Pour Netanyahu, Israël est prêt pour les cyber-attaques. C’est faux !
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Pour Netanyahu, Israël est prêt pour les cyber-attaques. C’est faux !

Données privées des Israéliens largement divulguées, même par les ministères ; Lois dépassées, non appliquées ; Abus des réseaux sociaux endémique ; Facebook est sourd aux requêtes

Le dépouillement des dernières urnes,  celles des soldats et autres élécteurs particuliers, au lendemain des élections légisaltives, le 18 mars 2015. (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)
Le dépouillement des dernières urnes, celles des soldats et autres élécteurs particuliers, au lendemain des élections légisaltives, le 18 mars 2015. (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)

La désinformation et les rumeurs malveillantes sont aussi anciennes que les élections elles-mêmes. Mais depuis les allégations d’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines de 2016, qui ont vu le piratage des courriels du parti Démocrate et l’utilisation de Facebook pour manipuler des informations, les préoccupations à ce sujet sont au premier plan au niveau mondial.

A la veille des élections françaises de 2017, les pirates informatiques avaient divulgué de grandes quantités de données de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. L’Allemagne a également fait les frais de ce genre de pratiques lorsqu’un pirate informatique – qui s’est révélé être un étudiant de 20 ans « agacé » par les commentaires de la classe politique – a récemment volé et publié sur Internet des données privées de centaines de responsables politiques allemands, dont la chancelière Angela Merkel.

Freedom House, un groupe américain qui défend la liberté et la démocratie, a rapporté que la désinformation avait joué un rôle important dans les élections d’au moins 18 pays l’année dernière.

En septembre, une société israélienne de cybersécurité a annoncé qu’elle avait découvert trois faux sites d’information en hébreu et en arabe dirigés par l’Iran et ciblant des Israéliens, ainsi qu’une vingtaine de faux comptes de réseaux sociaux.

Freedom House, un groupe américain qui défend la liberté et la démocratie, a rapporté que la désinformation a joué un rôle important dans les élections d’au moins 18 pays l’année dernière

L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a récemment déclaré lors d’une conférence sur le numérique organisée par le quotidien économique The Marker, que l’utilisation de robots (en ligne) et de fausses informations était un problème mondial qu’Israël devait être prêt à traiter.

Puis ensuite, il est apparu que le chef des services de sécurité du Shin Bet avait déclaré à un groupe d’amis de l’Université de Tel Aviv qu’un Etat étranger « avait l’intention d’intervenir » par des cyber-attaques lors des élections nationales israéliennes prévues pour le 9 avril.

Nadav Argaman, chef du service de sécurité du Shin Bet, assiste à la réunion de la Commission de la défense et des affaires étrangères à la Knesset le 6 novembre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Nadav Argaman a dit qu’il parlait de pirates informatiques, bien qu’il ignorat à quelles entités politiques le piratage serait profitable.

Malgré les démentis du Kremlin, la Russie – qui est soupçonnée d’essayer d’influencer le résultat du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, entre autres élections du monde – est largement considérée comme étant le responsable, bien que la censure militaire israélienne soit rapidement intervenue pour imposer un embrago sur l’identité des auteurs.

La cyber-vulnérabilité d’Israël

En août, la professeure Karine Nahon, présidente de l’Israel Internet Association et professeure agrégée à l’université de Washington à Seattle et au Interdisciplinary Center Herzliya, a écrit au juge Hanan Melcer, président actuel de la commission centrale électorale, pour lui signaler toute tentative visant à influencer le déroulement des élections en Israël.

Karine Nahon, Présidente de l’Israel Internet Association et professeure associée à l’Université de Washington et au Centre interdisciplinaire Herzliya, (Capture d’écran)

Elle l’a invité à mener un débat public sur le sujet avec des représentants d’organismes tels que les partis politiques, les plateformes de réseaux sociaux et les entreprises informatiques.

« A mon avis, en Israël aussi, il y a des tentatives – externes et internes – de manipuler et d’influencer le discours public et les élections », a écrit Nahon. « Ces tentatives s’intensifieront et se sophistiqueront à l’approche des élections israéliennes. »

Lotem Finkelstein, qui dirige le bureau de renseignements sur les menaces de Check Point Software Technologies, a déclaré au Times of Israel que ses chercheurs n’avaient pas encore observé de cyber-attaques liées aux élections, mais qu’ils n’en étaient encore qu’à leurs débuts.

A LIRE : Vaste piratage informatique sur de nombreux sites israéliens

Le militant et blogueur en haute technologie Noam Rotem a déclaré que depuis le déclenchement de la campagne électorale, il avait constaté une petite hausse suivie d’une baisse de l’activité des outils de manipulation en ligne, connus sous le nom de « sock puppet » [Faux-nez – faux profil] – des identités utilisées pour leurrer les internautes. « Je pense que les réseaux se préparent à des activités qui s’intensifieront à mesure que nous approcherons du jour du scrutin, » a-t-il déclaré.

