan a sévèrement critiqué Israël tout au long de la guerre à Gaza, allant jusqu’à menacer d’envahir Israël pour mettre fin à la guerre. En mai, il avait interdit le commerce avec Israël, mettant ainsi fin aux liens économiques solides qui unissaient les deux pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) et le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh lors de leur rencontre, à Istanbul, le 20 avril 2024. (Crédit : Présidence turque via AP)

Erdogan avait également rencontré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Istanbul en avril, plusieurs mois avant qu’il ne soit tué dans une explosion à Téhéran largement attribuée à Israël. Des responsables gouvernementaux ont déclaré au Times of Israel au début de l’année que la direction du Hamas avait brièvement quitté le Qatar pour la Turquie ce mois-là, en raison des tensions avec Doha.

Certains alliés d’Israël ont également envisagé de restreindre les livraisons d’armes au pays. Le président français Emmanuel Macron a déclaré le mois dernier qu’un embargo sur les armes était le seul moyen de mettre fin à la guerre à Gaza.

En septembre, le Premier ministre britannique Keir Starmer a interrompu la livraison de certaines armes par crainte qu’elles ne soient utilisées pour commettre des crimes de guerre, mais n’a pas appelé à un embargo total.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a également annoncé en septembre qu’elle suspendait une trentaine de permis de livraison d’armes à Israël, déclarant qu’Ottawa n’accepterait pas que « des armes ou des parties d’armes soient envoyées à Gaza ».

Les deux principaux fournisseurs d’armes d’Israël, les États-Unis et l’Allemagne, ont résisté aux appels à un embargo sur Israël, bien qu’ils aient tous deux été accusés d’avoir retenu certaines armes pendant la guerre.

read more: