Israël prêt à contrer toute influence étrangère lors des élections
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Israël prêt à contrer toute influence étrangère lors des élections

Si le chef de l'agence a mis en garde contre des projets d'ingérence en avril, le service de sécurité a dit pouvoir "localiser, contrôler et déjouer" les influences extérieures

Photo d'illustration : Un électeur met son bulletin dans l'urne, le 10 février 2009 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Photo d'illustration : Un électeur met son bulletin dans l'urne, le 10 février 2009 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Mardi dans la soirée, le Shin Bet a tenu à rassurer la population sur ses capacités à déjouer les tentatives d’interférence étrangère dans les prochaines élections des membres de la Knesset. Le chef de l’agence avait préalablement averti qu’un pays étranger avait l’intention d’intervenir en amont du scrutin.

« L’Agence de sécurité israélienne souhaite clarifier que l’Etat d’Israël et la communauté des renseignements disposent des outils et des capacités nécessaires pour localiser, contrôler et déjouer les initiatives d’influences étrangères s’il devait y en avoir », a dit le Shin Bet dans un communiqué, utilisant son nom officiel.

« L’establishment israélien de la Défense est en mesure de garantir des élections libres et démocratiques au sein de l’Etat d’Israël », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays était « prêt à tout scénario » à la suite d’informations sur une possible « cyber-intervention » étrangère lors des élections législatives du 9 avril.

« Israël est prêt à contrecarrer une cyber-intervention, nous sommes prêts à tout scénario et aucun pays n’est plus préparé que nous », a-t-il déclaré à la presse.

Ce communiqué a succédé à l’information transmise à la télévision que le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, aurait déclaré qu’un Etat étranger avait « l’intention d’intervenir » via des cyber-attaques dans les élections nationales du 9 avril.

Le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, assiste à une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset le 20 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Même si les propos d’Argaman, lundi, ont été tenus au cours d’un événement organisé par les Amis de l’Université de Tel Aviv, le censeur militaire israélien a interdit la publication d’une grande partie de ses propos, selon la chaîne Hadashot TV news.

Après que la chaîne a fait part de l’embargo, le censeur a autorisé la citation de quelques paroles prononcées par Argaman – même si le nom du pays explicitement mentionné dans le discours du responsable sécuritaire reste secret.

« Je ne sais pas à ce stade en faveur de qui ou contre qui », a-t-il dit, » sera destinée cette intervention mais « elle implique des cyber-attaques et des actes de piratage », aurait dit Argaman.

Dans d’autres paroles rendues publiques par Hadashot, Argaman a annoncé qu’il était « à 100 % [certain] que [le nom censuré de l’Etat étranger] interviendra lors des prochaines élections, et je sais de quoi je parle – je ne sais seulement pas en faveur de qui ».

Argaman a également indiqué que la cyber-attaque qui pourrait viser le scrutin israélien n’était pas qu’une supposition ou une prévision mais que le Shin Bet avait reçu des informations concrètes désignant un opposant en particulier ourdissant une attaque spécifique, selon le reportage.

Suite à la diffusion du reportage, la députée du parti Travailliste Ayelet Nahmias-Verbin a soumis une requête en urgence pour convoquer la sous-commission de la Cyber-défense à la Knesset.

« Une intervention étrangère dans la campagne électorale pourrait gravement nuire à la confiance du public dans le gouvernement, dans la démocratie israélienne et, en particulier, dans les résultats de la campagne – les résultats devant refléter la volonté des électeurs », a-t-elle écrit dans un courrier adressé aux députés du Avi Dichter et Anat Berko, respectivement à la tête de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense et de la sous-commission pour la Cyber-défense.

Le chef de l’agence de sécurité du Shin Bet, Nadav Argaman, (d), prend la parole devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, présidée par le député du Likud Avi Dichter, (g), le 24 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran)

Une autre parlementaire issue de l’opposition a appelé les services israéliens de sécurité à empêcher toute intervention étrangère susceptible d’influencer les résultats électoraux.

« Nous demandons aux services de sécurité de s’assurer que Poutine ne volera pas le scrutin au nom de son ami, Netanyahu le tyran », a commenté dans une déclaration Tamar Zandberg, dirigeante du parti de gauche du Meretz, faisant référence au président russe et au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le problème des interventions étrangères lors des scrutins a été soulevé à l’issue de la campagne présidentielle de 2016 durant laquelle la Russie a interféré en faveur du candidat Donald Trump, avait estimé la communauté américaine du renseignement.

Avant les élections municipales du mois d’octobre, l’Administration nationale israélienne chargée de la cyber-défense avait noté que des milliers de faux comptes Facebook avaient été créés pour propager des fake news sur les candidats israéliens au scrutin. Ces profils avaient été supprimés à la demande de l’agence – les prémices, peut-être, d’une tentative d’influence majeure des électeurs israéliens.

L’AFP a participé à cet article.

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