En octobre, juste avant la tenue des élections locales à l’échelle du pays, l’Autorité nationale de la cyber-sécurité [Israel National Cyber Directorate], basée dans le bureau du Premier ministre, a révélé non seulement qu’elle travaillait avec des géants des réseaux sociaux en ligne pour prévenir les ingérences, mais que des milliers de faux profils Facebook créés pour diffuser des informations falsifiées sur des candidats politiques israéliens avaient été supprimés à sa demande, ainsi que « beaucoup de profils créés pour essayer de faire évoluer l’opinion publique et pour manipuler les réseaux sociaux ».

Erez Tidhar, chef de l’Unité des protections individuelles de la Direction nationale du cyber, s’exprimant devant la Commission scientifique et technologique de la Knesset, le 15 octobre 2018. (Capture d’écran)

Erez Tidhar, chef de l’unité des protections individuelles de l’Autorité, a déclaré à la commission scientifique et technologique de la Knesset que ces comptes faisaient partie des 583 millions que le géant des réseaux sociaux avait fermés au premier trimestre de l’année dernière en raison du risque de fake news qui y sont diffusées.

Tidhar a indiqué lors de la réunion que les partis politiques israéliens étaient derrière certains des faux profils Facebook.

Cependant, ni l’Autorité nationale de la cybersécurité ni le cabinet du Premier ministre ne sont disposés à donner davantage de détails et ont depuis refusé toutes les demandes d’interview du Times of Israel.

Les élections locales ont en effet été marquées par un nombre important de faux profils et publications, pour lesquels les autorités gouvernementales ne disposaient manifestement pas des moyens nécessaires pour les gérer en temps réel.

Ces élections ont également montré à quel point les données personnelles des Israéliens sont largement utilisées à mauvais escient.

De multiples atteintes à la protection des données dans le monde entier et dans différents secteurs d’activité – à la suite d’accidents ou de piratages informatiques – ont rendu des milliards de données disponibles, rapportait Market Watch l’an dernier.

Parfois, les données sont obtenues légalement auprès de courtiers en données. Selon Fractl, une agence de marketing de contenu, on peut aussi se les procurer sur le dark web, tout comme les drogues, les contenus piratés et les outils de hameçonnage. Sur le dark web, on peut acheter toute son identité en ligne pour seulement 1 200 dollars.

Les lois sont nombreuses, mais sont-elles appliquées ?

Israël ne manque pas de législation protégeant la confidentialité des données. Les citoyens sont censés être protégés par la Loi fondamentale : Dignité et liberté humaines et par la loi sur la protection de la vie privée de 1981, qui traite spécifiquement des bases de données et énonce les exigences en matière d’enregistrement, la transparence, les obligations de sécurité et les droits d’accès des individus.

En 2006, le ministère de la Justice a créé l’Autorité israélienne chargée de la loi sur l’information et la technologie [Israeli Law Information and Technology Authority].

Plus récemment, en mai 2017, de nouvelles règles de sécurité des données ont été adoptées qui vont au-delà de certaines des lois officielles de l’UE en matière de protection des données. Un amendement proposé à la loi de 1981 n’est pas encore entré en vigueur – s’il le devient, il conférera à l’autorité chargée des technologies de l’information des pouvoirs supplémentaires et alourdira considérablement les sanctions en cas de violation.

Le dépouillement des votes des soldats et d’autres électeurs particuliers, au Parlement, à Jérusalem, au lendemain des élections générales pour la 20e Knesset (Credit photo : Miriam Alster/FLASH90)

Mais il semble y avoir un écart entre la législation et le respect de la loi, ainsi qu’un manque d’expertise technique juste là où elle est nécessaire.

En mars 2017, l’Information and Technology Authority a envoyé un formulaire à remplir par les personnes intéressées à assister à une conférence sur la protection de la vie privée. Mais comme la personne qui a envoyé le formulaire à une liste d’envoi l’a fait en faisant suivre un lien de quelqu’un d’autre dans le bureau, l’autorité a effectivement gardé le même formulaire ouvert en ligne pour que différentes personnes puissent le remplir.

Les organismes publics israéliens partagent régulièrement nos informations les plus intimes avec le secteur privé

Gai Zomer, un militant en faveur de la transparence, était l’un des destinataires. Il a commencé à remplir le formulaire, l’a sauvegardé pour le compléter plus tard dans la journée, puis, lorsqu’il l’a rouvert, il a vu que quelqu’un d’autre avait rempli ses informations personnelles. Chaque fois qu’il appuyait sur « refresh » sur son ordinateur, les coordonnées d’un autre destinataire apparaissaient. Au total, 239 personnes ont ouvert ce formulaire et auraient pu accéder aux données personnelles des 238 autres.

M. Zomer a déclaré que les organismes publics partagent régulièrement nos informations les plus intimes avec le secteur privé.

