Un Juif français mis en danger après de fausses accusations du député LFI Thomas Portes
S., dont l'identité a été publiée, qui ne s’est jamais enrôlé dans Tsahal et qui n'est jamais allé à Gaza, a été faussement accusé de 'tortures' contre des Palestiniens à Gaza
S. est un jeune Juif français âgé d’une vingtaine d’années qui vit à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon. Il a posté, ces derniers jours, sur un groupe Instagram, une vidéo d’un homme présenté comme un terroriste à Gaza, arrêté sous les insultes d’un soldat francophone qui serait celui qui filme la scène.
Sur la plateforme X, l’utilisateur Younis Tirawi, qui se présente comme journaliste palestinien et qui compte 115 000 abonnés, qui s’était infiltré dans le groupe Instagram où la vidéo a été publiée, a révélé l’identité de celui qui a partagé la vidéo, S.. Il a ainsi donné ses prénom et nom complets et l’a présenté comme l’auteur de la vidéo, le donnant ainsi à la vindicte populaire.
Ces accusations ont été reprises et partagées par Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France-Palestine Solidarité, qui a salué le « travail minutieux » de Tirawi, en « révélant » l’identité de S.. Les divulgations ont aussi été saluées par des journalistes telles Fatma Ben Hamad, de France 24, ou Yasmina Bennani, de la plateforme francophone qatarie AJ+, férocement anti-Occident et anti-Israël. Rima Hassan, candidate controversée LFI aux Européennes, a elle reposté un post d’Anne Turaillon, présidente de l’AFPS, qui cite Younis Tirawi.
Puis, Thomas Portes, député France insoumise de Seine-Saint-Denis, a annoncé mercredi qu’il avait saisi la justice contre S., l’accusant de « torture dans la bande de Gaza », pensant avoir affaire à un soldat franco-israélien.
Or, s’il a bien partagé la vidéo, S. ne s’est en réalité jamais enrôlé dans l’armée israélienne et ne s’est jamais rendu à Gaza.
Depuis, ciblé, il a reçu de nombreuses menaces de mort et des messages d’harcèlement et a été placé sous protection policière. En plus de son identité, des informations personnelles et l’adresse de la famille ont aussi été publiées.
À son tour, S. a déposé plainte ce jeudi contre Thomas Portes pour « diffamation publique en raison de la religion par moyen de communication au public par voie électronique », « divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou de localiser une personne et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne ou aux biens » et « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ».
L’action du député a notamment été dénoncée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Le député LFI pourrait ainsi faire face à de lourdes sanctions, et des appels à la levée de son immunité parlementaire ont été lancés.
L’extrême gauche française et La France insoumise en particulier sont depuis très longtemps accusés d’antisémitisme. Plusieurs responsables LFI font aussi l’objet d’accusations d’apologie du terrorisme, après qu’ils ont semblé légitimer et justifier les attaques du 7 octobre 2023 en Israël et refusé de qualifier le Hamas de groupe terroriste. Le parti a en outre multiplié les provocations sur ces thématiques ces derniers mois. Hier encore, le Times of Israel a rapporté que deux députés de la Nupes, liés à LFI et au Parti communiste, étaient proches du militant antisémite et suprémaciste noir Kémi Séba.