« Ce n’est pas par malveillance, mais plutôt par manque de sensibilisation aux dangers potentiels que cela comporte », a déclaré M. Zomer au Times of Israel.

Dans un cas, après avoir reçu un appel téléphonique non sollicité qui tentait de lui présenter une police d’assurance, il a découvert que le ministère de la Défense avait confié la gestion d’un club de soldats démobilisés à une société privée appelée Knowledge for All et que celle-ci avait manifestement transféré les données des soldats à des sociétés qui tentent de susciter l’intérêt des consommateurs pour des certains produits.

Les informations détenues sur tous les Israéliens par le registre de la population du ministère de l’Intérieur ont été divulguées depuis longtemps

Dans un autre cas, Zomer – qui utilise la législation sur l’accès à l’information pour extraire des données des sociétés de réseaux sociaux – a découvert que Facebook stockait des données personnelles fournies par la caisse d’assurance maladie Meuhedet.

Les autorités ministérielles limitent la taille des courriels qui peuvent être envoyés à 15 Mo, poursuit-il, de sorte que les employés transfèrent souvent les données par JumboMail, qui est facilement piraté.

Les informations détenues sur tous les Israéliens par le registre de la population du ministère de l’Intérieur ont été divulguées il y a longtemps, a ajouté M. Zomer. Les détails du registre ont été régulièrement recoupés avec d’autres ensembles de données disponibles afin de créer des listes de diffusion pour différents secteurs de la société sur différents sujets. Les disques d’ordinateur contenant les données électorales fournies à chaque parti politique à l’approche des élections nationales ont également été traités de manière cavalière, a-t-il indiqué.

M. Zomer a déclaré que l’un des moyens les plus sophistiqués de faire de la publicité aujourd’hui était de fournir une base de données à Facebook, de demander à Facebook de faire correspondre les identités sur la liste avec les profils Facebook – un service fourni par Facebook – et ensuite d’envoyer des annonces sur les profils. « Personne n’a aucun moyen de savoir d’où proviennent les ensembles de données initiaux », explique-t-il.

Législation obsolète

En ce qui concerne les fausses nouvelles et la désinformation, la protection provient principalement de la Loi électorale (Propaganda Methods) de 1959, qui a été rédigée avant l’avènement d’Internet et traite principalement de la publicité sur les panneaux publicitaires, la radio, les avions et les bateaux.

Un projet de loi visant à lutter contre les fausses nouvelles en obligeant les auteurs de tout contenu politique payant, y compris les commentaires, à s’identifier publiquement, a été bloqué par le Premier ministre

Depuis lors, les amendements ont étendu la loi à la télévision, aux stations de radio régionales et aux sondages électoraux publiés, mais pas encore à l’Internet.

En novembre, une commission présidée par l’ancienne présidente de la Cour suprême Dorit Beinisch et chargée d’examiner les règlements électoraux et les campagnes électorales a présenté une proposition visant non seulement à étendre la loi sur la propagande électorale au contenu en ligne, mais aussi à donner à la commission centrale électorale plus de pouvoir juridique pour prévenir la manipulation en ligne.

L’ancienne présidente de la Cour suprême Dorit Beinisch à la résidence du président à Jérusalem, le 21 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La commission a préconisé la répression des fausses nouvelles en obligeant les auteurs de tout contenu politique payant, y compris les commentaires, à s’identifier publiquement – une mesure qui s’appliquerait à la fois à Internet et au matériel de campagne plus traditionnel, comme les affiches.

Mais pour des raisons qui restent obscures, le Premier ministre a bloqué un projet de loi qui tenait compte des recommandations avant même qu’il n’arrive en première lecture à la Knesset.

Le juge Hanan Melcer, de la Cour suprême, devait tenir une discussion sur une requête déposée par deux avocats devant la commission centrale électorale

pour que la loi de 1959 soit néanmoins étendue à la propagande en ligne.

D’où viennent les menaces ?

Les chercheurs de Check Point Software Technologies ont identifié quatre groupes qui ont la volonté de perturber les élections démocratiques en général.

Bulletins de vote avec les noms des différents partis politiques en lice pour le 20e Parlement lors des élections générales israéliennes, vus dans un bureau de vote à Jérusalem le 17 mars 2015. (Miriam Alster/FLASH90)

Il s’agit d’acteurs étatiques qui cherchent à délégitimer le processus électoral démocratique et à saper la confiance dans le processus et le système démocratiques, de candidats et de partis qui veulent influencer les élections pour gagner, de soi-disant « activistes » qui veulent influencer le vote ou façonner le débat public, et de pirates qui veulent être connus et remarqués.

En théorie, ces groupes pourraient pirater les systèmes de gestion des élections du ministère de l’Intérieur pour fouiller dans les informations sur les électeurs ou pour faire le décompte des voix. Cela dit, en octobre, le fonctionnaire qui dirige le service des systèmes d’information du ministère a déclaré à la commission scientifique et technologique de la Knesset que la sécurité des systèmes électoraux récemment améliorés avait été testée à fond.

Les pirates informatiques pourraient également détruire des sites Web qui contiennent des renseignements essentiels sur l’emplacement des isoloirs.

Les Israéliens continuent de voter manuellement, plaçant de petits morceaux de papier portant le nom du candidat ou du parti préféré dans des enveloppes dans les bureaux de vote. Les primaires des partis, en revanche, ont maintenant recours au vote numérique, ce qui les expose davantage aux dangers potentiels du piratage informatique.

Eli Bahar, de l’Institut israélien de la démocratie. (Autorisation)

Eli Bahar, chercheur à l’Institut israélien de la démocratie et ancien conseiller juridique du service de sécurité du Shin Bet, et Ron Shamir, ancien chef de la division technique du Shin Bet, rédigent actuellement un article sur la cyber-protection pour les élections israéliennes. Leur examen du piratage électoral à l’étranger a révélé des points faibles pour l’ingérence injustifiée, y compris les attaques pré-planifiées de déni de service pour fermer les systèmes et les sites Web à un moment crucial.

Lavi Lazarovitz, chef d’équipe des laboratoires de CyberArk, la deuxième plus grande société israélienne de cybersécurité cotée en bourse, a déclaré que les cyber-attaques le jour des élections sur des infrastructures essentielles comme les réseaux de transport public ou d’électricité pourraient mener au chaos, affecter la participation électorale et faire beaucoup plus de dégâts que mille robots en mission pour un gouvernement étranger.

Si ce n’est pas assez effrayant, pensez aux actions d’Andrés Sepúlveda, qui a été arrêté et condamné à dix ans de prison dans une prison colombienne après avoir truqué des élections partout en Amérique latine. Comme Bloomberg Businessweek l’a exposé, Sepúlveda a travaillé avec des pirates informatiques qui ont volé des stratégies de campagne, installé des logiciels espions dans les bureaux de l’opposition, écouté numériquement des personnalités politiques, installé des logiciels malveillants dans les routeurs pour mettre des téléphones sur écoute, et exaspéré des dizaines de milliers d’électeurs dans les États en ballotage en demandant à des ordinateurs de les appeler à 3 heures du matin se faisant passer pour un candidat que Sepulveda voulait faire perdre ; le candidat a perdu.

Dans son livre révolutionnaire, The Road to Unfreedom: Russia, Europe and America, Timothy Snyder fait la distinction entre ce qu’il appelle aujourd’hui la politique de l’inéluctable et la politique éternelle, qu’il attribue à des dirigeants de Russie, comme Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/ Pool/Yuri Kadobnov)

En Occident, où la politique de l’inéluctable règne encore, les institutions juridiques permettent le transfert sans heurt du pouvoir et le changement pacifique des dirigeants, et l’avenir de chacun est promis à une amélioration progressive.

Dans des endroits comme la Russie, « le progrès ouvre la voie à la ruine » alors que les politiciens de la politique éternelle cimentent leur propre pouvoir en créant des crises, en orchestrant l’indignation, en exagérant les menaces étrangères, en divisant la population et en se présentant comme les rejetons d’un passé glorieux et les seuls qui sortiront la nation promise de cette ruine.

Snyder présente Poutine comme un politicien éternel, intéressé à semer la discorde dans le monde démocratique pour délégitimer le système démocratique de gouvernement et renforcer sa propre position dictatoriale.

Manipulation de l’information

Les élections présidentielles américaines de 2016 et le travail de la société britannique Cambridge Analytica, qui a recueilli des données auprès de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook et a ensuite développé des algorithmes (règles mathématiques) pour cibler les électeurs au moyen de messages politiques personnalisés, ont mis en lumière la quantité de renseignements que le géant des réseaux sociaux rassemble concernant chaque utilisateur de sa plateforme.

Les outils numériques permettent aux sociétés de relations publiques d’analyser les opinions politiques des gens plus attentivement que jamais – en suivant leurs conversations en ligne, leurs connexions et leurs préférences vidéo

Facebook ne recueille pas seulement des données sur les goûts, les aversions, les habitudes de clic et de visionnement des utilisateurs, les tendances politiques et religieuses, les préjugés et les amis. Ses tentacules s’étendent également aux sites des entreprises qui font de la publicité avec elle, c’est pourquoi les gens peuvent être bombardés de publicités pour des chaussures après avoir cliqué sur un site de chaussures qui n’a ostensiblement rien à voir avec Facebook.

Shai Agiv de Neto Net, l’une des rares sociétés de publicité numérique impliquées dans les campagnes politiques israéliennes à vouloir parler aux médias, a récemment déclaré à la chaîne d’information Hadashot que les outils numériques permettent aux sociétés de relations publiques de suivre les opinions politiques des gens plus attentivement que jamais auparavant en surveillant leurs conversations, connexions et préférences vidéo en ligne.

Le flou entre la réalité et la fiction

Noam Rotem, qui passe une grande partie de son temps libre à essayer d’établir des liens et des modèles entre des robots (robots en ligne se faisant passer pour de vraies personnes) qui apparaissent soudainement en grand nombre, a déclaré lors d’un séminaire à l’Université ouverte de la ville de Raanana, que la clé du succès pour les politiciens qui sont prêts à se livrer à un sale jeu est d’exploiter et d’approfondir les divisions existantes dans la société et de renforcer le pouvoir d’un groupe aux dépens d’un autre.

Noam Rotem (Autorisation)

Le candidat (appelons-le « A », bien que cela puisse également être « La candidate ») doit donner l’impression qu’il jouit d’un large consensus et doit semer ses idées parmi le public, commence par dire Rotem.

La façon habituelle d’y parvenir est de placer un article dans un journal, dont les rédacteurs en chef jouent un rôle dans le filtrage de ce qu’ils considèrent comme inacceptable. Mais si cela ne fonctionne pas, la prochaine étape pour A pourrait être d’aller sur une plateforme de réseaux sociaux pour acheter de la publicité. « A » ou sa société de relations publiques peut également créer une armée de robots – qui volent les bios de personnes réelles et les photos de profil de Google pour apparaître comme des utilisateurs authentiques.

Les robots amplifient les messages parce que les électeurs sont plus susceptibles d’accorder de la crédibilité à un message qui a des centaines ou des milliers de « likes » – et il est impossible de savoir si les « likes » sont des personnes réelles ou des robots.

Si « A » peut placer une histoire qui lui est complémentaire dans un obscur journal local, les robots la publieront en ligne et lui donneront un poids disproportionné. Les algorithmes de Facebook amplifieront ensuite l’histoire parce qu’ils identifient les messages qui ont beaucoup de « likes » et de partages et les insèrent dans les flux d’informations d’un plus grand nombre de personnes à partir desquels ils peuvent devenir viraux.

Mais l’utilisateur le plus expérimenté ira plus loin et mettra en place un réseau.

Disons que « A » croit que le pays devrait consacrer des ressources massives à la construction de logements sur la lune. Il veillera à ce que les robots soutiennent cette idée avec enthousiasme. Mais il va aussi créer un faux profil pour son adversaire, « B », qui veut augmenter l’espace de logement en construisant des îles en mer.

Si « A » est pris en train de faire ou de dire quelque chose de stupide qui pourrait affecter ses chances électorales, son équipe de relations publiques s’assurera que « B » « dit » quelque chose de si scandaleux que tout le monde oublie la gaffe de « A ».

Les gens de A formeront aussi des groupes de trolls (de vraies personnes payées pour afficher anonymement des informations incendiaires en essaims) pour réagir aux messages de A et de B, ainsi que des armées d’“agitateurs” automatisés, qui provoquent et créent la controverse.

Image illustrative d’un hacker, via Shutterstock.

A pourrait essayer d’influer sur la participation électorale de B en ciblant des partisans B soigneusement choisis et en leur disant que, comme tout est corrompu, il ne sert à rien de se rendre au bureau de vote du tout. Et il pourrait exploiter les notions de « nous et eux », alimentant les soupçons que B est en dehors du consensus, soutenu par des gens qui sont déloyaux ou inacceptables d’une autre manière.

Des robots seront également organisés pour jeter le doute, attaquer, menacer et finalement faire taire B afin qu’une seule voix – celle de A – puisse être entendue.

Le matin des élections, quand tout le monde est occupé, le camp de A aura recours à la « grosse arnaque ». Il sortira un clip vidéo mettant en scène B dans lequel les paroles et les gestes de B ont été manipulés pour qu’il puisse être « vu et entendu », « de sa propre voix », disant qu’en fait, les pauvres ne méritent pas d’avoir une maison parce qu’ils sont trop paresseux pour aller travailler.

B dira que la vidéo est fausse, mais les médias n’auront pas le temps de la vérifier. Le lendemain matin, il sera déjà trop tard : A aura été déclaré vainqueur.

C’est Rotem, en collaboration avec Yuval Adam, qui a dévoilé en novembre un réseau de robots (lien hébreu) sur Twitter qui diffusait du contenu en faveur du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Likud a nié toute implication.

Le Président Reuven Rivlin et son épouse Nechama ont voté dans un bureau de vote à Jérusalem le 17 mars 2015, lors des élections générales israéliennes pour le 20e Parlement. (Miriam Alster/FLASH90)

Près d’un profil de réseau social sur cinq n’est pas réel

Lors de la réunion de la commission de la science et de la technologie en octobre, Karine Nahon, responsable de l’Association israélienne pour l’Internet, a cité une étude indiquant qu’en général – pas spécifiquement pendant les campagnes électorales – 15 à 20 % de tous les profils de réseaux sociaux sont soit falsifiés (une personne réelle se fait passer pour une autre vraie personne), fictive (créés au nom de personnes n’ayant jamais vécu), soit des robots.

A lire : Comment des trolls rusent pour fausser ce que vous lisez

Nahon, qui a beaucoup écrit sur la façon dont les plateformes en ligne peuvent déformer notre perception de ce qui est réel, croit que Facebook est en grande partie responsable de l’écart entre les espoirs des électeurs de gauche lors des élections de 2015 et la réalité de la victoire de Netanyahu.

En fournissant aux électeurs des informations avec lesquelles ils ont tendance à être d’accord, Facebook sert à renforcer nos croyances existantes plutôt qu’à nous fournir d’autres points de vue à prendre en considération, a expliqué Mme Nahon.

Depuis le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a essuyé l’essentiel des critiques des politiciens et des médias. Mais comme l’a souligné le
Dr Robert Epstein, chercheur psychologue principal à l’American Institute for Behavioral Research and Technology en Californie, Google – qui domine 92 % du marché mondial des moteurs de recherche – est également loin d’être un acteur objectif en tant que source d’information fiable.

Sur la base d’un mot de recherche, Google détermine quels sites Web doivent être placés en haut de la première page en utilisant un algorithme qui prend en compte plus de 200 facteurs.

L’algorithme est conçu et constamment révisé et mis à jour par le personnel de Google. Le classement des sites est déterminé par l’algorithme.

« Nous avons quelques entreprises dans la Silicon Valley qui exercent le pouvoir d’influencer les opinions, les croyances, les attitudes, les achats, les préférences de vote de 2,5 milliards de personnes dans le monde entier sans que personne ne les contraigne d’aucune façon ; aucune loi, aucun règlement, rien », a-t-il déclaré à The Federalist, le mois dernier. « Ces entreprises contrôlent nos vies et celles de nos enfants et c’est très perturbant ».

Les classements de recherche Google « aident à déterminer les résultats des élections ».

Dans un article du New Internationalist basé au Royaume-Uni, Epstein a révélé que sur la base de ses recherches, « les classements de recherche ont déterminé les résultats de plus de 25 % des élections nationales dans le monde depuis des années, avec un impact croissant chaque année à mesure que la pénétration d’Internet augmente ».

Ce qu’il a appelé l’Effet de Manipulation des Moteurs de Recherche [Search Engine Manipulation Effect – SEME] « s’est révélé être l’un des effets les plus puissants et les plus dangereux jamais découverts dans les sciences du comportement. Il est puissant en raison des grands changements qu’il produit, et il est dangereux parce qu’il est pratiquement invisible en tant que source d’influence… Le SEME fonctionne presque comme une forme d’hypnose de masse – changer les opinions d’un grand nombre de personnes sans qu’elles sachent ou se sentent manipulées ».

Le siège social de Google à Mountain View, en Californie, le 3 janvier 2013. (AP Photo/Marcio Jose Sanchez, Dossier)

Epstein a affirmé que ce qu’il a décrit comme l’effet de suggestion de recherche [Search Suggestion Effect] – dans lequel Google vous donne une liste de mots possibles à la seconde où vous tapez une lettre – « peut transformer un partage 50-50 chez les indécis en un partage 90-10, sans que personne ne se doute le moins du monde d’être manipulé. Il s’agit d’influencer les choix des électeurs indécis ».

« Avec 90 % des recherches en ligne contrôlées par une seule société dans de nombreux pays du monde – y compris la plupart des pays d’Europe – une poignée de dirigeants à Mountain View, en Californie, a plus de pouvoir sur l’humanité qu’un petit groupe de personnes n’en a jamais eu auparavant. Les dirigeants de Google ont le pouvoir non seulement de faire basculer les élections mais aussi d’influencer ce que plus d’un milliard de personnes pensent, font et disent chaque jour ».

Carole Cadwalldr du London Observer a conclu que le moteur de recherche Google est « encore plus puissant, plus insidieux » que Facebook.

« Les Juifs sont… »

C’était après avoir tapé de manière distraite « a-r-e » puis « j-e-w-s » dans Google, que Cadwalldr s’est vu attribuer un choix de questions potentielles qu’elle aurait voulu poser : « les juifs sont-ils une race ? », « les juifs sont-ils blancs ? », « les juifs sont-ils chrétiens ? » et enfin, « les juifs sont-ils mauvais ? »

Sa curiosité piquée, elle a choisi, « Les juifs sont-ils mauvais », et a été dirigée vers une page entière de résultats, dont neuf sur dix l’ont « confirmé ».

Le premier site était intitulé : « Les 10 principales raisons pour lesquelles les gens détestent les Juifs ». Il reprenait des tropes antisémites et qualifiait les Juifs de vermine.

La ligne officielle de Google est qu’il s’agit de « produits et programmes de développement pour aider les gens à travers le monde à s’engager dans des processus démocratiques, à protéger les élections et les campagnes et à gérer leur présence sur le Web ».

A ce stade, il est difficile de savoir quels outils particuliers il mettra à disposition en Israël.

Qui est réellement responsable de nous protéger ?

Suite à la révélation du chef du Shin Bet, M. Argaman, au sujet des pirates informatiques étrangers, le Premier ministre Netanyahu a déclaré aux journalistes : « Israël est prêt à contrer une cyber-ingérence, nous sommes prêts pour tout scénario et aucun pays ne l’est mieux que nous ».

Image d’illustration d’un code conceptuel de cyber-attaque (Crédit : DaLiu/iStock by Getty images)

Eli Bahar, de l’Institut israélien de la démocratie, note que la responsabilité de la protection du pays contre les cyber-attaques est répartie entre plusieurs organes – l’Autorité nationale de la cyber-sécurité secrète du bureau du Premier ministre, une unité informatique du bureau du procureur général, la commission centrale électorale, les services de sécurité intérieure du Shin Bet, dirigée par Argaman, et la police israélienne.

Même le Bureau du Contrôleur de l’État s’en mêle. Dans une déclaration aux médias la semaine dernière, Yossef Shapira a annoncé que cette année, il suivrait les questions de cybercriminalité pendant les élections, en temps réel.

Le Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira assiste à une cérémonie à Jérusalem le 26 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ironiquement, dans d’autres contextes, les rapports du Contrôleur de l’État ont critiqué à maintes reprises au fil des ans les gouvernements pour avoir essayé de gérer de nombreux aspects de la vie par une prolifération d’organismes qui ne sont pas toujours coordonnés. Lorsqu’une crise frappe, un organisme en blâme un autre et personne n’en assume la responsabilité.

M. Bahar estime qu’il devrait y avoir un organe unique chargé de l’ensemble des élections.

Tehilla Shwartz Altshuler, membre du conseil d’administration du Conseil national de la presse, affirme que la commission centrale électorale, qui travaille sous les auspices de la Knesset, devrait jouer ce rôle.

En effet, dans un communiqué, la commission a déclaré qu’elle était en train d’élaborer un plan d’action détaillé pour contrecarrer les tentatives des pays étrangers de s’ingérer dans les élections.

Mais comme le porte-parole de la commission, Giora Pordes, l’a dit au Times of Israel, la commission n’est pas responsable de surveiller la manipulation des électeurs en ligne et ne dispose pas des outils nécessaires pour le faire.

Facebook et les élections israéliennes

Une source familière avec la question a déclaré au Times of Israel que Twitter entretient de bonnes relations avec les représentants du gouvernement israélien, les forces de l’ordre et les ONG, et que bien qu’il ne puisse pas être un « arbitre de la vérité », il surveillait le trafic en ligne pour les faux comptes et les robots malveillants (signalé lorsque les nouvelles se répandent soudainement anormalement vite) et se « mobilisait davantage » à l’approche des élections en Israël.

En octobre, l’entreprise a rendu public ce qu’elle a dit être l’ensemble des archives de tweets et de médias qui semblaient provenir de l’Agence de recherche Internet du gouvernement russe et de sources en Iran depuis 2016.

Mais c’est Facebook – avec 2,27 milliards d’utilisateurs mensuels – qui est la plate-forme de choix pour les citoyens du monde entier, y compris Israël, mais à l’exception de ceux qui vivent en Russie et en Chine, qui ont leurs propres réseaux semi-étatiques, semi-privés et en Iran.

Facebook possède également les plates-formes très populaires WhatsApp et Instagram.

Les responsables israéliens ont été en étroit contact avec Facebook, qui a un bureau à Tel Aviv et qui a servi de canal pour une grande partie de l’ingérence électorale liée à la Russie lors de la campagne électorale américaine de 2016.

La responsable des politiques et des communications de Facebook Israël est Jordana Cutler. Ancienne collaboratrice de Netanyahu, Mme Cutler était membre de l’équipe de campagne du Likud pour les élections de 2009. Les demandes répétées du « Times of Israel » depuis octobre pour interviewer Cutler ont été rejetées

Comme le Times of Israel l’a rapporté à l’époque, le juge Melcer et d’autres hauts fonctionnaires de la commission centrale électorale se sont rencontrés peu avant les élections municipales à Jérusalem pour des consultations avec Sean Evins, qui dirige la section Politique et relations publiques de Facebook en Europe, au Moyen Orient et en Asie.

A lire : Israël lutte contre les faux profils et les ingérences électorales

Selon une source citée par le quotidien économique Calcalist, l’entreprise est en train de créer une équipe spéciale pour guider les partis et les politiciens israéliens sur les politiques de la plate-forme.

Il s’agirait notamment d’avertir les politiciens que leurs comptes pourraient être bloqués s’ils se livraient à des actes tels que la création de faux comptes, qui enfreignent les règles de Facebook.

Jordana Cutler (à gauche), responsable des politiques et des communications sur Facebook, et Tehilla Shwartz Altshuler, chercheuse à l’Institut israélien de la démocratie, au cours du programme Democracy in the Information Age (la démocratie à l’ère de l’information) de l’IID le 18 janvier 2018. (Oded Antman)

La responsable des politiques et des communications de Facebook Israël est Jordana Cutler. Ancienne conseillère et proche collaboratrice de Netanyahu et de l’ambassadeur américain Ron Dermer, Mme Cutler était membre de l’équipe de campagne du Likud pour les élections nationales de 2009, avant de rejoindre le Cabinet du Premier ministre en 2009.

Les demandes répétées du Times of Israel depuis octobre pour interviewer Cutler ont été rejetées.

Un communiqué reçu de Facebook la semaine dernière disait : « Nous travaillons sur différents outils qui nous aideront à protéger l’intégrité des élections et nous ferons le point sur les détails de façon organisée ».

L’une des réactions de Facebook à la controverse qui a éclaté autour de son rôle dans les élections américaines a été d’exiger que toutes les publicités traitant de questions nationales ou politiques aux États-Unis (et plus tard au Royaume-Uni) contiennent clairement des informations sur les personnes qui ont payé pour ces publicités et de vérifier l’identité et la localisation des personnes qui les ont faites passer.

Facebook n’a ni confirmé ni démenti les rumeurs selon lesquelles il n’introduirait pas une telle exigence avant les élections israéliennes.

Facebook a également considérablement renforcé le contrôle de sa plate-forme depuis que Cambridge Analytica a obtenu des données personnelles de 87 millions de personnes et les a utilisées sans leur permission à des fins politiques.

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, à son arrivée le 23 mai 2018 au Palais de l’Elysée à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron, Président de la République française, après le sommet « Tech for Good ». (AP Photo/Francois Mori)

Des milliers de personnes travaillent maintenant sur Facebook dans le domaine de la sécurité et de la sûreté, a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de la société, dans une mise à jour sur la préparation des élections de mi-mandat aux États-Unis, dans laquelle il explique comment la société traite ces contenus.

« Nous utilisons la technologie de détection et les membres de nos équipes formées (qui se concentrent sur la recherche de contenus nuisibles tels que la propagande terroriste ou le spam frauduleux) pour aider à trouver des contenus et des comptes potentiellement violents et les signaler pour examen. Ensuite, nous les examinons pour déterminer s’ils enfreignent les normes et prenons les mesures qui s’imposent. Prendre des mesures peut inclure le retrait d’un élément de contenu de Facebook, masquer des photos ou des vidéos qui pourraient déranger certains publics avec une mise en garde, ou désactiver des comptes », a expliqué M. Zuckerberg.

Le problème est que les systèmes de détection de l’intelligence artificielle ne saisissent pas toujours les nuances de la langue et que les vérificateurs de faits peuvent se trouver dans un autre pays, avec très peu de temps pour examiner chaque message et décider si le contenu enfreint les règles communautaires et doit être retiré.

Ces facteurs étaient évidemment responsables des accusations selon lesquelles les employés de Facebook en Malaisie auraient manqué des messages et des informations erronés qui ont contribué à encourager le nettoyage ethnique des Rohinga, une minorité musulmane du Myanmar.

La question se pose : Comment les vérificateurs vont-ils gérer l’hébreu et l’arabe ?

La marche de Big Data

La question de savoir si nous pouvons arrêter la marche vers le contrôle de Big Data sur nos vies est ouverte.

Lors du séminaire de l’Open University de ce mois-ci à Raanana, les conférenciers étaient divisés sur la question de savoir si les représentants de la société civile devaient faire pression ou si la responsabilité de protéger les citoyens revenait au gouvernement – pas seulement pour faire adopter mais aussi pour assurer l’application des lois.

Le système démocratique de gouvernement – ou du moins une forme significative de gouvernement – est très menacé en ce moment, tout comme notre liberté personnelle

Entre-temps, Noam Rotem, qui n’est pas sur Facebook, recommande d’utiliser des alternatives mieux protégées que les géants technologiques – Ubuntu plutôt que Windows, Signal plutôt que WhatsApp, Diaspora ou Mastodon plutôt que Facebook, et Firefox plutôt que Google Chrome.

« L’essentiel », dit le Dr Robert Epstein dans le New Internationalist, « c’est que le système démocratique de gouvernement – ou du moins une forme significative de gouvernement – est très menacé en ce moment, tout comme notre liberté personnelle, d’ailleurs ».

« Quand, par ignorance ou inaction, nous renonçons de plus en plus à notre capacité de faire des choix vraiment libres – en donnant aux dirigeants que nous n’avons pas élus et aux programmes informatiques que nous ne pouvons même pas commencer à comprendre leur pouvoir à nous manipuler – nous nous engageons dans une voie dangereuse ».

Des Israéliens se préparent à voter dans un bureau de vote à Tel Aviv, pour le 20e Parlement, lors des élections générales israéliennes, le 17 mars 2015. (Danielle Shitrit/FLASH90)
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